jeudi 31 juillet 2008

Michel Warschawski envoie d'Israêl un message de soutien à Siné

Le voici :


Un message de Michael Warschawski (en Israël)

Je croyais, naivement, qu'elle etait bien derriere nous cette campagne
qui visait a fermer la gueule de ceux qu'on n'aime pas en les traitant
d'antisemites. Beaucoup en avaient fait leur fond de commerce, au
debut de ce millenaire, quand l'armee israelienne massacrait les
Palestiniens souleves contre l'occupation coloniale.

Moins de 70 ans apres la liberation des camps d'extermination,
l'accusation d'antisemitisme est certainement une des plus graves qui
soient, car elle est liee a un des pluis grands crimes de l'epoque
moderne. C'est bien pourquoi on ne doit l'utiliser a la legere. Encore
moins l'instrumentaliser pour regler des comptes personnels ou
politiques.

C'est pourtant ce que vient de faire, une fois de plus, Claude
Askolovitz, soutenu par le neo-conservateur Philippe Val, mediocre
caricature francaise de ses mentors d'outre-atlantique.

Je lis tres rarement Charlie Hebdo, et j'avoue que l'humour de Sine ne
me fait pas toujours rire. Dans mon enfance de Juif ne en France apres
l'occupation, a une epoque ou les valeurs des lumieres n'etaient pas
encore considerees comme depassees, j'ai appris le respect des
convictions d'autrui, politiques, philosophiques ou religieuses. Sine
n'a jamais puise ses opinions chez les philosophes, mais dans la
grande tradition anarchiste, mecreante et blasphematoire,
anti-religieuse autant qu'anti-clericale. Quiconque a un minimum
d'honnete reconnaitra que Sine vomit avec le meme degout cures,
rabbins et imams, et chie tout autant dans les synagogues que dans les
eglises, les temples ou les mosquees.

Sine est un modele d'anti-racisme qui, contrairement a beaucoup
d'autres, n'a pas une once de paternalisme ou de condescendance pour
les victimes de ces racismes, comme le montre ses caricatures
d'Africains, de travailleurs maghrebins ou de Juifs.

Que Philippe Val soit son procureur pour charge de racisme anti-juif
est un comble, lui qui publie dans Charlie des caricatures ouvertement
islamophobes, au nom de la liberte de critique mais licencie Sine pour
avoir repris une rumeur sur une eventuelle conversion au judaisme de
Sarkozy junior.

Sine est mon pote, comme il l'est de nombreux autres juifs, noirs,
arabes ou gaulois. Comme il l'a ete des combattants algeriens et du
peuple cubain. Tartuffes de tous bords, ne touchez pas a mon pote.

Bonnes vacances, si vous avez la chance de partir

42% des Français ne partent pas en vacances cet été
Laure Daussy (lefigaro.fr) avec L'Humanité
31/07/2008 | Mise à jour : 14:40 |
.
Leur nombre a significativement augmenté depuis 3 ans, surtout chez
les ouvriers. En cause : le pouvoir d'achat.

Face à la baisse de leur pouvoir d'achat, de plus en plus de Français
renoncent à partir en vacances. C'est le principal enseignement du
sondage Ifop pour l'Humanité, paru mercredi. Plus précisément, ils
sont 42% cette année à ne pas partir en juillet, ni en août, contre «
seulement » 32% en 2005.

Pour les sondeurs, il ne fait aucun doute que cette évolution est
directement liée à la baisse du pouvoir d'achat, puisque les départs
en vacances sont une « variable d'ajustement », sur laquelle les gens
en difficulté peuvent «rogner», explique Jérôme Fourquet, directeur
adjoint du département opinion et stratégies d'entreprises de l'Ifop.

Les catégories populaires sont les plus touchées. Si les employés sont
ceux qui partent le moins en vacances, de l'ordre de 47%, ce sont les
ouvriers qui connaissent l'évolution la plus spectaculaire. «La
proportion d'ouvriers ne partant pas en vacances a doublé en 4 ans
seulement», souligne Jérôme Fourquet. Ils étaient 20% à ne pas
profiter de leurs congés pour partir, en 2005, ils sont aujourd'hui
41%. « C'est très significatif de l'impact du pouvoir d'achat,
d'autant que l'été a toujours été une période phare pour les congés
des ouvriers, ils ont une plage de congé souvent imposée quand
l'entreprise ferme», explique-t-il. Chez les employés, à la question «
partez-vous plus de trois jours dans la période du 1er juillet au 31
août », ils étaient 34% à répondre non en 2005, ils sont donc 47%
cette année.

Mais le phénomène touche toutes la catégories socio-professionnelles.
La proportion de cadres ne partant pas en vacances en juillet-août a
aussi augmenté. Il est de l'ordre de 20% en 2008. Ils étaient
seulement 12% en 2005 à ne pas partir. Une chiffre à nuancer
cependant. «De nouvelles tendances de départ, en hors saison, chez les
cadres, peut influer sur ce chiffre, mais cela concerne peu de monde»
analyse Jérôme Fourquet.

Ces chiffres «prouvent que le pouvoir d'achat n'est pas un problème de
perception, c'est une réalité», souligne Jérôme Fourquet. A la
question «quel est le problème qui vous parait le plus important
aujourd'hui», c'est bien le pouvoir d'achat qui vient en tête selon ce
sondage de l'Ifop sur les «Français et le pouvoir d'achat». Ce thème a
détrôné celui de l'emploi à l'automne 2007 chez les ouvriers selon
l'Ifop. «Puis les catégories socio-professionnels supérieures les ont
rattrapé dans cette inquiétude au printemps 2008» explique Jérôme
Fourquet . Ainsi, toutes la catégories socio-professionnelles placent
maintenant le pouvoir d'achat en premier.

Cette baisse des départs en vacances risque bien d'avoir des
conséquences à long terme sur les professionnels du tourisme. « Les
villégiatures plus spécifiquement préemptées par les catégories
sociales populaires, comme le camping, vont souffrir de cette baisse
des départs des ouvriers», analyse Jérôme Fourquet. «Il va peut-être y
avoir un effet de dominos, certaines professions intermédiaires et
certains cadres se rabattant sur le camping par exemple, mais cela ne
rattrapera pas le manque à gagner dû aux ouvriers ». Les chiffres du
début de la saison touristique semblent lui donner raison.

Le sondage a été réalisé auprès d'un échantillon de 1000 personnes sur
« les Français et leur pouvoir d'achat ».

Oil crisis

Untitled Document

Encore un article pour ceux qui lisent l'anglais : une analyse marxiste de la crise petrolière, écrit par un militant révolutionnaire américain.

Italy’s communists shift left after defeat|2Aug08|Socialist Worker

Italy’s communists shift left after defeat|2Aug08|Socialist Worker

En anglais cet article sur le congrès de Rifundazione Comunista en Italie, congrès où la gauche du parti a marqué quelques points significatifs.

mercredi 30 juillet 2008

High Court backs girl barred from wearing bangle - Home News, UK - The Independent

High Court backs girl barred from wearing bangle - Home News, UK - The Independent

Cet article est en anglais. Une lycéenne sikh anglaise a réussi à faire reconnaître au tribunal son droit de porter un signe religieux ostensible à l'école - il s'agit d'un bracelet.

Un racisme sans race

Un racisme sans race

Dans cet article, Eric Fassin suggère, très très poliment, que le fait que Charlie Hebdo ait licencié Siné pour antisémitisme absolument pas démontré, alors qu'il y a peu, Charlie sabrait le champagne parce qu'il pouvait publier des caricatures de Mahomet sur le point de faire exploser sa tête d'arabe pourrait être un petit peu contradictoire....

Mais Fassin va dans le bon sens. Si on continue comme cela, il y aura un article dans Libération dénonçant l'islamophobie, d'ici dix ou douze ans :=)

mardi 29 juillet 2008

Ce qu'en pense Guy Bedos - de l'affaire Siné

Ce qu'en pense Guy Bedos - Médias & pouvoirs - NouvelObs.com

Quand Siné appelait la France à reconnaître son rôle dans la Shoah - Médias & pouvoirs - NouvelObs.com

Quand Siné appelait la France à reconnaître son rôle dans la Shoah - Médias & pouvoirs - NouvelObs.com

J'aime pas trop le travail de Siné, pas mon genre. Mais il est tout simplement pas antisémite. Suivez le lien.

lundi 28 juillet 2008

Islamophobia in the British media

Islamophobia in the British media


Cet article en anglais du World Socialist Website raconte l'islamophobie en Angleterre, notamment une série d'histoires anti-musulmans inventées par la presse tabloïde.

dimanche 27 juillet 2008

Che Guevara - un modèle pour les anticapitalistes ?

Enfin, notre brochure sur Che Guevara part à l'imprimerie. Vous pourrez acheter des exemplaires à 2 euros chaque (+ 50 centimes frais de livraison) en m'écrivant : John Mullen, 16 Rue Béranger 47000 Agen.

Vous pouvez également lire la brochure, en avant première, en suivant le lien ci-dessus.


Encore aujourd’hui, Ernesto “Che” Guevara a beaucoup pour attirer les anticapitalistes. Il apparaît tout d’abord, et même ses ennemis le reconnaissent, comme un homme intègre qui a tout sacrifié pour ses idées révolutionnaires. Comme celui qui a été au bout de lui-même pour lutter pour une cause qui lui apparaissait juste. Comme celui qui écrivit en 1965, dans sa lettre d’adieu à Fidel Castro : "Dans une révolution on triomphe ou on meurt".

Surtout, il est celui qui aurait pu finir sa vie comme un haut dignitaire à Cuba, mais n’a pas hésité à repartir sur le chemin de la guérilla au Congo puis en Bolivie. Il est celui qui a résisté aux compromissions auxquelles l’aurait inévitablement mené son appartenance au régime castriste. Sa mort a fait naître le mythe du "Che" car elle semble l’avoir lavé des échecs des régimes dits communistes et tout particulièrement de celui du gouvernement de Cuba.

Mais que pouvons-nous apprendre de l’expérience de Guevara pour se battre, au XXIème siècle, contre le capitalisme ?

