lundi 31 mars 2008

Un chercheur et militant altermondialiste parle du projet de la LCR


Dans le débat ouvert autour de l'initiative "Nouveau parti anticapitaliste" de la LCR, Cette contribution, de Raoul Marc Jennar, un des orateurs du mouvement des collectifs antilibéraux (actuellement au Cambodge pour des raisons professionnelles) me semble très importante.




Phnom Penh, 31 mars 2008


GAUCHE DE GAUCHE : COMMENT JE VOIS LES CHOSES



Je suis, pour le moment, loin de France, mais tellement proche par le cœur et par la pensée. D’excellents amis s’emploient chaque jour à m’envoyer informations et documents. Je reçois aussi très régulièrement des courriels qui m’expriment des opinions et sollicitent la mienne. Je suis intervenu dans des échanges sur l’avenir de la gauche de gauche. Le moment me semble venu de synthétiser mon point de vue.



D’abord, je voudrais revenir sur 2006, l’année de l’espérance fracassée, ce qui implique de ma part la reconnaissance de certaines erreurs d’analyse :



1. Les 125 propositions. Ce n’était pas un projet de société ; ce n’était même pas un programme présidentiel ; c’était tout au plus un catalogue d’intentions pour un programme gouvernemental. Ces propositions contenaient des incohérences nées d’une volonté de concilier des points de vue relevant de conceptions très éloignées de la fonction de l’économie dans la société. Une réponse identique aux problèmes posés par les finalités de la production et de l’échange n’existait pas.



Il faut en tirer une leçon qui ne me semble pas assez présente dans les débats d’aujourd’hui : on ne peut rassembler au-delà d’une même vision globale du futur. Rassembler sur un projet qui se contente d’être « antilibéral » ou « anticapitaliste », c’est-à-dire un projet qui se limite à exprimer des rejets fussent-ils partagés, ne fournit pas le lien fort nécessaire pour bâtir une coalition porteuse d’une espérance commune. Rassembler sur une utopie – pour les uns l’autogestion, pour d’autres la décroissance, pour d’autres encore l’écologie, chacune présentée comme la réponse à tout – ne peut davantage suffire, car un projet de société, même visionnaire, doit rester crédible.



2. Les relations avec le PS. Au sein du collectif national, nous étions profondément divisés sur notre perception du PS. Certains partageaient avec un certain nombre de ceux qui militent courageusement au sein du PS la conviction que le PS pouvait modifier son orientation néolibérale et qu’un nouveau rapport de forces à gauche y contribuerait ; d’autres, dont j’étais (j’avais adressé une lettre ouverte aux socialistes du « non » après le congrès du Mans et sa synthèse inacceptable), développaient la théorie dite des deux gauches. Ce sont les premiers qui l’ont emporté. Or, la suite a confirmé et même accentué la dérive néolibérale massive du PS avec la candidature de Ségolène Royal, les ralliements qu’elle a suscités y compris de la part d’anciens ténors PS du « non », l’orientation du programme du parti et de sa candidate et ses appels au Modem. Il faut tirer les conséquences de cette évolution. Il ne peut y avoir de rassemblement d’une gauche de gauche en dehors d’un constat non équivoque : le PS comme tel n’est pas un partenaire pour la transformation sociale.



3. La question du pouvoir. Toute notre démarche (voir le document stratégique) reposait sur un postulat : nous nous battons pour le pouvoir, nous entendons gouverner. Nous avons entretenu l’illusion jusqu’en décembre 2006 que c’était à portée de main. Je crois que ce fut une erreur majeure. Ce fut une erreur parce que cela ne reposait que sur un acte de foi. Je crois aux vertus mobilisatrices du volontarisme. Mais à partir d’un minimum d’éléments concrets. Il est certain qu’une candidature unique de la gauche de gauche aurait fait l’évènement et aurait créé un nouveau rapport de forces à gauche. C’était une erreur de croire et de faire croire que nous pouvions nous substituer au PS comme premier parti à gauche. Nous avons cultivé cette illusion en nous appuyant sur les résultats du référendum et sur la place du « non » de gauche dans ce résultat. Je crois aujourd’hui que nous avons commis une erreur et que le « non » de droite était plus important que ce que nous avons cru et affirmé. Ce qui signifie que notre candidat(e) unique n’aurait pas pu espérer l’emporter. Et qu’aux législatives, dans le meilleur des cas, nous n’aurions été en position que de négocier une participation gouvernementale. Ce qui signifiait en fait la reconduction de la gauche plurielle. Nous avions indiqué que nous refuserions cette perspective, mais il était manifeste que ce n’était la position ni du PCF, ni même de certains « altermondialistes » comme la suite des évènements l’a mis en évidence. Il y avait dans nos rangs des gens et des structures prêts à collaborer avec le PS. Nous n’aurions donc été, dans l’hypothèse la plus favorable, que l’élément d’appoint du PS et alors se serait immédiatement posée la question des concessions à faire, c’est-à-dire la question de notre capacité à conduire vers une réelle transformation sociale. Reconnaissons aujourd’hui que la direction de la LCR avait quelques raisons de douter de notre capacité à faire fléchir le PS. Nous avons perdu le soutien de la LCR parce que nous avons cessé avec le document « Ambitions et stratégies » d’être crédibles sur nos ambitions et notre capacité à les réaliser.



C’est la leçon que je tire aujourd’hui : une ambition crédible doit être triple :



- nous devons être les porteurs d’un projet pour une autre société

- nous devons être la force qui se crée autour des luttes à la fois de résistance au capitalisme et d’alternative à ses pratiques

- nous devons construire une force en capacité d’influencer : nous ne devons pas lutter pour le pouvoir, nous devons lutter pour avoir du pouvoir, c’est-à-dire de l’influence ; une influence telle qu’elle force les autres à changer.



Cette triple ambition nécessite un outil approprié : nous devons créer un nouveau sujet politique.



C’est qui « nous » ? Pour faire court, je dirai les acteurs possibles de la gauche du non.



Passons-les en revue. Mais avant souvenons-nous que la campagne référendaire, c’est-à-dire l’action à la base de militants venus de tous les horizons (partis politiques, syndicats, mouvements, associations, ONG, y compris de femmes et d’homme ayant renoncé à militer dans un parti et d’autres n’ayant jamais milité du tout), a provoqué le plus formidable débat politique en France comme on n’en avait plus connu depuis Mai 1968. Je suis de ceux qui pensent que cette réappropriation du politique par les citoyennes et les citoyens n’a pas encore produit tous ses effets.



Même si certains de ces effets sont déjà observables. Le monolithisme des partis à la gauche du PS a vécu. Une nébuleuse de sympathisants de thèses alternatives (Alternatifs, Altermondialistes, Décroissants,…) est apparue au sein de laquelle des aspirations variées se manifestent.



Il y a donc bien eu un ébranlement. On en a vu des traces : lors du premier tour de l’élection présidentielle, des PCF unitaires et des LCR unitaires ont fait campagne pour d’autres candidats que celle ou celui de leur parti. Lors du premier tour des élections municipales, des alliances en tous genres se sont constituées, certaines dans la cohérence du rejet du système, d’autres dans la cohérence du maintien du système.

Qu’est-ce qui émerge aujourd’hui ?



- Du PCF, rien pour le moment, en dehors de propos incantatoires en faveur de l’unité de toute la gauche du non, propos partagés par des cartels de personnalités comme « Maintenant à gauche » ou ce qui reste du Collectif national du 29 mai. Une unité de cette ampleur est en fait impossible, comme 2006 nous en a fourni la démonstration. On ne rassemble pas des contraires sur un projet pour l’avenir.

- De la LCR, la décision de transformer le parti en un nouveau parti anticapitaliste.

- Du côté des « Alter », la recherche improbable d’une structuration incertaine de gens dont la plupart ne se retrouvent que pour manifester haut et fort ce qui les différencie.



Bref, j’ai le sentiment que sur le champ de ruines que je décrivais dans ma note du 15 juin 2007 (« Pour une gauche nouvelle ») la reconstruction n’a pas encore vraiment commencé. J’avais alors espéré que la gauche nouvelle que j’appelais de mes vœux puisse naître du rassemblement des « Alter », riches de la variété de leurs idées, de leur désintéressement et de leur lucidité. J’avais invité à ce que se multiplient des réunions pour penser un projet de société et des nouvelles manières d’agir ensemble dans l’espace publique. Même si le manifeste de La Louvesc est un beau texte, force m’est de constater qu’il n’a pas mis fin aux divisions des « Alter » engagés dans un processus hallucinant de scissiparité qui confirme les analyses de Bourdieu. Sans parler de toutes celles et tous ceux qui se sont retirés dès 2006, dégoûtés par nos impuissances cumulées.



Triste tableau. Et pourtant. Pourtant, il y a une initiative concrète : celle de la LCR. Elle est la seule. Quel accueil faut-il lui réserver ?



J’observe que ceux qui ne conçoivent que des cartels d’appareils l’ont d’emblée descendue en flammes. Le numéro de Politis du 24 janvier en offre une spectaculaire démonstration. J’observe aussi le ni-ni d’une partie des « Alter » (ni le PCF-ni la LCR). Quelle ironie de l’Histoire que de voir ceux qui ne conçoivent l’action politique qu’au travers de négociations d’états-majors et ceux qui récusent les appareils devenir, comme disent les marxistes, des alliés objectifs !



Le ni-ni d’une partie des « Alter » ne débouche que sur l’impasse de l’éparpillement dans l’addition des sectarismes. Restons lucides sur ce qu’ont été le PCF et la LCR et sur ce qu’ils sont aujourd’hui, mais surmontons nos rancœurs et nos déceptions de 2006/2007 (et je n’ai pas manqué d’exprimer les miennes) et voyons quelles sont les possibilités concrètes de construire un nouveau sujet politique. Et avec qui.



Je considère comme positif qu’un des partis de la gauche du non se remette en question et ouvre des perspectives nouvelles. Bien entendu, ce qui se prépare suscite des interrogations et même, chez certains, de la méfiance. Bien entendu, cette initiative appelle à tout le moins qu’on en débatte. Mais voyons là un fait nouveau. Car, c’est trop rare à gauche qu’un parti décide de se transformer.



Jusqu’à quel point ? C’est bien là toute la question. Mais je me refuse à faire partie de ceux qui d’emblée écartent une initiative parce qu’elle n’entre pas dans les schémas qu’eux veulent rendre incontournables. Pourquoi décider immédiatement que ce n’est qu’un ravalement de façade ? Au nom de quoi affirmer que la LCR ne modifiera pas ses pratiques internes ? Pourquoi décréter dès maintenant qu’il ne s’agit que d’un subterfuge ?



Peut-être est-ce tout cela. Peut-être. Mais avant de l’affirmer ne conviendrait-il pas de vérifier ? Pourquoi ne pas tester la LCR sur l’ampleur des changements qu’elle annonce ?



