jeudi 30 octobre 2008

Marxistes Unitaires

Je suis souvent à Paris pour le travail, alors j'en ai profité pour aller à une réunion de l'Association Marxistes Unitaires, dont je suis membre. Il s'agit d'un petit réseau de marxistes, dans la même tradition théorique que Socialisme International, qui construit sur un ou deux facs parisiennes, et qui vont s'impliquer dans la construction du Nouveau Parti Anticapitaliste. Le journal de l'Association, "Anticapitaliste" est de très bonne qualité pour un journal jeune et militant. Ils font des réunions tous les mercredis à 17h à l'Université de Tolbiac, pour ceux qui pourraient s'y intéresser.

dimanche 26 octobre 2008

Contre la réforme des concours de recrutement des enseignants

Appel de Sauvons l'Université !

Non à la mastérisation de la formation des enseignants !




La réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants a été lancée sans concertation avec celles et ceux qui assurent cette formation ni avec les universités qui lui accordent une place essentielle.

En outre, une fois de plus ce dédain manifeste pour l’avis des collègues qui devraient mettre en œuvre pareille réforme va de pair avec l’imposition d’un rythme effréné qui dissimule mal la volonté de faire taire toute réflexion et de rendre impossible toute distance critique.

Sans engager ici une analyse détaillée de la réforme en cours (pour laquelle nous vous renvoyons à l’analyse de SLU http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article736), nous entendons mettre en évidence les deux grand types de menaces qu’elle fait peser sur la place des universités et leur rôle social.

Pour les étudiants et les futurs lauréats des concours

-La réforme allongera non pas la durée des études mais la durée des études non rémunérées : la formation continuera de se dérouler sur cinq ans mais l’année de stage en situation sera supprimée. En outre, de toute évidence, nombre d’étudiants socialement défavorisés n’auront plus accès à une telle formation prolongée.
- Le nombre de places aux concours de recrutement étant moindre que celui des potentiels lauréats aux masters d’enseignement, le nouveau système va créer une masse de reçus (au master)/collés (au concours) : ces étudiants seront dès lors une cible privilégiée pour des recrutements sur contrats de type CDD dans les lycées et les collèges. La réforme en cours des lycées – modularisation, semestrialisation, distinction entre matières prioritaires et secondaires, prérogatives des chefs d’établissements - créent d’ailleurs toutes les conditions d’une telle évolution.
- A terme et malgré les assurances saisonnières de nos ministres actuels c’est bien l’existence même du concours national comme forme privilégiée de recrutement qui sera remise en cause, au profit d’une simple certification assurée par le master, permettant un recrutement local mais évidemment sans garantie statutaire.

Pour la nature de l’enseignement et la recherche universitaire

- A court terme, le niveau de connaissances exigible étant celui de la licence (avec des coefficients faibles pour les épreuves disciplinaires et des questions sur la base des programmes scolaires), le niveau de savoir disciplinaire des enseignants - et de leurs élèves – ne peut que décliner.
- A moyen et long terme, dans les Universités, de nombreux champs de la connaissance et de la recherche en seront définitivement affaiblis : en amont, de nombreuses licences seront pensées en fonction de ces futurs Masters d’enseignement ; en aval, ces derniers mettront en danger l’existence même des Masters recherche, en les vidant d’une grande partie de leurs effectifs, et par ricochet l’existence de nombreuses Ecoles doctorales
- Ces conséquences pourraient être dramatiques notamment dans les universités des villes moyennes et dans les universités de lettres et sciences humaines : aux côtés du plan Campus et d’autres pans de la réforme des universités, la réforme de la formation des enseignants contribuera à creuser de façon radicale le fossé entre deux types d’université (les plus nombreuses devenant de simples centres universitaires, une dizaine d’entre elles restant des universités de plein droit avec une véritable articulation entre enseignement et recherche).