La lutte des sans papiers en grève dans la région parisienne

résumè des gréves en cour sur paris et sa région
INFO UD SANS-PAPIERS N° 8 du 22 juillet 2008

DES PROTOCOLES D’ACCORD SIGNES, MAIS LA VIGILANCE S’IMPOSE

PAPA (restaurant 10ème )

Après 94 jours de grève, les 39 salariés du désormais mythique restaurant « Chez Papa » reprenaient le travail le 21 juillet.
37 salariés sont régularisés ; 2 algériens ne le sont toujours pas en raison de l’accord bilatéral qui a été signé entre la France et l’Algérie. L’employeur s’engage à agir pour leur régularisation.

Dans cette entreprise, plusieurs salariés embauchés en « extra » bénéficient maintenant d’un CDI. D’autres qui avaient été licenciés parce qu’ils étaient sans-papiers ont été réintégrés.

PIZZA MARZANO (restaurant 9ème)

A la suite de la signature d’un protocole d’accord, la grève commencée le 15 avril a pris fin le 20 juillet. Après trois jours de repos accordés par l’employeur, les salariés reprendront le travail le 24 juillet. Sur 10 salariés grévistes, 8 ont été régularisés. Le 9ème est convoqué le 23 juillet. Il semblerait que la préfecture ait égaré le dernier dossier ( !) Sa reconstitution est en cours.

CONGRES D’AUTEUIL (restaurant 16ème)

Sur 7 dossiers déposés, 3 régularisations sont effectives ; les quatre autres salariés devraient être convoqués dans les jours qui viennent à la Préfecture des Hauts de Seine. Un protocole d’accord a été signé et les salariés ont repris le travail.

LA GARE (restaurant 16ème)

Les 19 salariés du restaurant La Gare ont repris le travail le 3 juillet dernier, après la signature d’un protocole d’accord de fin de conflit (voir notre INFO UD N° 7). Parmi les 9 salariés qui avaient reçu une APS de un mois de la Préfecture des Hauts de Seine, 6 seraient susceptibles d’être frappés d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français).
Il est inadmissible que des salariés sans-papiers dont les dossiers ont été déposés en préfecture et qui satisfont aux critères pour une régularisation par le travail, se retrouvent face à une situation de détresse et, à nouveau, face à l’obligation de se cacher si ces OQTF venaient à leur être officiellement notifiées. Ils doivent être régularisés.

AL DIWAN (8ème)

Les salariés ont repris le travail. Un protocole d’accord a été signé le 5 juillet. L’employeur s’engage à ne procéder à aucun licenciement jusqu’à la fin de la procédure, à élaborer les dossiers des 8 salariés concernés et à les suivre.

DES REFERES, MAIS PAS D’EXPULSION

QUICK

13 salariés de trois entreprises de nettoyage (Eigen France, SARL Piloth et Althek), qui travaillent notamment pour les établissements QUICK, sont en grève et occupent le restaurant des Champs Elysées.
Après un premier référé d’expulsion demandé par l’employeur, une nouvelle audience a eu lieu le 17 juin sur le même motif. Non seulement l’expulsion n’aura pas lieu, mais la mission du médiateur a été prorogée et un nouveau rendez-vous judiciaire aura lieu le 29 juillet à 11 heures. Vous êtes invités à venir apporter votre soutien à nos camarades.
Les conditions d’emploi de ces treize salariés sont totalement en dehors de la légalité. Plusieurs travaillent « au noir », d’autres n’ont pas de contrat de travail ; ceux qui en ont un, sont déclarés à temps partiel, alors que beaucoup effectuent un nombre d’heures bien supérieur à la durée légale, voire 52 heures 30 par semaine !

De nombreuses autres irrégularités ont été constatées. Une demande de référé prud’homal a été déposé pour le paiement des heures supplémentaires, des heures de nuit et autres congés payés, ainsi que pour le paiement de dommages et intérêts. Au total, les sommes réclamées en justice s’élèvent pour l’ensemble des salariés à 634 360 euros. L’affaire sera plaidée très prochainement.

Jusqu’à présent et compte tenu de la faiblesse des rémunérations, la DDTE a refusé la régularisation de ces salariés
La CGT, avec les salariés, demande la requalification des contrats en CDI à temps plein.

CASTRO (nettoyage, 15ème)

A la demande de l’employeur, un nouveau référé d’expulsion a eu lieu le 17 juillet. Une conciliation aura lieu le 22 juillet entre l’avocat des salariés, celui de la direction et Olivier Villeret, pour l’Union départementale. Non seulement l’expulsion demandée n’aura pas lieu, mais le juge a insisté auprès de l’employeur pour que celui-ci remplisse les documents nécessaires à la régularisation des salariés : CERFA et engagement à payer la taxe ANAEM.

La grève a commencé le 25 mai et, malgré maintes sollicitations, le patron s’est toujours refusé à l’établissement de ces dossiers. Une nouvelle audience aura lieu le 24 juillet à 9 heures

DERNIERE MINUTE : un protocole d’accord est intervenu entre la CGT et l’employeur. Il engage ce dernier à produire, le 23 juillet au matin, les CERFA et à payer la taxe ANAEM. La CGT va tenter d’engager une procédure d’urgence pour la régularisation des salariés concernés.

source

http://cgtparis.fr

Je l'ai connu avant qu'il ne soit célèbre

MPs campaign to make Jack Straw prime minister - Times Online

Les journalistes du Times à Londres (suivez le lien) disent que Jack Straw a des chances de devenir premier ministre du Royaume Uni, maintenant que Gordon Brown est devenu si impopulaire. Alors Jack Straw je l'ai connu en 1978 à Blackburn en Angleterre. Il était candidat pour les élections législatives, j'étais membre du parti travailliste, alors il est venu nous parler. J'aimerais bien vous raconter une tragédie d'un jeune homme qui était plein d'idées progressistes, de fibre combatif, d'idéaux socialistes, qui, peu à peu sous la pression de l'establishment a abandonné ses idéaux de jeunesse pour devenir un des supporters les plus enthousiastes du bombardement de l'Irak, et un des islamophobes opportunistes de la gauche anglaise. Mais il n'en est rien - même en 1978 c'était un rat opportuniste sans idéaux! Désolé!

La pratique de l’excision au Mali Mémoire de Fin d’Etudes

La pratique de l’excision au Mali Mémoire de Fin d’Etudes

Un mémoire sur la pratique au Mali des mutilations génitales des filles, écrite par une jeune infirmière d'origine malienne qui habite en Suisse. Peut être parfois déprimant à lire, mais pour se battre contre une pratique, il vaut mieux bien la connaître. Suivez le lien.

vendredi 25 juillet 2008

Editions Syllepse - EPR : l'impasse nucléaire


Editions Syllepse - EPR : l'impasse nucléaire

Pour huit euros seulement! Ce nouveau livre sur l'énergie nucléaire en France- les dangers et les mensonges.

Nouveau livre de Eric Hobsbawm

Bookmarks, the Socialist Bookshop | Review Page

L'historien anglais Eric Hobsbawm a 90 ans et vient de publier son nouveau livre. Voici une présentation par Ian Birchall, un militant révolutionnaire anglais;

Raoul Marc Jennar sur le nouveau parti anticapitaliste

d'autres infos

C'est Anne, ma camarade de la LCR Agen, qui m'a dit que ce serait bien de mettre sur le blog un lien vers le discours de Raoul Marc Jennar fin juin concernant le nouveau parti anticapitaliste. Il explique pourquoi c'est le projet qui lui donne le plus d'espoir de voir surgir une alternative combative à gauche. Suivez le lien.

Lectures d'été (7) L'Impérialisme républicain

Impérialisme républicain

Où l'on découvre l'histoire de l'impérialisme français...

Les évêques anglicans défilent contre la pauvreté à Londres, Europe - NouvelObs.com

Les évêques anglicans défilent contre la pauvreté à Londres, Europe - NouvelObs.com

Quand les évêques ont raison!

mercredi 23 juillet 2008

Burqa nationalité et islamophobie suite

CCIF

Voici un article où sont interviewés des membres de la famille de la femme à qui on a refusé la nationalité française à cause de sa "pratique radicale d'une religion". On peut être sûr que l'essentiel des journaux de droite, de gauche ou d'extrême gauche ne publiera pas ces informations. L'islamophobie a de beaux jours devant lui!

Rouge Article

Rouge Article

lundi 21 juillet 2008

Lectures d'été (6) Le capitalisme au XXIème siècle

Le capitalisme au 21ème siècle 1

Revenons sur l'analyse de la nature de ce système si puissant.

L'Education Nationale - une fable

Voici une petite histoire qui circule sur les listes de discussion. Je remercierais bien l'auteur, mais je ne suis pas sûr qui c'est

Le petit Enzo en classe

La journée d'Enzo 3 septembre 2012.

Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP.
Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande.
Celle de Jean-Emilien,au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe.
Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame
de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort.Puis il expliquait mal.

Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas
dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître
toutes les dates des croisades.
On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait.

Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé
sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la
cantine.Il a commencé l'école l'an dernier, à 5 ans. L'école maternelle
n'est plus obligatoire,c'est un choix des mairies, et la mairie de son
village ne pouvait pas payer pour maintenir une école.
Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l'école à 3ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus,place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel.

Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie.
L'école privée en face a une vraie maternelle,mais seuls les riches y ont accès.Mais Brice a moins de mal, malgré tout,à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin qui doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aider son grand-père qui n'a presque pas de retraite.

Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son
ami Saïd est parti,son père a été expulsé le lendemain du jour où le
directeur (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais.
Enzo n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.....

Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin
de lunettes.Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer
l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens.L'an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt et rentrer plus tard. L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d'enseignant. Ils seront 36 par classe. Que des garçons.Les filles sont dans une autre école.

Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou,comme son grand frère Théo,en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur. Mais sa mère dit qu'il n'y a plus de travail, que ça ne sert à rien.
Le père d'Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est partie là-bas.
Il ne l'a pas vu depuis des mois.
La délocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la
vieille dame disait hier que c'est très bien, la mondialisation, que ça
apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !

Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman.
Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l'école,
dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été
renvoyé,car il avait fait grève. On dit que c'était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.
Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est pas payée. Elle dit:« A 28 ans et un bac +5,servir des bières le soir et faire la classe la journée, c'est épuisant. » Surtout qu'elle dort dans le salon chez Enzo,elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbé
Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par coeur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques.
Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien.