Nous nous prétendons cartésiens, nous disons ne vouloir affirmer que ce que nous avons démontré. Il serait temps de conformer nos attitudes aux principes que nous claironnons.



Je ne propose pas de dire d’emblée oui à la LCR. Mais je me refuse à dire non, dès à présent. Je propose de discuter avec elle pour vérifier ses intentions et savoir jusqu’où elles vont. En gardant toute ma liberté. Et ma proposition n’empêche en aucune façon les Alter de poursuivre leurs tentatives de s’organiser, s’ils sont enfin capables de surmonter leur individualisme exacerbé, leur sectarisme, leur propension à couper les cheveux en quatre.



Je ne veux pas prendre le risque de rater un nouveau rendez-vous avec l’Histoire. Parce que, et c’est cela qui m’angoisse par-dessus tout, nous sommes confrontés à une double urgence : l'urgence sociale et l'urgence écologique. Ceux qui ne possèdent que leur force de travail sont de plus en plus nombreux à sombrer dans la pauvreté ; les agressions contre notre cadre de vie et la planète toute entière sont chaque jour plus nombreuses et annoncent des catastrophes majeures. Deux évolutions qui trouvent une même origine : le système capitaliste. Il détruit des vies et il détruit la vie. Ainsi doivent nécessairement se rejoindre les sensibilités sociales et les sensibilités écologiques. Nous n’avons pas l’éternité devant nous. Il ne s’agit pas, bien entendu, de se précipiter et de bâcler ce qui demande réflexions et débats. Mais il ne peut être question de passer par pertes et profits les souffrances humaines qui s’accumulent et les déséquilibrent écologiques qui s’accélèrent au prétexte qu’il faut prendre tout son temps pour construire un nouveau sujet politique. Si – ET SEULEMENT SI - la mutation de la LCR offre une vraie opportunité, il faut la saisir.



Et qu’est-ce que ça coûte de dialoguer avec la LCR ? Serions-nous devenus des politiciens traditionnels que ne veulent jamais prendre le risque de dire « nous nous sommes trompés » ? Rejoignons-nous la cohorte des infaillibles de droite et de gauche dont les erreurs cumulées font nos malheurs ? En outre, en quoi serait-ce une erreur que d’entamer un dialogue même s’il n’aboutit pas à une conclusion positive ?



Ce n’est pas ma conception de la politique de rester pétrifié dans des certitudes quand il s’agit de modalités et non de principes. Or, à mes yeux, un parti n’est qu’un outil, un instrument pour réaliser des objectifs. C’est un moyen pour réaliser un projet. Pas une fin en soi.



J’ai une série de questions à poser aux dirigeants de la LCR sur le projet politique, sur les modalités de son élaboration et de son approbation, sur la manière dont elle va prendre en compte les différentes cultures politiques des militants qu'elle souhaite rassembler et sur le mode de fonctionnement de la nouvelle formation politique. J’observerai aussi la suite du processus qu’elle a enclenché en son sein. Et, d’ici à la fin de l’année, en toute liberté, en pleine connaissance de cause, après avoir débattu avec le plus grand nombre, je prendrai attitude. J’ignore aujourd’hui ce qu’elle sera. Chacun peut en faire autant.



Il ne suffit pas de proclamer qu’on veut faire de la politique autrement. Il faut se comporter en conséquence. Il ne suffit pas d’appeler à l’unité. Il faut tenter concrètement de la faire. Et ne pas avoir peur d’aller au charbon.



Raoul Marc JENNAR

Militant et chercheur altermondialiste

-Le PCF face à ses contradictions

Revue Que Faire ? - numéro 3 -Le PCF face à ses contradictions

Lecture pour aujourd'hui - un article de réflexion sur l'histoire du Parti Communiste français, de Hendrik Davi

dimanche 30 mars 2008

Un autre anniversaire en mai

Natalia Trotsky : Lettre de rupture avec la IV° Internationale

Le 8 mai est également l'anniversaire de la démission de Natalia Sedova, veuve de Léon Trotsky, de la Quatrième Internationale. Elle ne pouvait plus accepter que la Quatrième Internationale considère que l'URSS et l'Europe de l'Est conservaient d'importants gains pour les travailleurs, issus de la révolution de 1917.

Ce n'est pas seulement d'un intérêt historique. Aujourd'hui encore, le Cuba, Che Guevara, même parfois la Chine sont considérés comme ayant conservé une bonne partie de l'héritage du marxisme, alors que le centre même du marxisme, l'auto-émancipation est absente...

Suivez le lien pour lire la lettre de Sedova.

Die Linke


Le parti de la gauche radicale allemande Die Linke, fait couler beaucoup d'encre en France. Certains de la gauche radicale ici y voit une alternative qu'on ferait bien d'imiter, à tel point son succès électoral et militant mobilise de nouvelles forces. Parmi ceux qui voudrait favoriser une telle organisation en France il y a des révolutionnaires, qui croient que le développement d'un grand parti militant peut alimenter un débat dans lequel les idées révolutionnaires ne peuvent qu'avancer, et d'autres qui ne sont pas convaincus de la pertinence d'une politique révolutionnaire au vingt et unième siècle.

D'autres de la gauche radicale, par exemple, chez le courant majoritaire de la LCR, trouvent que les alliances et les compromis impliqués dans la constitution et la construction de Die Linke constituent un prix trop élévé à payer, et que Die Linke tendra à l'avenir d'agir comme couverture de gauche pour le social-libéralisme davantage que comme une force militante de la lutte des classes.

Le débat doit avoir lieu. Pour l'alimenter, voici un interview d'un des dirigeants de Die Linke, concernant leur succès électoral.
JM


19 Mars 2008 Kölnische Rundschau
"DIE LINKE" est présentable également à l'Ouest
Interview avec Gregor Gysi, Président du groupe "DIE LINKE" au Bundestag
Gregor Gysi est Président du Groupe de "DIE LINKE" au Bundestag. Entretien réalisé par Sandro Schmidt sur la montée du Parti à l'Ouest.

Monsieur Gysi, selon les sondages, DIE LINKE atteint au plan national les 14%. Etes-vous étonné de la montée fulminante de DIE LINKE seulement neuf mois après l'unification de la WASG et du PDS?
Je crois, qu'un saut qualitatif a été franchi avant tout dans les Länder de l'Ouest. Parce que la WASG et Oskar Lafontaine y sont parvenus, nous n'avons plus la réputation d'être un pur parti de l'Est.

Qu'est-ce qui a changé?
Au plan thématique, nous changeons l'air du temps. Nous mettons en avant des choses qui, sans nous, n'existeraient pas: que cela soit le débat sur le salaire minimum, la prolongation de l'allocation-chômage ou l'augmentation des retraites. Les gens disent, plus DIE LINKE est forte, plus les autres corrigent leur politique.

Cela vous surprend?
J'ai toujours pensé, que plus l'Ouest progresserait, plus nous perdrions à l'Est. Or, ce n'est pas le cas, au contraire! Ceux qui ont voté pour nous à l'Est, parce qu'ils sont Allemands de l'Est, ne partent pas. Mais ceux qui viennent à nous, votent pour nous, parce que nous avons maintenant des choses à dire au plan national. Cela m'a surpris et me rend relativement optimiste pour les élections à venir.

Votre force ne réside-t-elle pas dans l'état désolant du SPD?
Une force, qui est liée à la faiblesse de l'autre, ce n'est pas suffisant. Je crois que les thèmes que nous couvrons sont justes. Mais naturellement, vous avez raison. L'état du SPD est désolant. Il y a en fait deux partis dans un. L'aile droite et l'aile gauche n'ont plus rien à se dire. Elles veulent des alliances différentes, une politique différente. Le SPD est devenu un parti néoliberal et le néolibéralisme s'impose à lui politiquement. Un des courants ne nous laisse pas indifférent, l'autre si! C'est pourquoi il est si difficile de nous rapprocher. DIE LINKE réussit à l'Ouest, parce que le SPD a cessé d'être un parti social-démocrate.

Est-ce que DIE LINKE est devenue présentable à l'Ouest?
Oui, nous le sommes. Il est étonnant que la Gauche en Europe parte précisément en miette. Mais dans l'ancienne Allemagne fédérale, qui a été pendant des décennies profondément anticommuniste, de sorte qu'un parti à gauche du SPD n'avait aucune chance, DIE LINKE est de plus en plus acceptée. On assiste à un tournant.

...parce que le SPD a glissé à droite?
Avec la politique néolibérale de Schröder, il a laissé de l'espace sur sa gauche. Il a fortement exonéré les consortiums et dit aux chômeurs, "hélas, nous n'avons pas suffisamment d'argent pour vous", et aux malades, "vous devez payer davantage". Ca, les gens ne le comprennent pas.

Votre parti aspire-t-il à gouverner dans les Länder de l'Ouest ou vous sentez-vous mieux dans le rôle d'opposition critique du capitalisme?
J'essaie toujours d'expliquer à mon Parti, qu'il ne s'agit pas de se sentir mieux, mais d'accepter les demandes des électeurs.

DIE LINKE le comprend aussi?
Si on veut! Ils apprennent. On n'entre pas en politique, pour que tout se passe confortablement. On n'entre pas en poltique pour imposer la doctrine pure. Mais on entre en politique, pour changer la société. Si la possibilité existe, de mener, avec un partenaire, des changements pour lesquels nous luttons et ce, avec quelques compromis acceptables, alors, il faut le faire, bien entendu!

DIE LINKE est un mélange coloré de membres du SED / PDS, de sociaux-démocrates et de syndicalistes déçus, d'anciens membres de groupuscules communistes. Est-il possible avec une troupe si disparate idéologiquement de faire de la politique concrète?
Cela fonctionne, si on saisit que tous les cloisonnements du XX siècle ne vont plus aujourd'hui. Nous devons tenter de devenir une gauche moderne, qui répond aux questions du XXIè siècle. Nous devons faire l'inventaire historique, mais politiquement nous devons regarder en avant.

Vous déterminez-vous encore comme communiste aujourd'hui?
Non. Aussi, parce que chacun y comprend ce qu'il veut.

Kölnische Rundschau, 19. März 2008
Quelle: http://die-linke.de/die_linke/wortlaut/detail/artikel/die-linke-ist-auch-im-westen-salonfaehig/


Traduction de l’allemand: Françoise Diehlmann

Pour une gauche digne de ce nom

Pour une gauche digne de ce nom


Eric Coquerel, président du Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS) ;

Claude Debons, ancien responsable syndical ;

Marc Dolez, député socialiste, Force militante ;

François Labroille, élu régional Ile-de-France, Alternative citoyenne ;

Roger Martelli, historien, PCF ;

Christian Picquet, animateur du courant Unir de la Ligue communiste révolutionnaire.