La dernière injonction de la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur (demandant une remise des nouvelles maquettes de masters avant le 31 décembre 2008) impose une réponse ferme et claire face à de telles pratiques.



Déjà, plusieurs conseils centraux d’universités dans toute la France, de nombreuses associations disciplinaires et quelques syndicats se sont émus de la situation et réclament un retour en arrière du ministère (pour ces réactions voir le site de SLU pour un exemple de motion dont nous partageons les termes voir la motion de l’Université de Bordeaux III http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article724 ).


Dans de telles circonstances SLU appelle tous les collègues à multiplier les motions condamnant la politique de masterisation de la formation des enseignants. Tenez-en nous informés (postmaster@sauvonsluniversite.com) pour que nous puissions les mettre en ligne sur le site de SLU.

SLU appelle en outre à une large union de tous les opposants à cette réforme sur les points suivants :

a) un moratoire immédiat sur la réforme en cours
b) la mise en œuvre immédiate de discussions avec tous les acteurs concernés par la formation des enseignants pour proposer une autre réforme des concours d’enseignement, excluant clairement la logique actuelle de la mastérisation
c) un refus catégorique de faire remonter les maquettes des futurs masters d’enseignement dans les délais imposés par le Ministère
d) compte tenu des trois points précédents, le maintien des concours 2010 en l’état pour donner le temps à cette autre réforme de voir le jour sereinement

mercredi 22 octobre 2008

Un militant de RESF jugé en appel pour outrage à Sarkozy, Société - NouvelObs.com

Un militant de RESF jugé en appel pour outrage à Sarkozy, Société - NouvelObs.com

La répression arrive!

Les anticapitalistes, grands vainqueurs de la crise ? | The Observers

Les anticapitalistes, grands vainqueurs de la crise ? | The Observers:

On m'a interviewé pour le site web "Observers France 24", que vous trouverez en cliquant ci-dessus. J'avais droit à quinze lignes. Voici ce que j'ai dit :


"Depuis plus de vingt ans, on nous répète que le profit privé est une garantie de stabilité et de prospérité. Les grandes banques et les compagnies d'assurance ont fait campagne pour contrôler nos fonds de retraites, les gouvernements de droite ou de gauche ont privatisé les industries auparavant nationalisées et les services publics.

Et là, tout d'un coup, on voit qu'on nous a menti. Leur système est complètement pourri : la dictature du profit n'amène pas la stabilité, mais la panique de la récession. Pourtant, au lieu de réduire le pouvoir des grands capitalistes, on propose de nationaliser les dettes tout en laissant les profits aux riches ! Et cette fois, on trouve des milliards d'euros ! Alors que les caisses étaient vides pour les retraites, pour l'éducation, pour la santé, elles débordent aujourd'hui pour sauver la peau des criminels qui dominent notre société.

Les gens ordinaires sont furieux et ne croient plus ces clowns prétentieux déguisés en 'experts économiques'. Le travail du NPA et de la gauche radicale est de redonner de l'espoir, d'encourager les résistances - contre la privatisation de la Poste, contre les suppressions de postes dans l'enseignement,"

mardi 21 octobre 2008

Afghanistan: eyewitness to camps|25Oct08|Socialist Worker

Afghanistan: eyewitness to camps|25Oct08|Socialist Worker

En Afghanistan, l'aggression occidentale a détruit l'économie. Des centaines de milliers de réfugiés vivent dans les camps, et souvent on meurt de faim. Les familles vendent parfois un de leurs enfants pour pouvoir donner à manger aux autres. Cet article en anglais du correspondant spécial de Socialist Worker, sur place en Afghanistan.

Racisme en France - un livre à lire

En France aujourd'hui les jeunes Maghrébins sont les victimes de préjugés et de discriminations multiples. A l'embauche, dans le logement, dans les médias, un peu partout. Présentés comme criminels, intégristes et machos pour les hommes, soumises pour les femmes. Ce livre tombe à pic.