Enzo se demande pourquoi il est là ?
Pourquoi Saïd a dû partir ?
Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit ?
Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail ?
Pourquoi ils sont si nombreux en classe ?
Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année ?
Pourquoi il devra prendre le bus ?
Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages ?
Pourquoi on le punit ainsi ?
Pourquoi il n'a pas de lunettes ?
Pourquoi il a faim ?

dimanche 20 juillet 2008

Marxism 2008

YouTube - Broadcast Yourself.

Sur youtube, si vous suivez le lien, vous pouvez visionner quelques extraits de Marxism 2008, université d'été du Socialist Workers Party anglais, évènement qui a eu lieu début juillet à Londres.

vendredi 18 juillet 2008

Whose responsibility? | SocialistWorker.org

Whose responsibility? | SocialistWorker.org
En anglais, des analyses précieuses de la politique de Barak Obama, candidat démocrate aux présidentielles américaines. Suivez le lien.

La municipalité de droite à Agen

Mauvaise surprise pendant l'été - nous venons de recevoir une lettre de la municipalité de droite nouvellement élue. Le prix d'un repas à l'école de ma fille passe de 3,65 euros à 4,30 euros. Une petite augmentation de 20%!

Entre temps, la nouvelle municipalité abandonne le projet de construire des appartements pour personnes âgées en centre-ville, et préfère trouver des places supplémentaires bien loin du centre ville. Justement ce sont les personnes âgées qui ont le plus besoin d'être en centre ville près des magasins.

Ce ne sont là que deux exemples de la politique de notre nouveau maire sarkozyste. Dure dure la vie pour les agenais.

Voyagez tout en restant à la maison

Pour rendre plus agréable le ménage, j'écoute les MP3 des meetings de l'université d'été de Socialist Alternative, organisation révolutionnaire australienne pleine d'énergie et de bonnes analyses. Ainsi la grève générale de 1917 en Australie, la révolte des aborigènes de Palm Island en 1957 n'ont plus de mystère pour moi !

Découvrez leur revue mensuelle, si vous lisez l'anglais. Suivez le lien.

La pauvreté touchait 13,2% des Français en 2006, Société - NouvelObs.com

La pauvreté touchait 13,2% des Français en 2006, Société - NouvelObs.com

Ils vont être contents, les pauvres, de savoir qu'ils habitent un pays riche!

jeudi 17 juillet 2008

Burqa et nationalité - suite

quelques essais pour mémoire » Archive du blog » La Nation toute nue

Je recommande ce texte assez long de Laurent Lévy au sujet de la marocaine qui n'a pas pu avoir la nationalité française à cause d'une "pratique radicale de la religion". Il relève toute une série de contradictions et de saloperies dans le jugement.

Aucun licenciement à Marty!


Je reviens de la gare, où nous avons diffusé un tract du comité pour un nouveau parti anticapitaliste concernant le plan de licenciements à l'usine de Marty, pas loin de Fumel. Tract que voici :

SE RASSEMBLER, S'UNIR, SE BATTRE
POUR QU'IL N'Y AIT
AUCUN LICENCIEMENT A MARTY


Tout le monde le sentait venir : jeudi, le tribunal de Commerce de Villeneuve a mis l'usine des parquets Marty de Cuzorn en redressement judiciaire avec, à la clé, 200 suppressions d'emplois effectives avant la fin de l'été 170 licenciements et 30 démissions.

Comment en est-on arrivé là ?

* Il faut d'abord dire que, jusqu'en 2007, Marty dégageait des profits supérieurs à 10 %.
* Entre 2003 et 2008, des fonds d'investissement ont racheté l'usine en LBO, c'est-à-dire que c'est l'usine et non l'acheteur qui doit rembourser la dette de l'achat.
* Du jour au lendemain, l'usine a dû supporter des remboursements représentant 42 % des sommes dégagées !
* La quasi-faillite du dernier propriétaire a amené les banques prêteuses à reprendre directement la main pour récupérer le plus possible de l'argent de la dette.

En cinq ans, les montants générés par Marty ont été détournés de l'usine vers les banques sans aucun investissement dans l'usine.

Et ça continue !
La direction de l'usine a été mise en place par les banques pour accélérer le pompage des fonds tant qu'il était encore temps.

* Une partie significative des parquets n'est plus vendue par l'usine mais vendue, à prix coûtant, à des filiales intermédiaires qui réalisent les bénéfices pour les faire remonter aux banques.
* Les banques ont alourdi de 7 millions d'euros la dette de l'usine pour servir des dividendes aux actionnaires, c'est-à-dire à elles-mêmes.
* Elles ont utilisé la concurrence des produits d'importation dits « bas de gamme » pour prétendre qu'il y avait effondrement du marché ce qui est complètement faux.
* Cela leur a permis d'organiser la baisse du chiffre d'affaires pour justifier la situation actuelle et préparer les licenciements.

La direction prétend que 200 licenciements permettront d'en éviter 500

C'est un mensonge !

* Pour les banques, 200 suppressions d'emplois, ça servira à intensifier le travail des 300 qui resteront, afin de revaloriser l'usine pour mieux la vendre dans quelques mois. Et l'argent de la vente sera piqué par les banques, c'est justement le but du jeu et c'est à cela que travaille la direction.
* A qui l'usine sera-t-elle vendue ? A un margoulin quelconque dont le but sera de continuer le pillage et rien ne garantit qu'il ne mettra pas la clé sous la porte.

200 licenciements aujourd'hui, c'est peut-être la fin de l'usine dans quelques mois

D'autant plus que la production, pour un patron, ne vaut plus la peine en dessous d'un certain seuil. Avec 200 travailleurs en moins, les conditions de travail se dégraderaient considérablement, les délais ne pourraient plus être respectés, des marchés se perdraient : toute la logique du système capitaliste se déploierait pour en arriver à ce qui pourrait alors devenir inéluctable : la fermeture de l'usine !



Que peut-on faire ?
Qu'est-ce qu'il ne faut surtout pas faire ?

* Toute proposition de « plan social », de « reclassements » est une escroquerie : il n'y a pas de reclassements possibles dans le bassin ! Bien au contraire, il faudrait y développer l'emploi !
* La seule issue est de refuser tout licenciement.

Les travailleurs n'ont pas à faire les frais des requins capitalistes, des prédateurs de la finance.
* Il y a des besoins, le marché existe
* Il y a des capacités de production.

Ce que nous devons exiger, c'est zéro licenciement à Marty. Et cela concerne tous les travailleurs des autres entreprises : Marty aujourd'hui, c'est peut-être UPSA, Creuzet ou Pampryl demain. C'est clair dans le sens de la fermeture. Mais c'est aussi vrai dans l'autre sens : si les travailleurs réussissent à mettre en échec la fermeture programmée de Marty, c'est encore l'assurance la plus solide pour tous les autres travailleurs ! Voilà en quoi tous les travailleurs sont concernés !

Le tribunal de Commerce et la direction représentant les banques ont le culot d'imposer 200 licenciements sans même se donner la peine de présenter le moindre projet pour péréniser l'emploi. Ils veulent carrément un chèque en blanc !

Ce chèque en blanc, nous le leur refusons. Et nous exigeons de pouvoir tout contrôler : tous les comptes, ceux de l'entreprise, mais aussi tous les comptes en banques des propriétaires successifs, l'utilisation qui a été faite des profits réalisés jusqu'à maintenant.

Il faut donc un débat public sur l'ensemble des questions concernant l'emploi des 500 salariés et de l'avenir de l'entreprise.

Se battre pour obtenir zéro licenciement à Marty nécessitera une lutte peut-être dure, peut-être longue, mais elle est possible et les travailleurs peuvent la gagner !

mercredi 16 juillet 2008

Encore sur la décroissance

Je vous livre ci-dessous la réaction de mon ami Jean-Marc, parce qu'il écrit mieux que moi (le salaud):=)

Il écrit sur le "développement durable" proposé par les capitalistes, et la "décroissance" proposée par une partie des altermondialistes :


Ce sont deux églises pour un même faisceau de croyances, qui apportent
l'illusion de solutions simplistes (l'opium du peuple) à des
conséquences, sans ouvrir sur la réflexion et l'action collectives sur
les causes.

...

Je dis un faisceau de croyances, parce qu'il me semble que ce que tu [David]
appelles « décroissance » est un amalgame d'idées hétéroclites, mais
pas un corps théorique construit. Cela dit, cet amalgame peut faire,
dangereusement, doctrine. Dangereusement, parce que la doctrine est
toujours celle de qui l'édicte et l'impose.

Tu connais cela, n'est-ce pas, Diderot, Jacques le fataliste :

Jacques — Eh bien ! monsieur ?

Le Maître — Eh bien ! rien n'est plus sûr que tu es inspiré : est-ce
de Dieu, est-ce du diable ? Je l'ignore. Jacques ami, je crains que
vous n'ayez le diable au corps.

Jacques — Et pourquoi le diable ?

Le Maître — C'est que vous faîtes des prodiges, et que votre doctrine
est fort suspecte.

Jacques — Et qu'est-ce qu'il y a de commun entre la doctrine que l'on
professe et les prodiges qu'on opère ?

Le Maître — Je vois que vous n'avez pas lu dom La Taste. [ Louis
Bernard de la Taste était un théologien (1692-1754)]

Jacques — Et ce dom La Taste que je n'ai pas lu, que dit-il ?

Le Maître — Il dit que Dieu et le diable font également des miracles.

Jacques — Et comment distingue-t-on les miracles de Dieu des miracles
du diable ?

Le Maître — Par la doctrine. Si la doctrine est bonne, les miracles
sont de Dieu ; si elle est mauvaise, les miracles sont du diable.

Ici Jacques se mit à siffler, puis il ajouta : — Et qu'est-ce qui
m'apprendra à moi, pauvre ignorant, si la doctrine du faiseur de
miracles est bonne ou mauvaise ? [...]

==

C'est bien quand on reste dans les généralités, mais dis-nous ton
programme : qu'est-ce qu'on retire de la consommation, comment ?
Qu'est-ce qu'on rationne, selon quels ratios ? etc.