Nicolas Sarkozy et son parti viennent d'être lourdement sanctionnés aux élections municipales et cantonales. Celles et ceux qui, voilà moins d'un an, s'étaient laissé abuser par le populisme et les promesses du futur président le désavouent. Sur fond d'inégalités croissantes et d'étalage indécent des privilèges d'une infime minorité, une crise de confiance s'ouvre entre le pays et ses gouvernants. Un clash politique et une confrontation sociale majeure se profilent.


On attendrait d'une gauche digne de ce nom qu'elle se hisse à la hauteur de l'enjeu. Que, forte de cette victoire, elle marque immédiatement sa solidarité avec les mobilisations en cours contre les licenciements et pour les salaires. Qu'elle s'inscrive dès à présent dans les affrontements que vont provoquer les projets du gouvernement. Qu'elle oppose d'autres choix globaux à la politique du pouvoir. Nous en sommes loin.

Les principaux responsables du Parti socialiste exhortent le chef de d'Etat à une simple "correction" de son action. En perspective de leur prochain congrès, ils en appellent à une "modernisation" s'inspirant des projets de MM. Blair ou Prodi, dont les renoncements calamiteux ont pourtant produit les désastres sociaux que l'on sait. Pour ces municipales, emportés par une dérive ininterrompue depuis deux décennies, ils ont surtout songé à se tourner vers le MoDem.

Le verdict des urnes a pourtant démontré, et avec quel éclat, que le choix des classes populaires - non celui des amis de François Bayrou, avec leurs alliances à géométrie variable - était essentiel pour réunir les conditions d'un changement radical. Rue de Solférino, on devrait pourtant se souvenir de l'expérience calamiteuse du printemps 2007 : les victoires décisives sur la droite dépendent non de l'accumulation de succès électoraux partiels (comme aux régionales de 2004) ou d'ouvertures réitérées au centre, mais de la capacité à proposer une perspective mobilisatrice.

Là réside l'origine du marasme à gauche. A tant vouloir accompagner le modèle libéral, à refuser d'affronter les orientations économiques et sociales d'un capitalisme synonyme de crises boursières paroxystiques et de dévastations humaines sans limites, le social-libéralisme ne délivre pas de signe d'espoir à celles et ceux qui, comme à l'automne 2007, défendent le droit à la retraite, l'augmentation des salaires, les services publics, les droits des "sans", l'environnement.

Et c'est, en retour, la vacuité de son opposition qui autorise M. Sarkozy à ne vouloir tenir aucun compte de la raclée qu'il vient de subir. Incroyable paradoxe ! Bien que de nouveau minoritaire, la droite est résolue comme jamais à détruire une à une les principales conquêtes populaires de ces soixante dernières années, à remettre en question des principes républicains aussi fondamentaux que l'égalité ou la laïcité. Elle entend même rendre sa politique irréversible en quelques mois.

Au moment où la question sociale revient au premier plan, l'attente grandit d'une politique qui y réponde réellement. L'aspiration se fait plus profonde à une gauche qui refuse de considérer le capitalisme comme un horizon indépassable et s'emploie à bouleverser la donne politique. L'espace qu'a révélé l'émergence de Die Linke en Allemagne existe également dans notre pays. Ainsi, aux municipales, dans la plupart des communes où furent présentes des listes défendant des propositions vraiment à gauche et refusant l'accompagnement du libéralisme, elles auront réalisé des percées prometteuses.

Et plus elles auront réuni en leur sein de traditions et de forces diverses, plus leurs poussées auront été significatives... Une tendance dont auront également bénéficié les listes initiées par des municipalités communistes lorsqu'elles devaient faire face aux appétits du PS et de ses alliés. N'est-ce pas le signe que des dizaines de milliers d'hommes et de femmes veulent faire du neuf à gauche, que le rassemblement des énergies transformatrices est gage de crédibilité et de succès ?

Venant d'horizons et de cultures différents, nous voulons plus que jamais contribuer au débat sur la reconstruction d'une gauche du XXIe siècle.

Si elle veut échapper à la bipolarisation croissante de l'espace public, celle-ci ne saurait ni consentir à la satellisation par le social-libéralisme, au risque de signer son irréversible impuissance à faire émerger une authentique alternative, ni se résigner à la défense de pétitions de principe, qui ne permettent jamais de changer le cours des choses.

C'est d'une gauche de gauche que nous avons besoin. Qui réponde par l'exigence de justice et l'intérêt général au pouvoir occulte des marchés. Qui donne la priorité à la satisfaction des besoins populaires et à la redistribution des richesses. Qui porte l'objectif d'un mode de développement respectueux des grands équilibres écologiques et se montre soucieuse de protéger la diversité culturelle. Qui place la souveraineté du peuple au coeur de son projet. Qui affiche l'ambition de s'appuyer sur les mobilisations du plus grand nombre pour donner de nouveau majoritairement le ton à gauche. Qui devienne une véritable force et crée les conditions d'un gouvernement rompant enfin avec les logiques libérales...

Bien sûr, les choses ne sont pas simples. Le "non" de gauche au traité constitutionnel européen n'a pu se traduire en une candidature commune à la présidentielle. La tendance se fait aujourd'hui forte, au nom des succès électoraux partiels que viennent d'enregistrer les formations de la gauche de transformation, à se réfugier dans le statu quo. Ce serait, à terme, un choix mortifère.

La renaissance d'un espoir ne peut davantage procéder d'une addition de partis que d'un rassemblement autour d'un seul d'entre eux. Militants politiques, acteurs sociaux et culturels, écologistes, féministes, altermondialistes, nous sommes ensemble dans tous les combats sociaux. Nous venons encore de mener en commun la bataille contre le coup de force présidentiel sur le traité de Lisbonne.

Retrouvons-nous donc, du plan local à l'échelon national, sans préalable sur ce que peuvent être par ailleurs les engagements des uns ou des autres. Ouvrons largement nos échanges pour conduire une réflexion commune et pluraliste sur les réponses politiques qu'appelle en urgence la violence des attaques de la droite et du Medef. Portons conjointement ces réponses, dans le débat public comme dans les rendez-vous politiques et sociaux des prochains mois. Et de la sanction, nous passerons à l'alternative...

mercredi 26 mars 2008

Libération du porte-parole du réseau "sortons du nucléaire"!


DST

Stéphane L'homme, porte-parole du réseau "Sortons du nucléaire" est en garde à vue. Il a publié un document "secret défense" qu'on ne voulait pas que nous voyions!

Pour plus de détails, pour protester contre son garde à vue, et pour lire le document secret, suivez le lien.

mardi 25 mars 2008

Les élections à la mairie ... de Londres

Back left challenge to New Labour|29Mar08|Socialist Worker

En mai il y aura des élections pour désigner le maire du Grand Londres. Ces articles (en anglais) du journal Socialist Worker parlent de la campagne de la gauche radicale, Left List. Une campagne avec beaucoup d'énergie et de créativité...

Bin Laden ou Sarkozy, c'est une question d'échelle


C'est criminel de massacrer des milliers de gens innocents. Mais les vrais ambitieux préfèrent préparer le massacre de millions de personnes. Notre cher président, celui du pays des droits de l'homme, a inauguré le sous-marin nucléaire Le Terrible, avec le discours suivant :

« C'est une grande fierté pour moi de me retrouver ici parmi vous à Cherbourg, pour saluer tous ceux qui ont construit Le Terrible... Comme vos anciens, vous pouvez être fiers de ce sous-marin, symbole de la haute technologie et de la détermination de la France à conserver la maîtrise de son destin. Il a fallu des décennies d'apprentissage pour maîtriser de tels savoir-faire. Je veux vous dire aujourd'hui combien la France est fière de vous. Je suis venu en son nom rendre hommage à votre travail et à vos grandes compétences. »

Alors c'est clair, pour conserver le maîtrise de mon destin, il ne suffit pas de massacrer quelques milliers, il faut viser plus haut. Après c'est moi qu'on traite d'extrémiste!

Il y a 50 ans



Cette manifestation cette semaine en Angleterre commémmore le cinquantième anniversaire de la Campagne pour le Désarmement Nucléaire, fondée en 1958. Ces gens-là, chrétiens, communistes, syndicalistes et autres, considéraient que c'était irrationnel de dépenser des milliards de livres sterling pour se préparer à tuer des millions de civils...

This demonstration in England this week marks the fiftieth anniversary of the first Aldermaston demonstration. The demonstrationin 1958 was set up by people who felt it was irrational to spend billions of pounds preparing to kill millions of civilians...

lundi 24 mars 2008

Un nouveau parti

Archives Rouge Article

Un conseiller municipal à Gennevilliers raconte leur campagne électorale, et réagit à la proposition de la LCr d'un nouveau parti. A lire et à faire circuler. Voici un extrait :

"Que penses-tu de l’appel de la LCR à la construction d’un parti anticapitaliste large ? Quelles sont, selon toi, les conditions pour y parvenir ?

T. Halem – De toute évidence, il manque, en France, contre la droite et face à une gauche molle, un parti anticapitaliste large, capable de regrouper dans les élections tous ceux qui sont dans les luttes, simples citoyens ou groupes constitués comme le nôtre. La LCR a lancé un appel. Elle a donc une responsabilité considérable : elle ne doit pas dévoyer son projet, en se contentant de s’auto-grossir comme LO a tenté de le faire, il y a quelques années, ou le PCF avec ses tentatives de prolonger son existence par la création de structures à sa botte. Ce serait casser un espoir et décevoir. Des garanties devront être données, vérifiées dans les faits, tant sur le plan du contenu de ce nouveau parti (avec la volonté de débattre, de convaincre à partir de bases théoriques claires, radicales), que sur le plan de sa construction démocratique (respect des divergences, des décisions à tous les niveaux, depuis les comités locaux jusqu’aux instances régionales et nationales). La LCR doit s’ouvrir sans exclusive, sans repli sur elle-même. C’est une occasion à ne pas rater ; le soufflé ne doit pas retomber. Dans cet esprit, de nombreux citoyens dont je suis pourront participer à la création de ce nouveau parti anticapitaliste et démocratique, un parti pour mettre une vraie gauche à la droite ! "

dimanche 23 mars 2008

BRUNO GUIGUE : QUAND LE LOBBY PRO-ISRAËL SE DÉCHAÎNE CONTRE L’ONU « Libertes & Internets

BRUNO GUIGUE : QUAND LE LOBBY PRO-ISRAËL SE DÉCHAÎNE CONTRE L’ONU « Libertes & Internets

Bruno Guigue, sous-préfet, répond sur le web à un article du Monde qui défend l'Etat d'Israël. (voir le lien ci-joint). En quelques jours, il est viré! On cite le "devoir de réserve" du fonctionnaire.

Il aurait défendu le gouvernement israélien, cela se serait passé differemment!

Son article peut être critiqué et débattu, mais on ne doit pas accepter une telle répression!

Tibet rises up against decades of oppression|22Mar08|Socialist Worker

Tibet rises up against decades of oppression|22Mar08|Socialist Worker

En anglais, cette courte explication de la situation au Tibet, où il y a enfin de la résistance contre l'opression des tibetains.