Evelyne PERRIN, JEUNES MAGHREBINS DE FRANCE - La place refusée, Paris : L'Harmattan, Collection Logiques Sociales, 2008, 210 pages, 19,50 € - ISBN : 978-2-296-05681-7

Acheter en ligne : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=26898

Pourquoi des générations après son arrivée en France, l'immigration maghrébine semble-t-elle toujours ne pas trouver sa place légitime dans la société française ? Issu d'une vaste enquête auprès d'une centaine de jeunes d'origine maghrébine en France, ce livre dresse l'état des lieux des discriminations qui sévissent sur tous les plans : éducation, accès au travail, au logement, aux loisirs, à la vie culturelle, religieuse, politique, et dénonce la relégation et la stigmatisation qui pèsent sur cette partie de la population. Montrant la rage et la frustration qui résultent de ce déni de droits, le gâchis collectif que cela représente pour la nation, il souligne aussi l'investissement de ces jeunes Français d'origine maghrébine dans la vie associative et politique, leur acharnement à se faire une place, concluant sur l'espoir qu'ils participent, avec les autres forces de transformation sociale, à la construction d'une France multi¬ethnique, plus juste, plus solidaire et sereine.


Evelyne PERRIN : Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris et de sciences économiques, Evelyne PERRIN milite depuis de nombreuses années dans les mouvements de chômeurs et de précaires et mène des enquêtes sociologiques sur divers mouvements sociaux. Epouse d'un Maghrébin, elle a voulu montrer la face cachée du fameux modèle d'intégration à la française, et ses carences les plus criantes.

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Table des matières


Prologue
Introduction
Avertissement

1 - La remise en cause du « creuset français » ?
Les discriminations et le racisme au jour le jour

2 - La ségrégation scolaire
L'orientation scolaire
Des parcours tortueux, contrariés
L'accès à l'université
Le racisme ou les discriminations à l'école

3-La discrimination à l'embauche et au travail
La solution de l'entrepreneuriat
Discrimination et précarité généralisée
Discrimination positive

4 - La ségrégation résidentielle et l'accès au logement
La discrimination dans l'accès au logement
Ségrégation résidentielle, « ghettos », « mixité sociale »
Les politiques de rénovation urbaine

5 - Discrimination culturelle et médiatique
Discrimination dans l'accès aux loisirs
Discrimination dans les médias
Ni Putes Ni Soumises
Islamophobie

6 - Discrimination religieuse et place faite à l'islam
Le voile : stigmatisation et retour du refoulé

7 - Le comportement de la police
Chronique partielle des bavures policières
Le harcèlement policier au quotidien
Clichy-sous-Bois : la police, des morts, une stigmatisation au sommet de l'Etat
Retour sur le drame de Clichy-sous-Bois

8 - Une justice à deux vitesses
Une sur-représentation carcérale

9 - Le cas extrême des sans-papiers
Fayçal, un espoir déçu
Des parcours qualifiés soudain brisés

10 - Le « double bind »
ou le marché de dupes de l'intégration
Communauté et communautarisme
Contre l'assignation identitaire, le droit à une identité complexe
Histoire et immigration. La question coloniale
Le poids du passé colonial
L'appel des Indigènes de la République

11- Construire le vivre ensemble
Amour, rejet et haine
Une conception positive du métissage et de la mixité

12- L'engagement associatif
L’investissement associatif.- Mehdy
Jean-Pierre, un long engagement associatif

13 - La place en politique
Une longue histoire de luttes
Un réveil politique
Spécificité ou devenir commun des luttes ?
Quel avenir ?

Conclusion


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Achetez en ligne : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=26898

La violence dans les banlieues

The Observers | de France 24

Regardez cet enregistrement vidéo de la violence dans les banlieues de Paris (aux Bosquets).
Après on se demande pourquoi on préfère que les policiers ne soient pas équipés de Taser !

lundi 20 octobre 2008

Le nouveau parti anticapitaliste, les collectifs unitaires et l'appel Politis


Ou "comment construire un nouveau parti ouvert à tous les combattants contre la classe dirigeante".