Je crois, qu'une des grandes erreurs du socialisme, est d'avoir imposé
une doctrine de consommation anticapitaliste, tout en imitant le
capitalisme.

La question est « qui décide alors de quoi ? »

Ce qui ne me plaît pas dans cette idée de « décroissance », est
qu'elle valide l'idée capitaliste de « croissance », comme le pile
valide le face de la pièce de monnaie. C'est à dire, que l'idée de
«décroissance », fait sienne les valeurs du capitalisme.
D'ailleurs ton argument « tout le monde ne peut pas rouler en 4× 4
», est exemplaire. Il existe dans une autre version que j'ai souvent
entendue : « on ne peut pas imaginer que tous les Africains
roulent en voiture ». Ne peux-tu pas imaginer qu'il y ait d'autres
aspirations humaines ?

Ce qui ne me plaît pas en second lieu, et que cette poly-doctrine de
décroissance, fonctionne sur les valeurs des religions du Livre, et
non pas comme une pensée rationnelle. La peur du jugement dernier
(fin dramatique du monde, ou déluge ?). C'est pour cela que je cite
Diderot qui, dans ses « Fragments philosophiques », fait une critique
imparable de ces religions, basées sur la peur, la faute, le
repentir. Nous avons vécu nos plus beaux jours, il faut changer
maintenant (d'accord la fable de La Fontaine), mais c'est aussi
qu'on est chassé du Paradis après avoir croqué dans la pomme de la
connaissance. Donc, je l'ai déjà écrit, on peut racheter nos
fautes par de bonnes actions. Les bonnes actions, c'est aussi donner
le bon exemple. Commençons par nous bien conduire, etc. Le discours
de l'exemplarité, de la conscience de l'être comme être, est tout
construit, il n'y a qu'à se servir.

Or, comme Marx le remarque, dès le début du Capital : le monde
apparaît à nous comme une accumulation de marchandises, mais la
surproduction, la suraccumulation de marchandises (pour contrer la
baisse tendancielle du taux de profit, problème entier dans la
rémunération spéculative d'aujourd'hui) entraînent les crises et
les guerres, dont l'effet bénéfique est de détruire massivement des
biens matériels, c'est-à-dire d'assainir la machine, qui peut
repartir, et accumuler de nouveau.

Je pense donc, que plutôt opposer « décroissance » à la notion de «
croissance » capitaliste, par qu'en cela elle ne peut être que «
décroissance capitaliste », est de discuter cette notion, de lui
opposer une notion plus saine, plus moderne, plus collectivement
satisfaisante d'une autre croissance, qui place l'humain au centre
de tout, à la place occupée aujourd'hui, par la marchandise et le
profit financier.

Ce travail de théorisation (du bonheur collectif) existe depuis (au
moins à ma connaissance, mais pourquoi pas y inclure Hobes au XVIIe ?)
le XVIIIe Siècle des lumières, en passant par les socialistes et XIXe
, dont Marx, et les utopistes.

Mais, cette idée de «décroissance », liée à la nature, contre les
productions matérielles, contre la ville, l'urbanisation, l'usine, le
travail, etc., est aussi une très très vieille chose, avec, en place
d'honneur, les idées malthusiennes.

Tout aussi géniaux qu'il le furent, les penseurs de la Grèce antique,
Aristote en tête, méprisaient le travail, simple exécution. Le travail
est dévolu aux esclaves, puis, au Moyen-âge, aux simples, au peuple,
sous l'ancien régime, jusqu'aux préventions qui collent à l'idée
d'ouvrier, de classe ouvrière, encore aujourd'hui.

Les riches romains établissaient leurs Villas en dehors des villes
(mais la ville triomphe de la campagne à la renaissance). Car la ville
est aussi le symbole du travail, de la perversion, de l'alcoolisme, de
la criminalité, exactement comme on parle aujourd'hui des « cités ».
C'est le grand mythe pastoral américain, des étendues infinies et du
fermier travailleur, sain, qui ne fréquente pas les bars de la ville.
Même un révolutionnaire comme Jack London, au XIXe siècle, s'y laisse
prendre.

On peut s'étendre infiniment sur cette question qui appartient en
grande part à nos fantasmes et constructions symboliques. Les rêveries
à la campagne de Jean-Jacques Rousseau, à la fermette de
Marie-Antoinette.

L'immense mouvement architectural et artistique qu'on nomme (entre
autre) « art moderne », est né dans un de ces mouvements antiurbain
et pro nature.

Si tu penses [David] que la grande aspiration de l'humanité est d'avoir un
4×4, de manger au McDo, de porter des « Nike », alors je pense que le
mieux est de te retirer dans un monastère et, en sauvant ton âme,
tenter de sauver celles des simples, car il n'y a, dans ces
conditions, rien à faire, ou rien d'autre à faire, quand on croit.

D'un autre côté, on peut mettre en avant, que ce sont la des
aspirations de pauvres, comme la mal-bouffe et l'obésité sont un
comportement et une maladie de la misère. Les produits frais sont
chers, et il faut une culture sociale, du temps, pour les préparer
(faire la cuisine).

Je pense que les aspirations de la majorité de nos concitoyens, ont
des soucis pécuniaires qui ne se résument pas à se payer une grosse
voiture (ce qui est aussi, souvent, une marque de détresse), et que
leur aspiration à mieux vivre, serait plutôt de passer moins d'heures
au travail, avoir un emploi intéressant et gratifiant, avoir du temps
pour se cultiver faire du sport, faire la cuisine, ne rien faire,
justement, avoir une vie sociale plus riche...

Il y a de la place et du grain à moudre pour définir une croissance
post capitaliste.

jmw

Décroissance - une échange de points de vue

Il faut débattre de la décroissance. Au sein du processus de construction d'un nouveau parti anticapitaliste, il y en a qui pensent qu'il faut promouvoir la décroissance. Voici une échange de points de vue sur la question :

Un militant, David écrit sur une liste de discussion le suivant concernant a décroissance.

Le débat sur l'écologie c'est pas ""quel développement durable ?" mais "développement durable ou décroissance ?".
Le développement durable c'est la réponse capitaliste : achetez, consommez, produisez toujours plus, de produits "verts" mais ne changez rien à votre mode de vie, basé sur le "toujours plus".

La décroissance réfléchit sur "quel mode de vie pour les 6-7 bientot 10-15 milliards" de personnes sur la terre. Ca ne peut pas etre le mode vie des américains ou européens moyens (en gros nous). Il faut donc changer et pas que de propriétaires de moyens de productions. Qu'on pollue une planète capitaliste ou communiste ne change pas grand chose. Un militant de LO avec qui je discutais et pour qui la décroissance n'était qu'une "réaction parmi d'autres" a avoué que "si on pollue trop cette planète on ira vivre sur une autre...". Faut dire qu'il croyait que les ogm était une réponse à la faim dans le monde...

Nike, Mc Do et les autres ne sont puissants que parce qu'on consomme leurs merdes. Il ne faut donc pas snober l'action individuelle de "consommer moins et autrement". Tout en agissant politiquement, collectivement. Ce n'est pas contradictoire, juste deux terrains différents, pourquoi en délaisser un ? Les décroissants font aussi de la politique, présentent des listes, s'associent avec la lcr ou les collectifs unitaires pour changer les choses.

Attention à ne pas voir se mouvement comme voulant rendre les pauvres encore plus pauvres... Il s'agit de hierarchiser : d'abord, évidemment, les plus riches parce que ce sont eux qui polluent le plus.

Mais il faut aussi s'attaquer à nos imaginaires, désirs... qui sont manipulés par les "productivistes" de gauche et de droite.

Et revenir aux propositions de 68 : "on arrête tout et on réflechit", "plus de liens, moins de biens"... l'époque ou l'on remettait vraiment en cause la société de consommation...


J'ai répondu :

Le centre de l'idée de la décroissance est de "vivre differemment". Mais il y a une erreur de perspective. Du point de vue du capitaliste, construire un hôpital ou des missiles nucléaires, si on peut faire du profit, c'est la même chose. Du point de vue du partisan de la décroissance (un être bien plus sympathique), produire un million de des machines à laver supplémentaires ou cent chars supplémentaires c'est la même chose, c'est de la croissance.

Mais du point de vue d ela qualité de nos vies, ce n'est pas du tout la même chose. L'objectif juste ne peut pas être en soi de produire de moins en moins, mais de subordonner la production aux besoins humains. D'où l'importance d'enlever le pouvoir aux milliardaires et organiser l'économie de façon démocratique. Est-ce que, quand il y a aura un contrôle démocratique sur l'économie, nos milliards de compatriotes d ela terre décideront de continuer à bousiller la planète de la même façon qu'avant? Je ne crois pas.

John Mullen



Par la suite, ce débat nous amène également à demander "c'est quoi le communisme?" Car si le copain dit "polluer une planète capitaliste ou communiste, c'est la même chose" c'est bien qu'il considère que le communisme n'est PAS le contrôle démocratique de l'économie par la population (ou qu'il pense que la population est idiote, ce que je ne crois pas).

Cette difficulté vient du fait que ce qu'on appelait "communisme" dan le Bloc de l'Est était en fait la domination et le contrôle d'une économie industrielle dans les intérêts d'une toute petite élite qui cherchait à dégager des richesses pour les armements, pour la répression, pour le style d evie des riches. Cela ressemblait terriblement au capitalisme. Il s'agissait, à mon humble avis, d'un capitalisme d'Etat.

Fadela Amara: le voile et la burqa, «c'est la même chose» sur 20Minutes.fr

Fadela Amara: le voile et la burqa, «c'est la même chose» sur 20Minutes.fr

La droite, la gauche, on connaît, on comprend cela. Mais les militants de droite ou de gauche ont souvent un discours un petit peu cohérent. Tandis que Fadela Amara maintient 1) que le voile et le Burqa c'est la même chose et 2) "Je ne parle pas de nos mères mais des filles nées en France."

Pour la 1) c'est une ânerie évidente. Si c'était la même chose, il y aurait des milliers de femme en France qui porterait un foulard les mardi et les jeudi, et un burqa les autres jours, selon leur humeur. Il faut comprendre que Amara voudrait interdire la nationalité française à toute femme qui porte même un foulard?