La bourse ou la vie SUD OUEST BLOGS

La bourse ou la vie SUD OUEST BLOGS

Ceux qui s'intéressent à une vision marxiste de l'économie et de tous ces trucs-là, expliquée avec humour, devrait faire un saut sur le blog de Jean-Marie Harribey, enseignant à Bordeaux, militant actif de ATTAC...

samedi 22 mars 2008

Espérons que la France perdra


La France serait prête à envoyer 1.000 soldats supplémentaires, AFGHANISTAN

On aperçoit à nouveau dans les journaux la guerre en Afghanistan. On n'en parlait plus. Mais la guerre reste un test pour les révolutionnaires. Il faut souhaiter la défaite de la France et de ses alliés. Ce serait un encouragement formidable pour tous les peuples opprimés du monde. Les grandes puissances hésiteraient avant de massacrer à nouveau. La défaite de la France reste le moindre mal.

La photo montre un jeune afghan blessé par les bombardements.

Quand la France prit feu : Mai 68


Quand la France prit feu : Mai 68

C'est parti, la commemoration de mai 1968. Dès aujourd'hui, le Nouvel Observateur y reviendra tous les jours pour raconter chaque journée de 1968: les manifs, les programmes télé, les tubes.

Et c'est fort sympathique. Mais là où il y avait la guerre du Viêt Nam, il y a la guerre en Irak; là où il y avait les missiles nucléaires français, coûtant des milliards, prêts jour et nuit à tuer des millions de gens, il y a le tout nouveau sous-marin nucléaire, dont on est censé être si fiers. Là où il y avait la discipline stricte et le service militaire pour formater les jeunes, il y a la peur du chômage.

Ce n'est pas pour dire qu'il n'y a pas eu de progrès. C'est pour dire que la seule question vraiment intéressante pour les anticapitalistes c'est "Pourquoi, en mai 1968, ne sont-ils pas allés plus loin? Pourquoi il n' y a pas eu de révolution? et donc Comment faire la prochaine fois? "

Ce texte (suivez le lien pour la traduction français) de Chris Harman s'attaque à cette question.

vendredi 21 mars 2008

3ème festival du film social européen à Agen

Attac France / Agenda Militant d’Attac France / Attac Agen : Festival Mars Attac

Pour nous dans le Sud Ouest, cet excellent festival du film social européen, avec films et débats concernant

-l'agriculture industrielle
- l'immigration économique
- l'Europe de l'Est
- la condition ouvrière

15 euros les 5 films
6,5 euros le film
Rue Ledru rollin, Agen

Journée mondiale contre le racisme ce vendredi, DISCRIMINATIONS

Journée mondiale contre le racisme ce vendredi, DISCRIMINATIONS

Il reste du boulot!

Le Che considérait le havane – son seul vice - comme « un don du ciel »

[Altermonde-sans-frontières] Le Che considérait le havane – son seul vice - comme « un don du ciel »
Un article sur Che Guevara et ses cigares est très politique. Parce qu'il souligne le défaut principal du guévarisme - considérer que le poids essentiel de l'histoire est porté par quelques individus exceptionnels. Des héros (Che Guevara, Hugo Chavez) ou, dans leur temps des guerrilleros d'exception - d'ailleurs Guevara soulignait toujours que la morale révolutionnaire était au centre de sa démarche.

Mais tout cela va à l'encontre du coeur du marxisme. La libération des travailleurs doit être l'oeuvre des travailleurs eux mêmes. Sinon cela ne marche pas parce qu'au lieu d'inspirer les ouvriers partout dans le monde, un état issu d'une révolution finit par négocier sa survie avec les grandes puissances.

Nous avons récemment édité une analyse de Che Guevara : "Guevara peut-il être un modèle pour les anticapitalistes", et je vous laisse le lien hypertexte.

John Mullen

jeudi 20 mars 2008

Apprenez le Grec chez vous


EuroNews : Nouvelle grève générale en Grèce contre la réforme des retraites

En Grèce, nouvelle grève générale contre la réforme des retraites. Etrange qu'on n'en parle pas davantage sur TF1...

Ce bistouri est offert par British Airways


Shake-up of hospitals will open door to McDonald's sponsorship - Health News, Health & Wellbeing - Independent.co.uk

En Angleterre on réfléchit à la possibilité de permettre les hôpitaux publics de se faire sponsoriser par les entreprises privées. La publicité dans les salles dês hôpitaux serait acceptée. Genre "ce scanner a été payé par Adidas"... Triste avenir! (article en anglais)

mercredi 19 mars 2008

L'opinion de la coordination des collectifs antilibéraux


Tout le monde a vu, après les élections, le besoin de l'unité d'action de la gauche radicale. Voici l'avis de la coordination des collectifs antilibéraux


Communiqué de l’exécutif provisoire de la Coordination des collectifs unitaires antilibéraux

Moins d’un an après l’élection présidentielle, le vote – sanction du 1er tour des élections locales s’est considérablement amplifié le 16 mars : sept nouveaux départements et des dizaines de villes, grandes ou moyennes, seront désormais géré-es par des coalitions de gauche.

Il est difficile, à cette heure, de mesurer combien, avec la forte abstention qui a marqué ces scrutins, de ce qui est de l’ordre du rejet de la politique sarkozyste et de ce qui peut être une "retenue volontaire" d’une partie de l’électorat de droite voulant marquer une simple désapprobation passagère.

Le principal bénéficiaire du sévère échec de la droite est le Parti socialiste, en dépit de son manque de crédibilité pour la construction d’une alternative politique. Le Modem ne réussit pas à s’imposer. Le Front national en sort, de nouveau, considérablement affaibli mais nombre de candidats, essentiellement de droite, avaient recyclé ses thèmes de prédilection sur l’immigration et le sécuritaire.

Enfin, la bipolarisation de la vie politique entre une gauche à prédominance social-libérale et une droite néo-libérale, réactionnaire et sécuritaire s’accélère. À de rares exceptions près, tel Saint-Brieuc, les électeur-rices s’étant porté-es sur la "gauche de gauche" au 1er tour ont voulu infliger une défaite de la droite au second tour même lorsque des accords de fusion entre les deux tours avaient été sèchement refusés par le PS et le PC.

Plus symptomatiques sont les excellents scores décrochés au deuxième tour par ces listes alternatives, en nombre limité, lorsqu’elles avaient la capacité de se maintenir comme à Clermont-Ferrand.

Le 16 mars, malgré la perte emblématique du conseil général du 93, on note une "résistance municipale" du PCF là ou il conserve quelques bastions historiques.

Mais ne nous cachons pas l’essentiel : le duopole UMP – PS s’est renforcé.

Le PS peut se targuer d’apparaître comme la seule grande force d’opposition... sans proposer une quelconque alternative pour stopper la déferlante néo-libérale.

Or, un Sarkozy affaibli pourra poursuivre ses mauvais coups si aucune force capable de le faire chuter, de le remplacer, ne devait s’affirmer. Bien des luttes et initiatives sont pourtant porteuses de propositions sociales et écologiques alternatives. À nous toutes et tous d’agglomérer leur complémentarité.

Il suffit d’observer la réalité de ces derniers mois : toutes les forces sociales et politiques de la gauche sont parties prenantes des combats sociaux et sociétaux. Seul le PS en est le plus souvent absent. Est-ce là une raison pour ne pas appeler les militant-es socialistes qui le veulent à prendre place dans cette « union des luttes pour le changement » ?

Non, bien sûr.

Cependant, plus l’autorité morale de Sarkozy s’effondre, plus il apparaît que rien de crédible n’existe, en face, à gauche. Cette situation peut déboucher sur une fracture nouvelle (comme celle de 1995, par exemple) entre la colère sociale et le débat politique. Or, pour des raisons différentes, aucun des partis ne peut prétendre représenter une alternative à la droite au pouvoir. Sur quoi pourrait donc déboucher une crise institutionnelle, à l’intensité rarement égalée depuis le début de la Ve République ? Il convient de nous emparer de ce débat.

Il serait d’ailleurs redoutable d’entériner l’éparpillement actuel de la gauche anti-libérale tout en le déplorant.

Nous proposons d’avancer dans cette "union des luttes", nécessaire au quotidien. En même temps, pour le regroupement d’une alternative politique, nous prenons nos responsabilités.

Deux débats s’imposent : celui sur le projet, celui sur l’avenir des forces politiques.

On ne peut rêver d’une unité solide sans un débat profond sur le projet de société.

Nous proposons de mettre en lumière et de promouvoir une autre vision du monde que celle qui a cours aujourd’hui. Les couches dirigeantes veulent une humanité divisée en guerres de civilisations, riches et pauvres, citoyen-nes assimilés et classes dangereuses.

Quand les rapports avec la nature peuvent être respectueux de son avenir, ils-elles font de l’écologie un gadget pour les spéculateur-rices.

Quand le partage des richesses peut permettre que toutes et tous, sorti-es de la misère, contribuent à l’épanouissement de tou-tes, ils-elles ne parlent que rentabilité et profits.

Débattre des objectifs, du projet, ne s’oppose pas à nos yeux à l’union des luttes pour le changement. Au contraire, car le champ des possibles est porté et modifié par les luttes.

Que ce soit nationalement ou localement, au cours de journées d’études, de débats publics, que les forces qui veulent débattre d’une gauche unitaire de transformation sociale et écologique se retrouvent !

Vite.

Sans exclusive autre que de travailler, sans compromission, à l’unité de toutes celles et tous ceux qui constituent la gauche de transformation sociale.

Le 17 mars 2008.

mardi 18 mars 2008

Pour des ami(e)s en région parisienne


Le Mouvement des Indigènes de la république organise une rencontre lors de la sortie du nouveau livre


« Les Filles voilées parlent »


Coordonné par Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian aux Editions La Fabrique

Vendredi 21 mars 2008 à 19h30

à la Maison Verte, 127-129 rue Marcadet, M° Lamark-Caulaincourt (ligne 12)


Le Mouvement des Indigènes de la République a toujours considéré la loi « anti-foulard » du 15 mars 2004 comme une loi raciste et sexiste
En plus de l’immense injustice qu’a été cette loi, les exclusions qu’elle a entraîné et le climat de rejet qui s’est répercuté bien au-delà de l’école, il y a eu une confiscation de la parole des filles portant le foulard.

Quand elles n’étaient pas traitées en objet d’étude, elles étaient traitées en objet tout court.

Après une multitude de livres où toutes les composantes de la société française (politiques, savants, essayistes…) se sont autorisées à parler d’elles, paraît le 20 mars Les Filles voilées parlent : elles sont 45 à y prendre la parole dans les conditions qu’elles ont choisiES. Elles passent enfin du statut d’accusées au statut d’accusatrices.