Ce court texte de Michel Husson exprime une opinion que je partage sur certaines questions importantes. Il faut tout faire pour construire le nouveau parti anticapitaliste, et il faut qu'il soit un parti populaire et ouvert, audacieux et lisible.

Michel Husson, pour Mouvements (http://www.mouvements.info/)

Ce point de vue doit être assorti d’un bref guide de lecture. J’ai démissionné de la LCR en décembre 2006 en raison de sa politique unitaire http://tinyurl.com/mh2006). Je faisais alors ce pronostic :« croire que la nouvelle force anti-capitaliste pourra se faire sans les hommes et les femmes engagés dans les Collectifs est une fuite en avant qui ne pourra être redressée facilement ». La sollicitation de Mouvements est donc l’occasion de faire le point deux ans après.

Le choc initial repose sur ce postulat : l’arc de forces politiques réunies au sein des collectifs était irrémédiablement destiné à réintégrer une nouvelle mouture de la gauche plurielle. La direction de la LCR a fait de ce postulat une « prophétie auto-réalisatrice », comme disent les économistes. Elle a fait de la surenchère pour montrer que ce postulat était vérifié et qu’une candidature Besancenot était ainsi justifiée. Cette tactique reposait sur la conviction qu’Olivier était le meilleur candidat possible, que je partage et qui s’est confirmée. Mais, pour la rendre possible, la LCR a tenu undouble langage : d’un côté, elle assurait que cette candidature était provisoire et soumise au dégagement d’une candidature unitaire ; d’un autre côté, elle a tout fait en pratique pour montrer qu’elle était impossible.

Une autre orientation était-elle possible, et le cours ultérieur des événements n’a-t-il pas confirmé la justesse de ce choix ? Il est toujours difficile de refaire le film après coup, et il n’est pas sûr qu’une autre issue aurait été possible. Mais la Ligue a manqué d’audace en ne tentant pas de tester jusqu’au bout la possibilité d’une candidature unitaire/collective qui aurait imposé aux médias une pluralité de représentants de la campagne. En considérant que cette voie était fermée, la Ligue a laissé le champ libre à la candidature Buffet qui ne pouvait que conduire à l’explosion du projet unitaire. C’était sans doute inévitable, mais ce qui était évitable, c’est que la Ligue apparaisse comme co-responsable de la débâcle. Elle a retiré ses billes trop tôt et elle est apparue comme n’ayant d’autre souci que de promotionner son propre candidat. Mais surtout elle a envoyé une fin de non-recevoir aux milliers d’hommes et de femmes investis dans les comités en leur faisant globalement un procès d’intention, les accusant de suivisme à l’égard du social-libéralisme.

Les succès dans la construction du NPA ont balayé le scepticisme que ce projet pouvait susciter. Ils s’expliquent par les excellentes prestations médiatiques d’Olivier Besancenot mais reposent aussi sur un gonflement réel des comités NPA qui équivaut à une multiplication par 3 des effectifs de la Ligue. Cette croissance s’accompagne d’une transformation qualitative dans la composition sociale et générationnelle des nouvelles « recrues ». Mais elle comporte en elle-même des difficultés, qui prennent la forme d’un choc des cultures militantes. Le profil dominant de ces nouveaux arrivants est, semble-t-il, celles de « jeunes révoltés » qui n’ont pas les mêmes repères militants que le « noyau dur » de la LCR. Il y a ici une dimension générationnelle que l’on retrouve un peu partout : entre la génération « soixante-huitarde » et la nouvelle génération, la pyramide des âges fait apparaître un creux qui fait obstacle à une transmission continue des traditions militantes. Certes, il vaut mieux avoir à se poser ces problèmes que de ne pas y être confronté. Mais ils comportent des risques organisationnels. Le plus important est celui d’une division du travail où les anciens porteraient les principes de la démocratie interne (qui est un acquis de la LCR), tandis que les « jeunes » se désintéresseraient des débats internes, de l’intervention dans les syndicats et les mouvements de masse, et se « spécialiseraient » dans une action à la base plus spontanée mais aussi plus difficile à coordonner.