Pour la 2) c'est intéressant. Elle semble admettre du bout des lèvres que le sens du voile dépend de la personne, de la culture, de la psychologie, de l'expérience personnelle! Tandis que depuis des années elle nous répète que la raison que donne la femme qui porte le voile n'a aucune importance et n'est d'aucun intérêt.

Il est rare de voir un tel niveau de bêtise.

mardi 15 juillet 2008

Développement durable et action citoyenne - une nouvelle religion?

Mon ami Jean Marc a écrit le commentaire suivant, concernant les débats "développement durables" organisés par la Bibliothèque Nationale de France. Mais ses commentaires mettent en lumière un problème beaucoup plus large de moralisme écologique. Changer sa vie quotidienne ou changer le monde - il faut choisir!

Voici ce qu'écrit Jean Marc et ensuite le programme de débats en question

Intéressant le programme de ces débats. Le développement durable se
réduit à une morale normative. Une nouvelle religion avec la bonne
action qui dessine en creux la mauvaise. C'est à dire qu'être citoyen,
comme religieux, se réduit à une conduite dogmatique et à des gestes
sacralisés. On peut se faire plaisir, pourquoi pas, mais des petits
jardin en ville, de l'herbe folle plutôt que du gazon bien taillé,
c'est bien, c'est dans une esthétique du temps qui peut ne pas devenir
nécessairement une croyance.

Les les enjeux du développement harmonieux de la planète, sont avant
tout politiques ; ils passent, non par par par la dévalorisation du
citoyen fondamentalement pollueur (comme i lest pour les croyances
du Livre, menacé par le diable), mais au contraire par la
revalorisation de la personne humaine, et ça, par un autre système
économique et politique, c'est à dire par le remplacement du
libéralisme, par un système qui place le bien être de la personne
avant toute chose, et surtout avant le profit financier.

Le respect de l'environnement ne peut avoir de sens que par le respect
de la personne. Sinon, on lui demande de s'adapter, d'accepter par des
gestes qui sauveront son âme, mais ne changeront rien d'un iota aux
injustices et pillages de la planète..

Le petit jardin en ville, les achats marginaux, directement à la
ferme, etc., ne sont pas des réponses à la gabegie du capitalisme,
mais des adaptations symboliques.

jmw


les rendez-vous d’été à la BnF : débats du mardi
s’interroger sur les pratiques citoyennes, autour du développement
durable.

Cycle de débats tous les mardis, sur les dimensions citoyennes du
développement durable. Alors que s’élabore, dans le quartier
Paris-Rive Gauche, une réflexion entre différents acteurs sociaux pour
inventer un quartier qui intègre la dimension du développement
durable, ces débats sont l’occasion de présenter diverses expériences
susceptibles de faire réfléchir et avancer

8 juillet des lieux conviviaux intégrant les dimensions du
développement durable
Comment inventer des lieux de rencontres et des pratiques culturelles
dans les quartiers, qui recréent du lien social ?
avec Muriel Rochut, Le Moulin à Café, café associatif du 14e
arrondissement et Laura Scot, Petit bain

15 juillet donner à voir la réalité de la dimension citoyenne du
développement durable
De multiples associations investissent le champ du développement
durable, en développant des pratiques citoyennes solidaires,
respectueuses de l’environnement. Ces actions sont relayées par des
lieux de rencontres dans les quartiers, qui font de cette question une
de leurs priorités, comme le Centre d’animation Baudricourt. Comment
se nouent au quotidien des relations entre ces associations et les
habitants d’un quartier ?
avec Jean-François Pellissier, responsable associatif et Françoise
Casez, Centre d’animation Baudricourt

22 juillet lorsque se croisent jardiniers et nouvelles technologies
L’association « Les Jardins numériques » favorise des pratiques
d’accès pour tous aux nouvelles technologies, en développant des
espaces numériques de convivialité et d’échanges, comme un portail des
jardins d’insertion et des jardins partagés
avec Joseph Han, Pierre Bissery, Les Jardins numériques et Yan
Vandeputte, espace numérique du centre social Relais 51

29 juillet le Jardin lieu de croisement entre les cultures
L’association « Par ce qu’on sème » a invité la communauté asiatique
du 13e arrondissement à faire connaître les façons de jardiner de son
continent d’origine. Si l’art du jardin est un art majeur en Chine,
c’est aussi un « art de vie ». Sans doute la communauté asiatique du
13e arrondissement a-t-elle beaucoup à apprendre aux urbains
d’aujourd’hui
avec Béatrice Sculier, Par ce qu’on sème

5 août le commerce équitable, facteur de développement durable
Face à l’omnipotence d’une économie basée sur le profit de grands
groupes financiers, s’inventent de nouveaux circuits qui visent à
améliorer la situation des petits producteurs des pays en voie de
développement, en créant des filières qui rapprochent producteurs et
consommateurs, et en produisant une agriculture respectueuse de
l’environnement. L’association « Artisans du monde » présentera les
campagnes qu’elle mène pour arriver à mettre en oeuvre un commerce
plus équitable
avec Jean-Claude Asselin, Artisans du Monde

12 août agir local, penser global
Préserver un mode de développement respectueux de l’environnement,
utiliser les technologies douces pour aider les populations privées
d’électricité... De nouvelles ONG intègrent le développement durable
dans leur mode d’action, telle l’association « BlueEnergy » pendant
que d’autres associations, comme le CCFD (Comité Catholique contre la
Faim et pour le Développement) interviennent depuis longtemps pour
soutenir des projets de développement humain portés par les intéressés
eux même. Comment la dimension du développement durable est-elle
intégrée aujourd’hui dans l’action des ONG ?
avec François Cochemé, BlueEnergy et Claudio Bardes, CCFD

19 août jardins partagés, nouveaux espaces urbains
Les jardins partagés deviennent tous les jours une réalité qui
s’impose dans l’univers des villes. Déjà des dizaines jardins à Paris,
mais aussi à Nantes, Bordeaux, Montpellier... Dans ces jardins se
croisent les générations, celles qui ont encore un souvenir de leurs
racines rurales, comme celles qui n’ont jamais connu que la réalité du
bitume. Laurence Baudelet, auteure de « Jardins partagés - Utopie,
écologie, conseils pratiques » viendra parler du mouvement des jardins
partagés, et dialoguera avec des représentants d’autres jardins
avec Laurence Baudelet et Marie-France Banvard, et Renée-Claude Fitte,
Jardin partagé des Mots et Merveilles

26 août consommer autrement ?
Les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne)
proposent un nouvel engagement entre les agriculteurs et les
consommateurs. Aujourd’hui les AMAP se développent partout, même à la
BnF… Quelle est la réalité du mouvement des AMAP en Ile-de-France ?
Leur création peut-elle favoriser le développement d’une agriculture
et de modes de consommation respectueux de l’environnement ?
avec Jérôme Dehondt, AMAP Ile de France, Michaël Thevenin, AMAP BnF et
Sophie Chapelle, journaliste à La Baleine, revue des amis de la terre,
animatrice du débat

débats ouverts à tous, tous les mardis, entre 12h30 et 14h, site
François-Mitterrand /hall Ouest, sans inscription préalable
.

John Molyneux : Pas seulement un opium : marxisme et religion

John Molyneux : Pas seulement un opium : marxisme et religion

Merci à Monade qui m'a signalé que le texte a déjà été traduit en français. On peut le trouver sur le site de la revue "Que faire" en suivant le lien.

Les filles voilées parlent

« Marianne, ta tenue n'est pas laïque ! », À propos du recueil Les filles voilées parlent

Une présentation du livre "Les filles voilées parlent" par Mona Chollet, livre auquel j'étais (modestement) associé.

International Socialism: More than opium: Marxism and religion


International Socialism: More than opium: Marxism and religion

Ce très long article en anglais revient en détail sur l'approche marxiste à la religion. Il explique que, puisque l'islamophobie est devenue une des excuses principales pour la guerre impérialiste en Afghanistan et en Irak, il est crucial d'avoir une théorie claire et précise du rôle de la religion dans le monde moderne. Le texte est écrit par John Molyneux du Socialist Workers Party anglais

Si quelqu'un voudrait bien le traduire en français, contactez-moi!

Violences contre le s femmes

Rouge Article

Entre temps les députés s'émeuvent relativement peu de la violence faite contre les femmes. Cet article de l'hebdomadaire de la LCR cite des chiffres précis. 45 000 femmes sont passées par le commissariat pour dénoncer la violence de leur compagnon. C'est sans compter celles qui n'ont pas osé...

Et l'argent pour des logements- refuges pour ces femmes? Au parlement, on n'en parle pas!

Burqa nationalité et islamophobie

Le refus d'accorder la nationalité à une Marocaine portant une burqa réjouit gauche et droite - Société - Le Monde.fr

Le lien vous envoie vers un article du Monde où des responsables de droite et du PS se félicite du refus de la nationalité française à une femme qui porte le burqa. On ne risque pas de voir l'extrême gauche dire autre chose.

Là où les députés depuis des années n'ont aucune envie de proposer une loi-cadre contre les violences faites contre les femmes, voilà qu'un député de droite propose une loi pour interdire le port du burqa dans la rue en France.

Les arguments utilisés pour interdire la nationalité mélange défense des droits des femmes, et supposé danger terroriste.

Alors on va libérer cette femme en lui refusant la nationalité française! Tout comme on a déclaré (droite et gauche unie) qu'il était essentiel de bombarder l'Afghanistan, pour défendre les droits des femmes. Toute étude sérieuse montre que l'effet a été l'inverse même.

Surtout une dénonciation bruyante et publique des femmes qui portent le burqa a l'avantage de plaire aux électeurs qui ont envie d'exprimer leur haine des musulmans.