Nous vous proposons donc une table ronde autour de ce livre en présence des trois coordinateurs-trices

Ismahane Chouder

(Membre du collectif « Une école pour tou-t-es » et anciennement présidente du collectif des « Féministes pour l’égalité »)

Malika Latrèche

(Membre du collectif « Une école pour tou-t-es » et coprésidente du collectif des « Féministes pour l’égalité »)

et Pierre Tevanian

(Professeur de philosophie, membre du collectif « Une école pour tou-t-es » et coanimateur du collectif « Les mots sont importants »)
ainsi que certaines auteures des textes réunis dans le livre

Un nouveau parti anticapitaliste

La LCR s'est lancé dans une tentative de construire, assez rapidement, un nouveau parti, et nous rencontrons pas mal de gens qui s'y intéressent. D'autres sections de la gauche radicale expriment souvent le souci que le parti ne va pas être vraiment ouvert à d'autres courants et va se résumer à une LCR élargie. Moi-même j'ai exprimé souvent cette inquiétude, et me suis battu pour une orientation la plus large possible, basée quand même sur une orientation lutte contre le néolibéralisme et implications dans les combats sociaux.

Voici quelques extraits de la Lettre Rouge de la LCR qui donnent une analyse de la situation actuelle concernant le nouveau parti après les municipales.

SUR LE PARTI SOCIALISTE

" 5) Le PS est le bénéficiaire de la défaite de la droite
plus que son réel responsable tant il a mené une campagne
timorée. A peine cette victoire réalisée, les dirigeants du
PS, en particulier Ségolène Royal, ont appelé à faire des
accords pour le deuxième tour avec le Modem de Bayrou.
Au lieu de se tourner vers les travailleurs et les classes
populaires, ils se tournent vers la droite parce qu’ils craignent
le mécontentement et les mobilisations qu’il
annonce. Dans quasiment tous les cas où cela était possible,
comme par exemple à Toulouse ou Marseille, le PS a
rejeté les propositions de fusion démocratique que nous
lui avions faites. Les dirigeants du PS agissent comme
s’ils voulaient éviter à tout prix que leur succès ne soit trop
perçu comme un encouragement aux mobilisations et à un
rejet du libéralisme quitte à prendre le risque de laisser à
la droite des grandes villes. Cette politique répond à l’impossibilité
pour la gauche gouvernementale de s’engager
sur une politique réellement différente de celle de la droite
ce qui la coupe nécessairement des classes populaires.

..."

LA DROITE ET LES LUTTES A VENIR
"11) L’autisme de la droite prise entre la pression de la
crise du capitalisme mondialisé, sa soumission aux intérêts
du patronat et les exigences des classes populaires
préparent les conditions d’un affrontement social et politique.
La démagogie de Sarkozy, sa prétention à s’imposer
à la droite, à l’extrême droite comme à la gauche, à faire
croire qu’il se soucie des préoccupations des classes populaires
alors que sa politique est vouée au service des possédants
et des privilégiés se brisent sur les réalités sociales
et politiques. Le retournement de situation est d’autant
plus brutal que les prétentions du petit personnage étaient
grandes. L’accentuation de la crise financière, la ruine des
perspectives de croissance diminuent encore plus les marges
de manoeuvre du gouvernement et du patronat. La
question sociale après s’être imposée dans le débat électoral
ne manquera pas de revenir sur le terrain des luttes.

La première échéance concrète concerne la question
des retraites et le passage aux 41 annuités, voire 42, les
premières « discussions » devant commencer le 1er avril.
Le samedi 29 mars, des manifestations sont appelées partout
pour la défense des retraites. Cette première échéance
post-électorale peut être un moyen de concrétiser sur le
terrain social le mécontentement exprimé dans les urnes.
Nous y intervenons avec un matériel spécifique pour y
défendre nos revendications (retour aux 37,5 annuités,
augmentation des retraites de 300 euros net, etc.) en insistant
sur le fait que le rapport de force actuel ouvre la possibilité
de faire reculer le gouvernement. Nous faisons le
lien entre les retraites et la question des salaires: « pour
financer les retraites, il faut augmenter les salaires ». Une
fois de plus, derrière la question des retraites, c’est bien de
la répartition des richesses qu’il s’agit et non pas de «
démographie ».

Dans tous les cadres dans lesquels nous intervenons,
nous militons pour la convergence des luttes. Par ailleurs,
comme lors de la grève de la SNCF en octobre dernier,
nous proposons à tous les partis du mouvement ouvrier de
se rencontrer pour organiser la résistance face à la politique
de Sarkozy en particulier sur la question du pouvoir
d’achat et des salaires. Nous militons pour que cette réunion
puisse aboutir à un appel à manifestation sur ces thèmes
(résistance à la politique de Sarkozy, pouvoir d’achat,
salaires) ».

Nous prenons appui sur le camouflet que la droite a
subi, sur son affaiblissement pour dire c’est le moment,
pour défendre la perspective d’un mouvement d’ensemble.

En rappelant que la grève générale de mai 68, dont on
va fêter le 40° anniversaire, avait permis d’imposer une
répartition des richesses plus en faveur des salaires.
Le mécontentement qui s’est exprimé dans les élections
va à l’encontre de la prétendue légitimité dont
Sarkozy et Fillon se revendiquent pour justifier leur prétention
à poursuivre la politique des réformes, à accélérer
les attaques contre les salariés. Cette politique est illégitime,
la légitimité démocratique est du côté de ceux qui la
combattent."

SUR LE NOUVEAU PARTI

"12) Nous préparer à l’affrontement que portent les
contradictions à l’oeuvre, c’est en premier lieu regrouper
les forces des révolutionnaires, des anticapitalistes, des
antilibéraux dans un même parti capable d’oeuvrer à
l’unité démocratique des travailleurs pour les luttes.

La possibilité et la nécessité d’un nouveau parti du
monde du travail sont au coeur même de la situation
sociale et politique dont témoignent ces élections municipales.
Notre projet s’appuie sur ces contradictions, se
nourrit des évolutions mêmes qui s’opèrent au sein du
monde du travail et de la jeunesse. Si nous en doutions,
cette campagne démontre, au niveau de nos propres forces,
l’existence d’un réel courant politique qui converge
autour des perspectives que nous avons défendues durant
la campagne, d’une réelle base populaire pour elles. Elle
nous aide nous-mêmes à tourner la page pour nous regarder
résolument vers l’avenir."

lundi 17 mars 2008

Communiqué LCR après le deuxième tour

- Raz de marée contre le gouvernement


Le second tour de l’élection municipale, avec le passage à gauche de nombreuses villes, confirme et amplifie les résultats du premier. C’est une sanction très nette de Sarkozy, de son gouvernement, de ses ministres-candidats et de l’UMP dans les villes. Les listes présentées ou soutenues par la LCR, présentes au second tour, maintiennent ou augmentent leur score : 15,7 % à Clermont-Ferrand, 8,77 à Louviers, 9,21 % à Foix, 17,61 % à Saint-Nazaire (nos listes sont devant celles de l’UMP dans ces deux derniers cas !)... Le mécontentement populaire est profond. Les réformes antisociales sont rejetées. La légitimité du gouvernement est largement entamée. François Fillon fait le sourd. Il ne veut tirer aucune leçon nationale de cette raclée. Il s’acharne. Il veut accélérer la réforme des retraites vers les 41 annuités. Il répond par le cynisme à la souffrance sociale. La situation est mure pour que le carton jaune envoyé par le vote vire au rouge au moyen de très grandes mobilisations. Toute la gauche politique et sociale doit s’engager unie dans cette voie. Commençons dès mardi avec les lycées et collèges en grève et le 29 mars pour défendre les retraites.

Veyret laisse passer la droite


Très mauvaise nouvelle à Agen. Le maire PS sortant, Veyret, n'a pas voulu d'un accord technique de fusion de listes avec l'extrême gauche, malgré le fait que qu'elle a obtenu 7,66% au premier tour et aurait dû avoir une représentation au conseil municipal. Entre la liste PS et la liste extrême gauche au premier tour, on totalisait 51,49% des voix.

Avec une mobilisation unie à gauche on aurait pu empêcher la droite de passer. Et une dynamique combative aurait pu faire sortit des abstentionnistes de gauche (comme la droite a su faire sortir les siens). Veyret a préféré prendre le risque de laisser passer la droite, et il a perdu son pari. Par la même il a montré sa conception étrange de la démocratie, car il a considéré que 7,66% des électeurs ne devait pas être représentés du tout, sur un conseil municipal à 39 places! (Il a sorti des argments spécieux, genre "chaque membre de mon équipe est indispensable).
Malgré cette attitude, nous avons expliqué haut et fort que nous ne voulions pas d'une victoire de la droite. Voici les résultats complets


Agen 1er tour Votants : 11784
Exprimés 11215
blancs : 569
La droite (Dionis) : 5441
La gauche (Veyret) : 4915
La Voix des classes populaires (EXG) : 859


Agen 2ème tour
Votants : 12739 ( + 955)
Exprimés : 12214 (+ 999)
Dionis : 6382 (+ 941)
Veyret : 5832 (+ 917)

Il faut être extrêmement agressif contre les véritables
mensonges qu'on entendait hier soir autour de la mairie sur " l'extrême
gauche a fait passer Dionis". C'est un mensonge pur et simple.

Déclaration des communistes unitaires

Bien sûr je ne suis pas d'accord avec tout, mais la déclaration des Communistes Unitaires après les élections municipales montre une compréhension du besoin d'une nouvelle force de la gauche radicale :


Urgence de construction et de convergence face à la bipolarisation


Les scrutins des 9 et 16 mars 2008 ont été marqués par le maintien d’un haut niveau d’abstention, en particulier dans les quartiers populaires. Cependant, huit mois après l’élection de NicolasSarkozy, la droite est sanctionnée et perd la direction de nombreuses communes et deplusieurs départements.

Le principal bénéficiaire de l’échec de la droite est le Parti socialiste, en dépit de son manque de crédibilité pour la construction d’une alternative politique. Le Modem ne réussit pas à s’imposer.

Le Front national est considérablement affaibli, mais un certain nombre de candidats, essentiellement de droite, ont recyclé ses thèmes de prédilection (sécurité, immigration).

La bipolarisation de la vie politique entre une gauche à prédominance social-libérale et unedroite libérale réactionnaire et sécuritaire s’accélère.

Les configurations locales sont fortement marquées par l’éclatement des repères traditionnels : géométrie très variable des rassemblements, éparpillement, valse des étiquettes...

Les directions des principaux partis ont parfois perdu la main, au bénéfice de reconfigurations locales diverses.

On peut distinguer dans le champ de « la gauche » :

-le maintien dominant d’unions de la gauche des partis traditionnels, avec souvent de bons résultats, sur des projets très différents selon les villes. Mais le PC et les Verts s’y trouvent de fait souvent dans des situations de faiblesse et de dépendance croissante par rapport à leurs partenaires socialistes ;

-la présence d’un certain nombre de candidatures concurrentes issues notamment du PS, avec des affrontements correspondant tantôt à des désaccords de fond, tantôt à des luttes pour des places (ou les deux) ;

et plus particulièrement concernant la « gauche de gauche » :

-les bons scores de la plupart des sortants communistes, tandis que les nombreuses villes perdues lors des précédents scrutins sont soit conservées par la droite, soit prises par le PS ;

-les bons scores de la LCR dans les villes moyennes et grandes, majoritairement sur une ligne non unitaire, conduisant à proposer uniquement des fusions techniques au deuxième tour, sans aucun accord politique ;

-la présence d’un certain nombre de listes et de candidatures de la gauche de la gauche (« antilibérale », « de transformation sociale », « alternative », « radicale »…), qui obtiennent parfois de bons résultats.

Notons que les sortants et candidats proches des communistes unitaires ont obtenud’assez bons résultats. Des expériences intéressantes ont été menées dans les villes où le PS avait choisi la concurrence au premier tour (voire au deuxième), avec à la fois des arcs de rassemblements inédits (de LO à des responsables locaux du PS) et des approches novatrices sur les questions de pouvoir (élus-partenaires, participation des habitants, visée politique générale).

Il faut souligner le poids des modes de scrutin, qui favorisent des alliances souvent purement formelles et une culture de dépossession des citoyens. Cela interroge sur la fonction des élections, sur les « illusions démocratiques » et sur les moyens de nous affranchir des conditions du système politique dominant pour promouvoir l’émancipation. Cela passe notamment par le développement des formes de politisation et d’intervention dans la viede la cité moins délégataires et plus fondamentales que l’essentiel de nos pratiques actuelles.

Lorsque la gauche de gauche s’est éparpillée au premier tour, elle n’a pas pu peser ausecond. Le cas emblématique est Toulouse où les deux listes de gauche alternative ont franchi la barre des 5 %, mais où le PS et ses alliés ont gagné sans fusion. C’est ainsi que 10 % des électeurs sont ignorés du fait de l’absence de convergence des forces de transformation sociale (PC, LCR, LO, forces alternatives et citoyens).

Urgence face à la recomposition politique

Ces élections ont été marquées par une progression de la recomposition politique, au niveau local et national. Cela a été par exemple le cas à Grenoble et à Montpellier, au premier tour, et à Lille, au deuxième tour, où la « gauche rassemblée » a accueilli le Modem sur ses listes.

Les Communistes unitaires considèrent qu’aucune alliance avec le Modem n’est possible et qu’il ne faut pas participer à des exécutifs municipaux ou départementaux l’incluant. Il s’agirait là d’une faute politique. Refusée avant le premier tour sous prétexte de ne pas déserter le combat contre la droite, la clarification de la position du PCF sur ce point est un enjeu important.

Au sein du PS, le débat va maintenant se développer, avec le risque que l’emporte une ligne social-libérale.

La LCR va probablement s’attacher à promouvoir seule le parti anti-capitaliste qu’elle appelle de ses voeux.

Le PCF va engager la préparation de son congrès, avec en perspective le choix entre :

-une stratégie de rapprochement toujours plus grand avec le PS, en dépit de la social-libéralisation de celui-ci, menant à l’abandon de l’objectif fondamental d’une gauche de transformation à vocation majoritaire ;
-une stratégie de repli identitaire, se satisfaisant de l’existence d’un espace marginal, incapable de peser dans la vie politique nationale ;
-ou une stratégie d’ouverture visant à développer une force de transformation sociale apte à contester l’hégémonie du social-libéralisme, en construisant la convergence des forces et des citoyens disponibles.

Lutte ouvrière fera le bilan de son choix stratégique, et confirmera ou non sa ligne pour la prochaine période. La convergence nouvelle qui vient de se manifester participe à une évolution de la donne.



En tout état de cause, face à la recomposition politique engagée, la nécessité de réenclencher une dynamique de convergence des citoyens et des forces de transformation sociale estplus forte encore après les scrutins de mars 2008. Elle suppose :

-le dépassement des contentieux issus de l’échec de la candidature unitaire lors de l’élection présidentielle et la transformation des querelles de leader-ships en une convergence des énergies ;

-le développement des partenariats forts dans les luttes face aux politiques que Sarkozy et Fillon vont tenter d’accélérer ;

-le développement d’initiatives, du niveau local au niveau national, pour travailler sur un projet et construire une alternative politique, avec en perspective la tenue des élections européennes de 2009 et des élections régionales de 2010. Il s’agit d’enrayer le processus de bipolarisation entre les gestionnaires du capitalisme et de se donner les moyens d’agir pour le dépassement du capitalisme.

Enfin, la constitution d’une nouvelle force politique fédérant toutes les énergies qui serevendiquent de la transformation sociale et associant les différentes cultures politiques de lagauche alternative reste notre visée. L’ensemble des initiatives à développer se situe dans cette perspective, en laissant ouverte tout en la travaillant la question des formes des convergences, des étapes et des moyens.

Les Communistes unitaires vont se doter des moyens de développer leurs initiatives pour construire un communisme d’actes et de luttes au quotidien, un communisme éthique et démocratique à usage immédiat. Ils entendent être acteurs de toutes les initiatives pour la relance d’une dynamique la plus large possible, seule capable de faire pièce à la bipolarisation.

Le 17 mars 2008

Contact :

Gilles ALFONSI : 06 18 06 17 17 - Sylvie LARUE : 06 81 21 20 58

contact.communistes.unitaires@gmail.com

www.communistesunitaires.net

samedi 15 mars 2008

Nette percée de la LCR qui réalise le "meilleur score de son histoire" - Dossiers News ...

Nette percée de la LCR qui réalise le "meilleur score de son histoire" - Dossiers News ...


Avec un peu de retard le résumé des résultats LCR pour le premier tour des municipales.

Votez Veyret contre la droite

Et ma position personnelle :

Malgré le fait que Veyret n'a pas voulu que soient représentés au conseil municipal les 7,66% des agenais qui ont voté pour la liste "La voix des classes populaires", ce qui, à mon sens, constitue une vision bien bizarre de la démocratie, j'appelle à voter pour Veyret.

Car je suis convaincu que Dionis-Sarkozy serait bien pire.

Mais si vous voulez une vision de la politique qui est basée sur la volonté d'aider les gens à défendre leurs droits, et de mobiliser contre les injustices et les attaques, et pas simplement de gérer un peu plus gentiment, eh bien, vous feriez bien de penser à rejoindre la LCR...

jeudi 13 mars 2008

Communiqué de la LCR Agen

Ligue Communiste Révolutionnaire
12 place Maréchal Foch
47000 Agen
Tél. 06 73 70 20 31


NON A DIONIS A AGEN
NON A LA POLITIQUE DE SARKOZY


La Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) section Agen-Nérac remercie chaleureusement les 859 électeurs qui ont porté leurs voix et leurs espoirs sur la liste à laquelle nous avons participé :
« LA VOIX DES CLASSES POPULAIRES »
7.66% des électeurs agenais avec des pointes à plus de 10% dans les quartiers populaires ont voulu mettre une claque à la politique antisociale de Sarkozy.
Le candidat Veyret et ses colistiers ont refusé la fusion technique pour le 2ème tour et n’ont pas souhaité que nous ayons des élus indépendants, avec leurs expressions propres comme notre score le légitimait.
Ils prennent le risque d'une victoire de la droite.
Malgré cette attitude, la LCR d'Agen appelle à voter pour la liste Veyret sans illusions sur sa future politique.

Car notre objectif premier est de battre Sarkozy, la droite et son représentant Dionis du Séjour. Député depuis 2002, il a soutenu toutes les lois contre les travailleurs, les retraités, les immigrés, les précaires, la jeunesse populaire, les chômeurs, les sans-papiers… il ne souhaite que le pouvoir et cumuler les mandats à son profit personnel.
C’est l’ennemi des classes populaires.
Vu les scores électoraux historiques de la LCR au niveau national (77 élus au premier tour, 114 villes où nous avons fait plus de 5% dont 32 villes dépassent les 10% ).
Nous serons plus que jamais de toutes les luttes.
NOS VILLES ET NOS VIES VALENT PLUS QUE LEURS PROFITS !

Agen le 11 Mars 2008
Pour la section Agen Nérac

Municipales et deuxième tour - communiqué de la liste

Voici le communiqué de la liste "La voix des classes populaires" du mardi 11


Nous tenons d'abord à remercier toutes celles et tous ceux qui, en portant leurs suffrages sur notre liste La Voix des classes populaires, ont fait un vote clair contre la politique anti-ouvrière du gouvernement Sarkozy-Fillon, soutenue par son représentant local Dionis, en même temps qu'ils ont envoyé un coup de semonce à la gauche institutionnelle, tant au plan national que local. Le score relativement élevé de notre liste, comme des listes d'extrême gauche en général dans le pays, est sans doute annonciateur de luttes sociales et politiques dans lesquelles nous prendrons toute notre place et sont de bon augure pour la reconstruction des réseaux militants nécessaires dans les usines, les bureaux, les quartiers, là où ils n'existent plus ou se sont affaiblis, et que nous comptons entreprendre avec eux.

Les résultats de dimanche soir laissent prévoir un deuxième tour extrêmement serré.
Pour parler clairement, nous ne souhaitons pas que Dionis, ce représentant local de Sarkozy-Fillon, accède à la mairie d'Agen. Ce serait le triomphe d'une droite revencharde. Durant la campagne du premier tour, Dionis s'est présenté comme le père Noël, multipliant les promesses démagogiques en direction des milieux défavorisés, promesses qu'il n'a évidemment pas l'intention de tenir. Député depuis 2002, Dionis a voté à l'Assemblée toutes les lois anti-ouvrières des gouvernements de droite qui se sont succédés. Comment cet adversaire des classes populaires à l'Assemblée pourrait-il subitement devenir leur ami à la mairie ? Nous pensons qu'aucune voix de travailleur, de précaire, de chômeur, de retraité ne doit se porter sur cet adversaire des travailleurs.
Le coup de semonce adressé par tous ceux qui ont voté pour notre liste a-t-il été entendu par le maire sortant, Alain Veyret ? Nous avions des doutes pour l'avoir entendu dimanche soir, en direct à la télévision, se contenter d'appeler à la mobilisation de la « gauche » contre la « droite », sans aucunement montrer qu'il avait reçu le message de nos électeurs. Ces doutes se sont confirmés quand, à sa demande, nous l'avons rencontré hier lundi et qu'il a refusé d'infléchir son programme pour tenir compte de nos propositions, ainsi que, à fortiori, d'offrir des garanties dans ce sens.
Le deuxième tour contre Dionis ne se gagnera pas « au centre ». Si Alain Veyret se refusait à prendre en compte les revendications que nous avons exprimées, il prendrait le risque de laisser passer le représentant de la droite. Et même si, comme nous le souhaitons, Dionis est battu dimanche prochain, cela signifierait que les voix qui se sont exprimées sur notre liste ne trouveraient aucun écho au sein du nouveau conseil municipal.

lundi 10 mars 2008

Quelques résultats marquants

On m'écrit
"La liste soutenue par le PCF, la LCR, le MRC et les Verts a obtenu 11,48 % des suffrages exprimés à Cahors.
Le PS réalise le score surprise à 32,5% quand il était donné autour de 20.
Autre surprise, la députée PRG réalise moins de 20%... ainsi que le Maire sortant!