Il me semble que le fait de devoir couvrir le visage est dommageable à la personne concernée, contrairement au fait de couvrir les cheveux, qui n'a aucune importance. L'essentiel est que ce soit la femme qui décide. En France il y a très peu de burqa, la quasi-totalité étant des immigrées récentes. Cela n'avancera en rien les droits de ces femmes le fait de leur refuser la nationalité; et cela pourrait très bien constituer un premier pas vers d'autres exclusions.

lundi 14 juillet 2008

Lectures d'été (5) La Russie

4- Le capitalisme d'État

Tous les anticapitalistes sont obligés, tôt ou tard, de former une opinion claire sur les raisons de la défaite terrible de la Révolution russe - le pays où, de l'avis général à l'époque, les travailleurs ont pris le pouvoir de l'Etat, et qui a vu monter une dictature des plus sanglantes, qui conservait le vocabulaire du communisme tout en trahissant chacune de ses valeurs.

Si nous ne savons pas expliquer cet échec, comment motiver des millions de gens pour renverser le capitalisme.

Voici une explication pédagogique de notre position sur la question. Vingt ans après la révolution russe de 1917, il restait très exactement zéro pour cent de communisme en Russie.

A lire sur l'islam et la gauche


Une de mes camarades, Catherine Samary, qui s'est toujours opposée fermement à l'islamophobie, m'envoit cette recommandation :

Je vous incite réellement à acheter (5 euros), lire et faire lire la " Revue internationale des Livres et des idées" de juillet-août que l'on trouve en kiosque.
Avec des articles qui vous intéresseront, notamment :
- Bien sûr : - "Les filles voilées peuvent-elles parler ?" de Christophe Montaucieux - à propos (et en soutien) du livre "Les filles voilées parlent" fait par le CEPT
Mais aussi :
- Enzo Traverso "messianisme, orientalisme et holocauste - un bilan historique du sionisme ;
- "Bons" et "mauvais" musulmans -... remarquable interview de Mahmood Mamdani (La CIA et la fabrioque du terrorisme islamiste)
- "La femme musulmane- le pouvoir des images et le danger de la pitié" de Lila Abu-Lughod ;
- "La conscience féministe noire, ou la radicalité", Elvan Zabunyan...

vendredi 11 juillet 2008

La France et les dictatures en Afrique


Survie France: "L’association Survie publie une nouvelle brochure pédagogique qui décode les dessous de la criminalité économique de la Françafrique à travers les mécanismes des biens mal acquis. La restitution des fonds aux populations spoliées serait un signe fort pour tous ceux qui réclament une réforme de la politique de la France en Afrique." Suivez le lien.

L'Antiblog de Christophe Bourseiller : L'EXTREME GAUCHE, FACE A LA TENTATION ISLAMISTE

L'Antiblog de Christophe Bourseiller : L'EXTREME GAUCHE, FACE A LA TENTATION ISLAMISTE

En général, je ne m'amuse pas à recommander des articles mauvais par des gens qui montrent leur ignorance, mais aujourd'hui je n'ai pas résisté à la tentation. Il est proprement affligeant de lire Christophe Bourseiller, qui se considère expert sur l'extrême gauche et publie des livres dessus. Dans l'article ci-joint il parle des liens supposés entre des parties de l'extrême gauche (surtout moi et mes amis de Socialisme International) et les islamistes extrémistes.

Bien sûr M Bourseiller a tout à fait le droit d'être de désaccord avec nous, voire de dénoncer notre opposition à l'islamophobie etc. Mais dans ses écrits il y a un nombre d'érreurs de fait basiques, on n'arrive même pas à les compter. Alors je mets en garde le lecteur. C'est inventé!

Pout tout militant, il est important de ne pas oublier que la malhonnêteté n'est pas rare en politique!

J'ai envoyé il y a un mois sur son blog le détail de quelques unes des erreurs... pas publié...

Lectures de l'été (4) La 4e Internationale

La 4e Internationale

Celui qui ne connaît pas l'histoire risque fort de la revivre... Voici un petit article d'analyse sur la fondation et l'histoire de la Quatrième Internationale.

Malgré son mérite d'avoir gardé vivante la flamme de la politique révolutionnaire, il nous paraît que la déclaration d'une quatrième internationale sans aucun parti de masse était une erreur de perspective. Cette erreur a été payée très cher - surtout l'essentiel de la Quatrième Internationale a cherché des "raccourcis" vers la révolution - la politique de la guérrilla, le soutien de bureaucraties "progressistes" dans le Tiers Monde etc...

La gauche radicale en Angleterre

Des camarades des Marxistes Unitaires, et de Socialisme International sont allés à Londres pour l'université d'été du Socialist Workers Party. Ils en ont profité pour interviewer Lindsay German, camarade du SWP, et une des dirigeantes principales de la large alliance antiguerre qui a été construite au Royaume Uni. Voici l'interview :

Nous avons interviewé Lindsey GERMAN, coordonnatrice nationale de la Stop the War Coalition, féministe et socialiste révolutionnaire et auteur de plusieurs livres dont Material Girls : Women, Men and Work (2007) et Sex, Class and Socialism (1998).

Que penses-tu de la position occupée par les femmes dans la société d’aujourd’hui ?

Il n’y a pas de doute que la situation est meilleure que par le passé. Il y a eu des progrès importants en une ou deux générations, au moins en ce qui concerne les pays développés. Mais trente ou quarante ans plus tard les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes, elles doivent consacrer plus de temps à s’occuper des enfants et elles occupent un rôle subordonné au travail.

Dans les pays en voie de développement la situation est bien pire et la vie des femmes est souvent particulièrement dure. Quant elles ont un travail elles sont toujours en bas de l’échelle. Autrement pour survivre il n’existe que très souvent l’industrie du sexe ou l’émigration et la séparation avec leurs familles.

Donc l’oppression de la femme est toujours un sujet d’actualité.

Les femmes doivent donc, selon toi, encore se battre en tant que femmes, malgré les victoires emportées dans les années 1970 ?

A l’époque, nous nous sommes battues entre autres pour le droit au travail et pour le contrôle de la sexualité. Depuis, pour l’essentiel, nous avons gagné ces droits. Mais nous subissons de longues heures de travail, la précarité et la flexibilité – tout comme les hommes, d’ailleurs.

Quant à la liberté sexuelle, la marchandisation de tous les aspects de la vie fait que notre corps est de plus en plus traités comme une commodité. L’image de la femme est exploitée à des fins publicitaires et les femmes elles-mêmes sont souvent considérées comme des objets sexuels.

En réalité, les avancées des années 1970 se sont heurtées aux limites imposées par une société de classe. Nous nous rendons compte que le progrès n’est pas mécanique. Il peut même y avoir des reculs, comme les attaques qui ont lieu aujourd’hui dans certains pays européens contre le droit à l’IVG ou contre les droits sociaux comme les congés de maternité. Nous devons toujours nous battre pour la libération de la femme, mais ce combat doit faire partie d’un mouvement plus large pour une autre société.

Quelle est aujourd’hui la bonne stratégie pour le mouvement?

Il est évidemment très important de mener le combat pour le droit à l’IVG, pour l’égalité des salaires ou contre l’exploitation sexuelle. Mais tout seul, ce mouvement n’aboutira pas à la libération des femmes.

Nous, par exemple, pensons que la lutte pour les droits des femmes fait partie de notre lutte contre la guerre en Irak et en Afghanistan. Cela ne fait qu’un seul combat.

De la même façon, nous participons aux luttes syndicales tout en militant pour l’égalité des femmes à l’intérieur même des organisations ouvrières.

En France, il existe une forme de néo-colonialisme aux ralents islamophobes. Beaucoup de féministes participent à la discrimination contre les femmes voilées, par exemple. Quelle est ta position la-dessus ?

La libération des femmes ne doit pas signifier que les femmes occidentales aient le droit d’imposer leur point de vue aux autres. En Grande-Bretagne, il existe beaucoup de gens qui disent qu’ils sont opposés à l’islamophobie mais que, finalement, le port du voile n’est pas bien. Notre position est simple : nous sommes pour la liberté de choix. Nous nous opposons à toute idée de supériorité culturelle.

En France, l’opposition active à la guerre est très faible. A ton avis, en tant que responsable du mouvement en Grande-Bretagne, quel est son avenir ?

Pourtant votre président Sarkozy a dit qu’il envoie des renforts en Afghanistan et la France est très impliquée dans la guerre contre le terrorisme !

Chez nous la question est vraiment capitale. La Grande-Bretagne est l’allié principal des Etats-Unis, c’est donc un problème stratégique pour la gauche. Nous disons que leur guerre n’a rien à voir avec la libération des femmes, qu’il y a aujourd’hui plus de viols, d’assassinats de femmes ‘pour l’honneur de la famille’ et plus de prostituées qu’avant la guerre. L’intervention n’a pas eu comme effet de ‘civiliser’ ces pays, au contraire elle a conduit à un nouveau type de barbarie.

Aujourd’hui, nous avons le devoir d’empêcher une attaque contre l’Iran. Une guerre menée contre ce pays mettrait inévitablement tout le Moyen-Orient au feu et au sang.

Pour conclure, tu es une des responsables de la coalition RESPECT [un regroupement de la gauche radicale] qui a connu une scission catastrophique en 2007. Quelles sont d’après toi les principales leçons de cet échec ?

Nos problèmes sont dûs en partie au système politique britannique qui donne très peu de chances à des minorités électorales. Le fait de ne pas avoir réussi une percée rapide en dehors du seul siège détenu par George Galloway nous a beaucoup fragilisé.

Nous n’avons pas pu construire une alliance assez large. RESPECT était constituée essentiellement de trois composants : le Socialist Workers Party, Galloway et une partie de la communauté musulmane. Si les rapports entre ces trois composants devaient se dégrader, il y avait toujours un risque majeur que la coalition implose – et c’est ce qui s’est passé.

Le fait est que le besoin d’une alternative électorale au parti travailliste, qui a été la raison d’être de RESPECT, est toujours aussi fort. Donc si à court terme cette alternative n’existe plus, nous devons continuer à travailler dans ce sens.

Propos recueillis en juillet 2008 à Marxism 2008, l’université d’été du Socialist Workers Party à Londres, par Laure, Laurent et Colin (qui a assuré la traduction).

Nouveau parti anticapitaliste dans le 47


Avec un peu de retard, voici un court compte rendu de la Réunion départemental des comités pour un nouveau parti anticapitaliste 05.07.08


A l’invitation de leurs comités : Agen, Marmande et Villeneuve-Fumel , 50 personnes en tout se sont retrouvés samedi à partir de 14h au centre de loisirs de Penne d’Agenais (il y avait plus de monde en soirée pour le pique nique).



La première séance était dédiée aux comptes rendus des représentants qui s’étaient rendus à la réunion nationale à Paris fin juin. On soulignait la diversité politique des personnes à la réunion à Paris, et aussi le nombre et l’enthousiasme de la réunion, et la présence de nombreux jeunes hommes et femmes. On s’est félicité que la réunion à Paris ait pu donner lieu à un appel de l’ensemble des comités. Cependant, certains voyaient un certain triomphalisme qui pouvait sous-estimer les difficultés à venir.

On a annoncé le calendrier probable – nouvelle réunion du comité d’animation national en novembre, congrès de fondation en janvier.
Le comité d’animation national est constitué d’une soixantaine de membres. La LCR est représentée par son bureau politique de 21 membres (élus au sein de la LCR par la proportionnelle des courants) ; les autres membres représentent les comités locaux, et là où c’est possible, devraient (selon les recommandations de la direction de la LCR) être des « non-LCR ».

Le comité d’animation est chargé de coordonner le processus de fondation du NPA, seulement jusqu’au congrès en janvier ; il n’a pas vocation à devenir la direction du nouveau parti.

Pas tout le monde ne trouvait ce mode d’organisation satisfaisant. On évoquait une possible domination des camarades de la LCR représentés par leurs membres les plus expérimentés, là où les délégués des comités seraient moins expérimentés…il y eut des échanges animés sur le déroulement de cette coordination qui a désigné sans vote un comité national. Plusieurs camarades ex CUALS lui reprochant de prendre le chemin de l’ex comité national des antilibéraux : des personnes auto- désignées sans mandat et échappant à tout contrôle.


S’ensuivaient des comptes rendus de certaines des commissions qui s’étaient réunies à Paris

La commission entreprises avait parlé de l’importance de réintroduire la politique sur le lieu de travail, de l’intérêt de tracts et « feuilles de boîte », et du besoin d’une campagne sur les salaires.

La commission précarité considérait que cette question devrait se trouver au centre des priorités du NPA. Il y a eu un débat dans la commission sur la question d’un ‘revenu minimum de citoyenneté’ qui pourrait ‘rompre le lien entre travail et revenu’.

La commission Presse et Communication s’était posé la question de savoir si le journal de la LCR, « Rouge » devrait se muer en journal du NPA, ou si une nouvelle presse devait être créée. Elle a souligné l’intérêt d’une large implication de correspondants locaux de chaque comité dans la rédaction de la future presse. Il y a besoin d’une presse accessible aux gens, tournée vers l’extérieur, avec des articles courts, des articles pédagogiques sur des questions de théorie, et sans doute dotée de suppléments locaux. Il pourrait par ailleurs avoir besoin d’une revue théorique.

La commission Jeunes souhaitait que les comités jeunes aient une structure nationale partiellement autonome. Elle prépare, pour la rentrée, un 4 pages sur l’Education pour diffusion dans les lycées et dans les universités.

La commission Ecologie a discuté de la décroissance, il y a eu un débat sur le besoin de transformer la consommation ou transformer la production. Il y a eu également un débat sur le rôle d’une commission écologie au sein du nouveau parti.


Dans le débat qui a suivi le compte rendu, beaucoup de questions furent évoquées

- le besoin de communiquer sur un « projet de société » assez rapidement
- le besoin d’actions spécifiques et populaires (soutien actif aux luttes en cours,
- le fonctionnement démocratique d’un parti (démocratie directe ? rôle des tendances ? )
- le rôle d’un parti et le rôle des syndicats et des directions syndicales : comment construire une direction alternative à celles-ci ? L’utilité, ou pas, du syndicalisme révolutionnaire.


La deuxième partie de la réunion fut consacrée aux perspectives dans le département
Après un long débat, quelques projets spécifiques :

- une campagne publique au sujet des licenciements à Marty, à commencer cette semaine
- une campagne sur les salaires et les minima sociaux
- un tract sur l’Education nationale à préparer pour la rentrée
- des réunions à thème à la rentrée, non-spécifiées pour l’instant


Enfin, il fallait choisir un représentant qui ira à la réunion du comité national d’animation en novembre. On a débattu des critères de choix de cette personne (expérience militante ou pas connaissance du milieu ouvrier ou pas nécessaire ?) Enfin, cinq personnes se sont proposées comme candidat, et c’est Céline qui a été élue (adhérente récente de la LCR).


Dans l’ensemble, c’est plutôt un renforcement de la cohésion des 3 comités actuels qui s’est produit hier soir (un 4° sera lancé dans le Néracais en septembre ;un militant de l’ex CUAL que nous ne connaissions pas était même venu hier pour adhérer au comité d’Agen).

jeudi 10 juillet 2008

Mark Steel: Wife-beating? That's fine – unless you're a Muslim - Mark Steel, Commentators - The Independent

Mark Steel: Wife-beating? That's fine – unless you're a Muslim - Mark Steel, Commentators - The Independent

Cet article , en anglais, par un comique d'extrême gauche, se moque des histoires inventées, dans la presse anglaise sur les "méchants musulmans".

lundi 7 juillet 2008

Lectures d'été (3) Le front populaire

anticapitalist articles by theme

1936 - peut êtr ele plus proche qu'a été la France d'une révolution sociale. Il est important d elire le livre de Daniel Guérin sur la question. En attendant, lisez ce petit texte paru il y a quelques années dans Socialisme International (première série). Suivez le lien.

Le nouveau parti anticapitaliste et d'autres tentatives de regroupement

Le texte ci-dessous vient des Alternatifs; il parle du Nouveau parti anticapitaliste, de ses points forts et ses points faibles, et des possibilités de regrouper plus largement.

Je ne suis pas d'accord avec l'ensemble du texte; notamment je trouve qu'il a tendance à diluer le conflit fondamental entre salariés et capitalistes dans une série de conflits assez vagues (libération du temps contraint etc) qui ne prennent pas toujours en compte la réalité de la dictature réellement existante du profit sur nos viez et sur notre planète.

Néanmoins, le texte constitue une contribution intéressante.



INVENTER UNE ALTERNATIVE POUR LE 21eme SIECLE.

Les dictatures bureaucratiques du "socialisme réellement existant" se sont
écroulées.
Et, depuis un quart de siècle, nous vivons l'effondrement de la
social-démocratie en Europe, en tant que doctrine politique, corps
d'idées, mais aussi capacité de réalisations, projet et pratique de
gouvernement.

Cet effondrement est lié au passage à une nouvelle période du capitalisme
: financiarisation prédatrice, marchandisation de tous les aspects de la
vie, régressions des acquis des compromis sociaux noués autour de
l'Etat-Providence, tendances autoritaires et bellicistes.

De nouvelles formes politiques sont en gestation, entre autres au sein du
mouvement altermondialiste et dans bon nombre de pays européens.

Elles restent encore trop marquées par une lutte «contre » plutôt que par
une lutte « pour », et par des propositions héritées de la vision ancienne
de la social-démocratie, plus que d'une visée nouvelle, alternative et
autogestionnaire.

Les combats défensifs qui ont marqués une période longue sont largement
responsables de ce retard, au même titre que le discrédit de l'action
collective par l'idéologie dominante.

Il est donc nécessaire d'inventer un socialisme, une alternative - les
Alternatifs diraient un éco socialisme autogestionnaire et
altermondialiste - du 21e siècle.

La question de l'émancipation humaine est posée à travers la diversité des
fronts de lutte :

l'émancipation à l'égard de l'oppression capitaliste

l'émancipation des femmes,

l'émancipation à l'égard du temps contraint

l'émancipation à l'égard de toutes les formes de pouvoir politique
structurellement inégalitaires

l'émancipation écologique à l'égard du productivisme.

C'est aujourd'hui ce chantier qui est à l'ordre du jour.


L'ORIENTATION DES ALTERNATIFS

Dans cette phase d'invention, d'expérimentation, les Alternatifs portent
trois démarches indissociables, deux d'entre-elles impliqueront échange
et partenariats avec le NPA.

- La construction d'une organisation politique autogestionnaire,
alternative, écologiste, féministe, altermondialiste. Pour cette démarche,
que nous souhaitons engager avant la fin 2009, nos
interlocuteurs sont, outre des militant-e-s des multiples combats sociaux
et écologiques, le courant communiste unitaire, des courants écologistes
de gauche, pour partie issus des Verts, les secteurs de collectifs
unitaires qui le souhaiteront. Des démarches s'esquissent dans le sens du
regroupement (par exemple en Midi-Pyrénées), ce processus passera par des
phases de coopération, mais nous souhaitons qu'il aboutisse à une
organisation commune.

Mais, en tout état de cause, la constitution de la gauche alternative en
force politique, qui se fera, à la différence du NPA, par l'échange entre
des courants politiques divers, n'épuisera pas (pas plus que la création
du NPA) la question de la convergence des forces de la gauche de
transformation sociale.

- C'est pourquoi les Alternatifs proposent que toutes les composantes de
cette gauche sociale et politique se retrouvent dans des espaces commun de
débat sur les contenus d'une alternative.

- Ils agissent pour un front commun entre celles et ceux, organisations
politiques, collectifs unitaires, courants, militant-e-s de tous les
combats émancipateurs, qui n'acceptent pas de borner leur réflexion et
leur action à l'aménagement du capitalisme et du productivisme.

A ce stade du processus, plutôt que la fusion dans un parti commun de
gauche critique, i' organisation de la convergence pourrait combiner une
alliance permanente de différentes structures politiques, combinée à des
collectifs unitaires.

Dans cette optique, respectant les différents parcours idéologiques et
militants, nous proposons plutôt qu'une fusion, d'établir une alliance
pérenne qui se confirmera au fil des échéances

A sa manière, le processus constitutif du NPA prouve qu'il est possible de
ne pas découpler travail sur les contenus et construction militante. C'est
un leçon nécessaire, notamment pour les secteurs antilibéraux qui lient
trop peu réflexion et engagement dans les mobilisations comme ciment des
convergences.