Ce qui fait un total de 63% pour les 3 listes de gauche, total auquel on peut rajouter 6% d'une liste de quartier...
Voilà, il en reste un tout petit peu pour la droite, et c'est bien assez.

C'est historique!"

Un excellent résultat pour la liste à Agen

Un excellent résultat pour la liste
7,66% La voix des classes populaires
43,83% Alain Veyret (PS)
48,52% Jean Dionis du Séjour (Droite)

Comme quoi la colère contre Sarkozy et la demande d'une politique de combat n'est pa si rare que cela.

dimanche 9 mars 2008

Action Consommation : Salon Vivre Autrement

Action Consommation : Salon Vivre Autrement

Vivre autrement ou changer le monde?

L'idée de "vivre autrement" gagne en popularité, et surtout parmi les gens de gauche. Elle est plus influente dans les couches moyennes de la société, mais pas seulement - des gens des couches populaires peuvent tout à fait être attirés par cette idée. Le lien vous emmène vers un site pour "vivre autrement".

Mais vivre autrement n'est pas une solution. On ne peut pas éviter l'affrontement avec les dirigeants de notre société. Les congés payés, la mort du CPE, le SMIC, le droit à l'IVG - les grandes améliorations dans nos vies ont été gagnées par la lutte collective. Se concentrer sur l'idée de vivre autrement (et très souvent, sous-entendu, expliquer aux autres pourquoi notre mode de vie est supérieur au leur) peut devenir dangereux.

C'est une réaction à la difficulté de mettre en place une stratégie pour prendre le pouvoir dans cette société, mais c'est la mauvaise réponse à une vraie question.

Enfin, c'est mon avis.

PS On m'a signalé que l'organisation Action-consommation ne se limite pas à de tels salons...

"... puisque vous avez mis en ligne la présentation de Vivre autrement
quasiment comme présentation d'Action Consommation, je vous propose
de mettre aussi ce texte en ligne pour faire contrepoids :
"Lutte contre la "flambée des prix" : des promesses qui n'engagent que
ceux qui les croient..."


ou encore


La consommation éthique et bio est-elle une affaire de " bobos " ?
"

Un texte plus détaillé et approfondi sur cette question fait partie de ma liste de choses à faire!

Editorial de Socialisme International

Editorial mars 2008

Un nouveau parti, c’est urgent

L’actualité politique est dominée par trois grandes questions. L’offensive tous azimuts de Sarkozy, les élections municipales et une série de grèves sur les salaires dans le public comme dans le privé.

Sarkozy espère cacher derrière ses coups de théâtre ridicules (sur la commémoration de la Shoah, les programmes scolaires ou la reconnaissance par l’UNESCO de la gastronomie française (!), …) et ses mesures populistes (rétention de sûreté, instruction morale, ...) les attaques centrales (le Traité européen modifié, le nouveau contrat de travail, la réduction des effectifs dans la fonction publique, …)
.
Sa baisse spectaculaire dans les sondages contredit les pronostics catastrophistes de certains militants pour lesquels son élection représentait une défaite historique de la gauche. L’absence d’opposition sérieuse de la part du Parti socialiste, cependant, laisse à la droite une marge réelle. Après une probable claque bien méritée aux municipales, elle peut relever la tête. La relative popularité du premier ministre Fillon – fait sans précédent sous la Cinquième République – en est un signe qui ne trompe pas.

Le besoin d’un parti de combat à gauche du PS se fait lourdement sentir. Qui peut organiser la solidarité avec les grévistes, devenir une force de proposition dans les mouvements, aider à faire le lien entre les différents combats, être le porte-parole des opprimés et des salariés ? Quand Sarkozy ment, qui répondra haut et fort ?

Dans ce contexte, l’état de la gauche radicale et révolutionnaire n’est pas encore à la hauteur du défi. Lutte Ouvrière a étonné ses soutiens traditionnels en décidant de faire liste commune là où elle peut avec le Parti socialiste gestionnaire dès le premier tour. Il ne s’agit pas seulement de négocier des fusions techniques en gardant son indépendance politique, puisqu’il a été décidé dans certaines villes que les élus de Lutte Ouvrière voteraient le budget d’une majorité PS.

Cette nouvelle tactique provient en partie du fait que sa direction analyse la période actuelle comme marquée par un profond recul. Il faudrait par conséquent viser à survivre et non pas à construire un parti de masse. Son attitude sectaire voire méprisante à l’égard de beaucoup de mouvements de ces dernières années (manifestations anti-Le Pen en 2002, contre le Traité constitutionnel en 2005, les Forums sociaux…) lui a fait perdre une bonne partie de son milieu et a renforcé son pessimisme. L’opportunisme actuel risque de lui en faire perdre une autre partie, et l’exclusion en cours de sa minorité critique (la Fraction) approfondira la crise de l’organisation.

Lutte Ouvrière a mené la campagne en 2007 sous le slogan “Qui d’autre peut se dire sincèrement dans le camp des travailleurs”, slogan d’un sectarisme extrême. Et voilà qu’on voit que, pour pallier aux très faibles scores électoraux de 2007, elle est prête à entreprendre un tournant opportuniste majeur. Entre autres choses, ceci démontre que ce n’est pas la référence constante à des principes révolutionnaires dans les discours qui protège de l’opportunisme...

Du côté de la Ligue Communiste révolutionnaire, la décision lors de son récent Congrès qu’un nouveau parti anticapitaliste devait être mis en place en faisant appel avant tout aux « anonymes », puisque il n’y aurait pas de partenaires possibles parmi les courants politiques constitués, est contredite par la réalité des listes présentées aux élections municipales.

Sur les 200 listes présentées ou soutenues par la LCR, elle ne se présente seule que dans environ 80 communes. Dans 50 villes, elle présente une liste commune avec les collectifs antilibéraux ou la gauche alternative (dont Clermont-Ferrand, Marseille, Toulouse, Lille, Nancy, Strasbourg). Dans 30 cas, elle se présente avec le PCF local, contrairement à la ligne nationale du PCF (Chartres, Béziers, Noisy, Alfortville, Cahors….). Neuf listes sont présentées avec les Alterékolos (dont Morlaix et Vienne), 13 listes sont décrites comme « unitaires » sans autre précision, 11 listes sont présentées avec des groupes alternatifs locaux (dont Rennes, Nantes, Annecy). En plus, les 23 départements dans lesquels aucune liste n’est soutenue par la LCR relativisent l’idée que la LCR seule est capable de se transformer en un nouveau parti anticapitaliste de masse.

Cette configuration démontre que les partenaires existent – mais aussi que la LCR en a bien besoin. Les collectifs antilibéraux sont, certes, bien plus faibles qu’il y a deux ans. Mais dans des dizaines de villes, ils restent dynamiques, et ce serait une grave erreur de les exclure d’un nouveau parti. La LCR n’est pas condamnée à répéter les erreurs de 2007, dans la construction d’un nouveau parti. Encore faut-il que sa majorité en tire toutes les leçons.

Le nouveau parti autour de la LCR tel qu’il se présente actuellement a beaucoup de défauts. La méthode qui consiste à refuser de négocier avec des partenaires et à imposer unilatéralement le calendrier est mauvaise. Le projet dans sa forme actuelle est le résultat d’un compromis entre ceux à l’intérieur de la LCR qui veulent un parti composé seulement de révolutionnaires et ceux qui veulent un parti anticapitaliste un peu plus large. La délimitation du parti n’est pas claire, et trop souvent on essaie d’éviter la question en inventant des formules peu sérieuses, comme “un parti pour révolutionner la société”.

Cependant, ce projet est actuellement le seul qui rencontre un vrai écho. L’implantation, les traditions militantes et le dynamisme de la LCR font en sorte que les autres forces de gauche ne peuvent pas présenter une construction alternative dans l’immédiat.

Il faut donc attirer le maximum de personnes vers le nouveau parti, tout en bataillant pour qu’il soit le plus ouvert, le plus orienté vers les luttes et le plus populaire possible. Les révolutionnaires doivent y créer un courant fort. Mais le parti ne peut pas se réduire à celui-ci, même débarrassé d’un certain bagage idéologique hérité du passé – ou « relooké» pour faire plus moderne. Il faut déclarer publiquement qu’il ne s’agit pas d’un parti limité aux seuls révolutionnaires mais aussi affirmer le besoin d’un courant révolutionnaire au sein du nouveau parti.

Il faut que les structures-clé du nouveau parti - les permanents, les publications, les porte-parole - reflètent une réelle ouverture et ne soient pas contrôlés par la seule LCR.

En parallèle – et sans ignorer la nécessité de compromis et d’alliances dans le court terme – il nous faut continuer à travailler à la clarification des grandes questions de pouvoir posées par la crise de la gauche : quel anticapitalisme, fait par qui et sur quelles bases ? Á Socialisme International, nous avons toujours affirmé qu’il faut une révolution pour renverser le capitalisme et qu’un parti révolutionnaire est un élément indispensable qui servira d’outil pour les travailleurs lors des profondes crises à venir. C’est l’objectif stratégique. Mais la mise en place d’un parti large de la gauche radicale, avec différents courants dont les révolutionnaires à l’intérieur, est un premier pas nécessaire, et constitue la tâche centrale de la période actuelle.

Une échange de courriers

Suite à la publication de l'éditorial de Socialisme International (voir plus bas), j'ai reçu le courrier suivant



Bonjour,

La nécessité de structurer l'action politique à gauche du PS est
criante et votre analyse est intéressante.

Mais cela ne sera suffisamment novateur que si les enjeux
écologiques sont intégrés (qui sont d'ailleurs aussi un enjeu social,
car les plus pauvres sont les premières victimes des dégradations
environnementales : réfugiés climatiques, désertification,
déforestation, maladies professionnelles et autres due à un
environnement toxique, etc.) ainsi que les enjeux culturels
(modifier nos modes de vie et sortir du consommationnisme* mortifère).

Je ne vois pas ces aspects dans votre analyse.

Bien cordialement.

V.

et j'ai tenté de répondre en quelques phrases :

Bonjour,
Merci de vos commentaires. C'est un grand débat... pour vous répondre en quelques phrases seulement, ce qui est bien difficile, je dirai que nous sommes d'accord que l'environnement, l'air, l'eau, la biodiversité etc sont menacés par l'organisation actuelle de la société, la dictature du profit etc. Nous soutenons les différentes luttes pour tenir compte de ces problèmes (lutte contre l'énergie nucléaire, pour les normes écologiques etc).

Mais en règle générale, nous ne nous opposons pas au "consommationisme"en tant que tel. Cela nous semble une démarche qui fait croire que les problèmes écologiques sont causés par les individus et susceptibles d'être résolus par l'action individuelle. Nous ne croyons pas que consommer différemment est une solution.

Bien sûr, je simplifie énormément...

Bien cordialement

John Mullen

En re-réponse j'ai reçu ceci
Voilà qui me paraît sacrément binaire. (sur le consommationnisme)

Je pense au contraire que le consommationnisme fait partie du système
et le légitime.
Il accompagne la marchandisation et le capitalisme, imbriqué dans un
système marketing et publicitaire, lui-même au cour du capitalisme et
de son expansion.

Il ne s'agit pas de responsabiliser uniquement l'individu, ni de le
sur-responsabiliser dans son rôle de consommateur (c'est effectivement
ce que font certains très et trop bien...) mais d'agir sur les deux
niveaux, sans nier que nos comportements contribuent à l'emballement
du système et que l'esprit de l'entreprise a largement envahi la société.
C'est aussi je crois une question d'émancipation que de prendre
conscience de ce pouvoir et de cette responsabilité (socio-économique,
environnementale, culturelle) et de s'en servir - en convergence avec
la conscience et l'engagement politiques - pour agir en conséquence.
V.

Et en re-réponse j'ai écrit cela :

Rebonjour
Je poursuis ce débat au quotidien avec des ami(e)s qui sont impliqués dans
l'agriculture bio à différents degrés et même un qui est militant pour les
droits des animaux. Mes ami(e)s me disent plus ou moins ce que vous dites
(que je simplifie ou surtout que je fais dans le binaire).

Et je suis conscient qu'il y a de la variété parmi les
"anticonsommationnistes".

N'empêche que, regardant par exemple le salon "vivre autrement" et son
discours , je trouve qu'il pourrait peu parler aux smicards dans l'ensemble.
Egalement je m'inquiète que le discours "vous contribuez au problème" peut
aller dans les sens de l'idéologie dominante (c'est l'individu qui compte,
vous n'avez qu'à travailler plus pour gagner plus etc.

Peut-être ne suis-je qu'une dinosaure trotskyste :=(

Cordialement
John Mullen

Si d'autres veulent se joindre au débat, n'hésitez pas.

Des publications intéressantes

Comme nos lecteurs auront compris, moi-même et mes camarades de la revue Socialisme International avons l'intention d'aider à construire un nouveau parti de la gauche radicale. Et nous trouvons que l'initiative de la LCR est celle qui fait le plus d'echo, qui a le moins de défauts.

Le nouveau parti regroupera, on espère, beaucoup de courants. Et justement, deux petits courants en France qui viennent de la même tradition que nous s'y impliquent pleinement. Il s'agit du groupe autour de la Revue "Que Faire", qui se nommait avant "Socialisme par en bas", et du groupe autour du petit journal mensuel "Anticapitaliste".

L'existence de nos trois groupes est le résultat d'une scission en 1997 qui n'avait pas raison d'être, et nous continuons, régulièrement, à exprimer aux autres groupes une volonté de réunification.

Les deux groupes se sont récemment dotés de sites web

Vous trouverez ici la revue Que Faire
et ici le journal Anticapitaliste.

samedi 8 mars 2008

University bans services from recruiting on campus - Education News, Education - Independent.co.uk

University bans services from recruiting on campus - Education News, Education - Independent.co.uk

Dans la série "bonnes nouvelles" cet article, en anglais, explique que le syndicat étudiants à une université londonienne a réussi à interdire à l'armée le droit de faire des tables de recrutement à la fac. Ceci pour protester contre la guerre en Irak et en Afghanistan.

jeudi 6 mars 2008

Besancenot sur les municipales

Clique sur le lien ci-dessus pour lire le communiqué d'Olivier Besancenot, à quelques jours des élections municipales.

mercredi 5 mars 2008

Libé Toulouse: Olivier Besancenot à Toulouse: «ce gouvernement de brutes épaisses que l'on se tape»

Libé Toulouse: Olivier Besancenot à Toulouse: «ce gouvernement de brutes épaisses que l'on se tape»

Envoyez des militants aux conseils municipaux. Dans cet entretien, Olivier Besancenot vous dit pourquoi.

mardi 4 mars 2008

Aux élections municipales à Agen, votez pour "La voix des classes populaires"


Aux élections municipales à Agen, votez pour "La voix des classes populaires"

Suivez le lien ci-dessus pour le blog de la liste "Voix des classes populaires", où vous trouverez, entre autres choses, la video du meeting à Agen avec Alain Krivine et Jules Bambaggi.

Je suis allé, hier soir, à notre réunion publique à Donnefort, pour discuter avec quelques résidents du quartier sur les conditions de logement, les possibilités de trouver de l'emploi, le manque de transports publics etc. On a défendu notre approche que c'est seulement par les luttes qu'on peut gagner des améliorations significatives.

Tout le bilan de Veyret n'est pas négatif, loin de là. Mais ce qu'il faut ce sont des conseillers municipaux militants, qui pensent à comment mobiliser les gens, autant qu'à comment gérer un budget très limité...

Alors, votez pour nous!

Qui plus est, je vais pouvoir voter pour moi-même. Après 22 ans en France j'ai encore la nationalité britannique. Alors, lors de la plupart des élections je n'ai pas le droit de vote. (J'ai pourtant le droit de payer les impôts). Les municipales c'est l'exception - j'ai le droit de vote en tant qu'étranger blanc, pardon, européen, dans ce beau pays démocratique :=)

Appel de la Ligue communiste révolutionnaire

Portail de la Ligue communiste révolutionnaire

Appel de la LCR pour les élections municipales.

dimanche 2 mars 2008

Nouveau parti anticapitaliste


Portail de la Ligue communiste révolutionnaire

Le projet de la LCR de fonder avec d'autres un nouveau parti anticapitaliste rencontre une vraie echo dans un certain nombre de villes. Cet article de Rouge est un compte rendu d'une des réunions tenues à travers le pays.

Il faut que le nouveau parti s'ouvre à différents courants, pour qu'on puisse trouver l'unité dans les luttes économiques et politiques, et débat réel sur les perspectives de l'anticapitalisme.


Sur un thème parallèle, voici un extrait d'un article que mon ami Daniel a écrit pour le petit journal Anticapitaliste :

La gauche de transformation sociale peut être majoritaire

Avec ses centaines de collectifs, la campagne contre le projet de Constitution européenne avait rassemblé les volontés d’une alternative de gauche. Affaiblis par l’échec d’une candidature unitaire aux présidentielles, les 150 collectifs restant rassemblent les militants les plus unitaires. Ils se sont structurés durablement lors d’Assises et ont produit plusieurs textes essentiels : « nous voulons contribuer à construire une grande force politique nouvelle avec celles et ceux qui pensent qu’une autre façon de vivre ensemble est possible, qu’on peut vivre mieux sans forcément consommer plus, que la compétition et l’individualisme égoïste ne sont pas les seuls moyens de réussir sa vie. »

La synthèse des diverses approches dans la gauche antilibérale est passionnante. L’articulation du social et de l’écologique, sans dériver vers la constitution d’un courant supplémentaire, exige de dépasser le seul rassemblement de partis : l’objectif est la construction d’un « mouvement politique » tremplin pour « œuvrer au rassemblement de toute la gauche de transformation sociale et donc construire une force qui peut être majoritaire dans ce pays ». Le dépassement de la forme parti et la tentative de structurer une représentation de tous les collectifs jusqu’au sommet, complexes, correspondent à la construction d’une « tête de pont entre mouvements sociaux et formes politiques », pour « que le social, le culturel produisent du politique ».

Les collectifs, cette démarche de réappropriation de la politique, sont pour le moment dans une impasse stratégique. Sur leur droite, le PCF, en s’alliant souvent aux municipales au PS, voire au Modem dès 1er tour, ne représente plus un partenaire crédible. Sur leur gauche, la LCR construit autour de Besancenot un Nouveau Parti Anticapitaliste. Cette démarche, louable en 2002, suscite aujourd’hui une certaine méfiance. Son pouvoir d’attraction en fait une initiative incontournable. Mais sur le moyen terme, les collectifs constituent un outil pour construire ce rassemblement toujours nécessaire. D’autant plus en co-organisant en 2008 la préparation d’états généraux unitaires. Afin de construire un projet d’alternative pour la transformation sociale et la préservation de la planète.

Daniel Lartichaux.

samedi 1 mars 2008

Municipales à Agen - Alain Krivine en meeting


SUDOUEST.COM / Accueil / Lot et Garonne / Agenais

Dans Sud Ouest, un reportage sur notre réunion publique, et une photo de Krivine et plusieurs de nos candidat(e)s (est-ce que mes amis reconnaissent la femme dans la photo?).

La réunion était assez réussie. On espère que vous voterez pour nous, pour dire qu'il faut un combat sans relâche contre la politique de Sarkozy-MEDEF.

BELLACIAO - DISCRETION donc NEUTRALITE donc LAICITE - Christian DELARUE

BELLACIAO - DISCRETION donc NEUTRALITE donc LAICITE - Christian DELARUE

Le texte de M Delarue, secrétaire national du MRAP, que vous trouverez derrière ce lien, est très choquant. Dans un monde où la guerre en Irak et l’occupation de la Palestine signifient que les puissances impérialistes ont besoin de l’islamophobie, il ne suffit pas de demander que la haine des musulmans reste discrète. Il faut défendre les musulmans.

L’affichage des idées religieuses et la tentative de convaincre des gens que ses idées sont les meilleures (qu’elles soient marxistes, religieuses ou autres) est un droit fondamental. C’est en encourageant l’expression des idées , religieuses ou autres, qu’on peut avancer.

Que l’affichage des idées religieuses agacent certains, ce n’est pas grave. Les homos agacent certains quand ils ne font pas semblant d’être hétéros. Tous les groupes opprimés agacent ceux qui ont des préjugés à longueur de journée, et ils ont raison.

Par ailleurs, le positionnement de la gauche française en général au sujet de l’islamophobie est une honte, et dans ceci la gauche française se distingue de la quasi-totalité des gauches d’autres pays. Il y a de quoi réfléchir.

John Mullen http://johnmullenagen.blogspot.com/

The New Press - "The Essential Chomsky" by Noam Chomsky, Anthony Arnove


The New Press - "The Essential Chomsky" by Noam Chomsky, Anthony Arnove

Un ami américain, militant révolutionnaire de longue date, vient de sortir un recueil des écrits de Noam Chomsky (en anglais). Y figurent ses textes clé - sur les médias, sur l'impérialisme, sur le Moyen Orient. A ne pas manquer si vous lisez l'anglais.