LE NPA : TRANSCROISSANCE REUSSIE

La LCR est en passe de réussir sa transcroissance.
Transcroissance, car l'apport de plusieurs milliers d'adhérent-e-s non
issus de la Ligue ne met pas en cause l'hégémonie de fait du courant
politique initiateur du processus. Pour deux raisons majeures : d'une
part, la diversité des aspirations qui trouvent une voie d'expression dans
le NPA, d'écologistes radicaux à des ouvrièristes, font du courant
politiquement et culturellement dominant le point d'équilibre et le
facteur de cohésion du parti.
Transcroissance aussi, parce que le NPA se contitue autour d'un seul
courant anticapitaliste, les courants communiste libertaire, alternatif,
communiste critique n'y sont pas présents.
Mais transcroissance réussie, car l'apport de nombreux nouveaux adhérents,
divers, souvent jeunes, va donner plus de poids à ce courant au sein de la
gauche de gauche et dans les mobilisations, même si les contenus -portés à
une large échelle par Olivier Besancenot -restent plus du domaine de la
résistance "syndicaliste de gauche" que de l'alternative.

BIENVENUE DANS LA TROISIEME PERIODE ?

Le risque existe que la LCR/NPA s'engage dans une orientation limitant son
projet à la poursuite de la construction du parti, à un tête à tête entre
le parti et les radicalités sociales, en considérant que les relations à
construire avec le champ politico social de la gauche de gauche ont, pour
l'essentiel, vocation a être le vivier de son renforcement.
Si tel etait le cas, les échanges avec d'autres courants et organisations,
dont les Alternatifs seraient peu fructueux...

DEBATTRE, AGIR ENSEMBLE

Nous souhaitons qu'il en aille autrement, que des confrontations
politiques, des coopérations, puissent se construire, y compris lors
d'échéances comme les élections européennes de 2009.

Outre les soutiens unitaires indispensables aux mobilisations, d'autant
plus que le PS est quasi absent de ces terrains, diverses questions
traversent le champ de la gauche de transformation sociale et écologique.

- Celle de l'autogestion, qui n'est, pour les Alternatifs, ni un
supplément d'âme ni un objectif lointain pour les lendemains de la prise
du pouvoir. L'autogestion est une exigence immédiate, but et moyen à la
fois, pratique dans les luttes et aspiration dans le fonctionnement même
des structures associatives, syndicales, politiques. Elle ne résume
évidemment pas à des formes démocratiques participatives. Cette question
rejoint celle de l'organisation (des organisations) à construire. La forme
réseau, pertinente pour une mobilisation sur un objectif commun, ne
constitue nullement une garantie en terme de démocratie ou d'efficacité
pour une organisation politique, mais la forme parti verticale est
condamnée.

- Celle d'un éco socialisme
Ce débat est esquissé au sein du NPA, pour les Alternatifs il est
nécessaire (et il nous reste du chemin à faire) de dépasser la
juxtaposition du rouge et du vert, le rouge l'emportant le plus souvent en
définitive, pour aboutir à un projet d'émancipation humaine qui sera
écologiste ou ne sera pas

- Celle des leviers de mobilisation. S'il est juste d'opposer le "tous
ensemble" au saucissonnage des journées d'action, une réflexion est
nécessaire sur la possibilité de construire des rapports de forces locaux,
régionaux, autour d'entreprises en lutte, de la défense de secteurs
publics, d'enjeux écologiques, ces rapports de forces pouvant permettre
d'élargir le champ de la lutte.


- Celle du rapport au PS
Notre combat est d'abord orienté contre la droite et le capital.
Nous ne sous-estimons pas les ambiguités de certains secteurs
antilibéraux vis à vis du PS, y compris une partie de ceux avec qui nous
souhaitons constituer une force de gauche alternative.

Pour notre part, nous nous positionnons clairement contre la participation
à un gouvernement social libéral, donc, car les mots ont un sens, dominé
par le PS, avec ou sans des alliés (Verts, PCF...), sans ignorer pour
autant l'existence de courants minoritaires antilibéraux au sein de ce
parti.
Nous n'excluons pas, sans sous-estimer les risques de digestion par
l'institution, des accords d'union de la gauche dans des
collectivités territoriales, si ces accords permettent la mise en oeuvre
de politiques publiques socialement et écologiquement utiles, ou intégrant
des avancées dans le sens de la démocratie active.

Il nous parait nécessaire de débattre dans la clarté de ces questions, en
lien avec celle du rapport aux institutions.

Ces débats, cette construction unitaire, concernent, au delà de nos deux
organisations, un champ politico-social large : nous y sommes prêts.

Jean-Jacques Boislaroussie

samedi 5 juillet 2008

Hidden casualties | SocialistWorker.org

Hidden casualties | SocialistWorker.org

Cet article (en anglais) dans Socialist Worker, journal américain, explique que les suicides, chez les soldats qui reviennent de l'Afghanistan, sont sans doute plus nombreux que les morts au combat. Et Sarkozy qui veut envoyer chaque fois plus de jeunes français!

vendredi 4 juillet 2008

Muslims feel like 'Jews of Europe' - Home News, UK - The Independent

Muslims feel like 'Jews of Europe' - Home News, UK - The Independent

cet article en anglais parle de l'islamophobie en Angleterre. 8 sur 10 des musulmans anglais considèrent qu'il y a davantage de préjugés contre les musulmans en Angleterre depuis quelques années (et la guerre en Irak). Des élus musulmans reçoivent des menaces; les médias se déchaînent... à lire si vous lisez l'anglais.

Université d'été de la LCR

Portail de la Ligue communiste révolutionnaire

Egalement ouverte aux sympathisants, l'université d'été de la LCR vous donnera l'occasion de voir où en est le nouveau parti anticapitaliste, et de participer aux débats sur ses principes et ses modes d'action. Suivez le lien.

2008 : Université citoyenne d’Attac France - Attac France

2008 : Université citoyenne d’Attac France - Attac France

A Toulouse, du 22 au 26 août, l'université d'été d'ATTAC est ouverte aux adhérents et aux sympathisants. Vous pourrez, dans une ambiance conviviale, apprendre sur l'économie, le syndicalisme, l'altermondialisme, l'écologie... Suivez le lien

jeudi 3 juillet 2008

Marseille : Une rumeur de rapt d'enfants conduit à un lynchage - France - LCI

Marseille : Une rumeur de rapt d'enfants conduit à un lynchage - France - LCI

Cet article sur un lynchage raciste à Marseille fait froid dans le dos. On cherche des boucs émissaires pour le malvivre qu'on nous impose. Seule une résistance massive à l'exploitation et à l'oppression pourra redonner espoir.

Communiqué de la LCR sur Ingrid Betancourt

Portail de la Ligue communiste révolutionnaire

Voici le communiqué de la LCR, qui me semble juste :

"Communiqué de la LCR. Après 2321 jours d’une éprouvante captivité, Ingrid Betancourt a été libérée ainsi qu’une quinzaine d’autres otages. La LCR se félicite de cette libération. Ceci n’enlève rien aux critiques à faire à l’égard du régime autoritaire du président Uribe dont la politique s’est appuyée sur l’activité des commandos d’extrême-droite. C’est vers une solution politique qu’il faut aller en Colombie. La LCR rappelle qu’elle s’est toujours prononcée contre la politique des otages. Il faut donc libérer tous les otages en Colombie ou dans le reste du monde, comme Marwan Barghouti, dirigeant palestinien enlevé par l’armée israélienne. Le 3 juillet 2008."



Dans des situations extrêmes d'insurrection, je ne crois pas qu'on peut toujours et partout rejeter l'idée de prendre des hôtages. Qui aurait refusé de prendre en hôtage les ministres d'Hitler si nécessaire ? Mais bien sûr le cas du FARC ne correspond aucunement à un soulèvement populaire libérateur, plutôt à la dérive extrême de ceux qui pensent que la libération du peuple peut être apportée par une petite élite déterminée de guérilleros.

Lectures d'été 2 Sur la Commune de Paris


communedeparis

Un court texte pour aujourd'hui. Au moment où des milliers de militants en France prépare le lancement d'un nouveau parti anticapitaliste, dans lequel nous mettons de grands espoirs, il n'est pas bête de regarder des moments dans l'histoire où le peuple a pu tutoyer le pouvoir. La Commune de Paris ne doit pas être oubliée! Suivez le lien.

mercredi 2 juillet 2008

Want to know if waterboarding is torture? Ask Christopher Hitchens | World news | The Guardian

Want to know if waterboarding is torture? Ask Christopher Hitchens | World news | The Guardian

Un journaliste anglo-américain connu pour son soutien " de gauche" de l'empire américaine et de la guerre en Irak a au moins montré qu'il peut être honnête. Il avait écrit qu'il ne croyait pas que les forces américaines utilisaient la torture. Un opposant lui a demandé donc d'essayer le "waterboarding" (une forme de noyade partielle utilisée et reconnue par l'armée américaine). Et il l'a fait! Il en conclut qu'il s'agit effectivement de la torture. (Suivez le lien pour l'explication en anglais).

Bien sûr, lui, il savait que ses "interrogateurs" n'allaient pas vraiment le noyer...

Lectures d'été 1 La lutte des classes lors de l'empire romaine


s10empireromaine

Je suis bien conscient que pas tout le monde part en vacances. Mais si vous ne partez pas, les copains partiront et vous aurez un peu plus de temps pour consacrer à la lecture :=)

Je commence donc aujourd'hui ma série "lectures d'été" avec cet article de Neil Faulkner qui analyse d'un point de vue marxiste, et écrit de façon relativement accessible, l'empire romaine.

Pour un gros tiers des jeunes, les vacances ne sont pas de saison

Pour un gros tiers des jeunes, les vacances ne sont pas de saison

La jeunesse ouvrière chrétienne a organisé un sondage des jeunes concernant les vacances et le travail saisonnier, comme partie de sa campagne pour les droits au travail des saisonniers. Suivez le lien.

mardi 1 juillet 2008

La bourse ou la vie SUD OUEST BLOGS

La bourse ou la vie SUD OUEST BLOGS

Sur son blog, Jean Marie Harribey, militant et ami, explique l'importance de la réduction du temps de travail et montre que la direction du Parti socialiste ne s'y intéresse plus.