La LCR a toujours connu ce type de difficultés. Combien de sympathisants déclaraient ne pas pouvoir assumer son rythme infernal de militantisme ? Beaucoup disaient aussi être proches des idées de la Ligue mais, au moment des élections, préféraient un vote utile à un vote minoritaire de témoignage. La percée électorale de la Ligue a changé les choses sur ce dernier point, mais elle repose en partie sur la popularité personnelle d’Olivier Besancenot sans forcément résoudre la première, à savoir l’élargissement de la base militante et de la capacité d’intervention à la base.

C’est là qu’on retrouve le « péché originel » de la rupture. Il y a sans doute des noyaux militants formés dans les syndicats ou dans les collectifs qui vont adhérer au NPA. La participation de personnalités comme Raoul-Marc Jennar ou Clémentine Autain montre qu’un potentiel important existe. Mais, en leur tournant le dos, la LCR s’est privée par avance d’un courant d’adhésion plus large. Les membres des collectifs unitaires étaient dans leur grande majorité à la recherche d’un parti à la gauche de la gauche, contrairement au procès d’intention qui leur a été fait. Mais il est compréhensible qu’ils restent pour l’instant dans une situation d’expectative à l’égard d’un processus qui leur apparaît comme une opération de croissance d’une organisation. L’attitude de la Ligue à l’égard, par exemple, de celles et ceux qui se retrouvent dans l’appel de Politis n’aide pas. Le message qui leur est adressé est en effet assez clair : « vous êtes bien gentils, mais nous, nous construisons le nouveau parti ». Autrement dit, cela se passe « nulle part ailleurs ».

Cette situation va rétro-agir sur le NPA. L’afflux en nombre de noyaux militants aurait pu jouer un rôle d’intermédiaire et évité la polarisation entre « vieux militants » et « jeunes révoltés ». Il aurait pu rendre un peu plus facile la nécessaire fusion des cultures en faisant aussi le lien entre l’ultramilitantisme

du noyau historique et les formes d’interve tion propres aux jeunes radicalisés. Il aurait pu rendre aussi la discussion programmatique plus équilibrée car les nouveaux arrivants et les militants de longue date sont très inégalement armés pour la mener. La dimension écologique aurait pu être nourrie de manière plus opérationnelle qu’avec l’apport de petits cercles « décroissantistes ». L’apport de ces équipes militantes aurait aussi permis de mieux maîtriser l’influence surdimensionnée que risquent d’avoir les micro-courants ultra-gauche ou dogmatiques intéressés par l’expérience. Enfin, un processus de construction plus ouvert aurait permis de poser en termes plus favorables la question des fronts électoraux à constituer à l’occasion des prochaines échéances, européennes ou régionales. Toutes ces réserves critiques n’empêchent pourtant pas de constater que la construction du NPA joue un rôle essentiel dans la recomposition d’une gauche radicale en France

Ils veulent des profs de fac qui se battent les uns contre les autres

Un des avantages de travailler à l'université est qu'il y a, il me semble, moins de concurrence entre collègues que dans le secteur privé. Notre cher gouvernement Sarkozy voudrait changer tout cela. Des primes importants pour les plus ambitieux ou les plus grandes gueules, et bien d'autres réformes pour faire ressembler l'université à l'entreprise. Il faut dire que ces dernières semaines on a pu voir la rationalité absolue de la recherche du profit privé!
Voici un article paru dans Le Monde


Des primes pour valoriser les personnels de l'université

LE MONDE | 20.10.08 | 10h35 • Mis à jour le 20.10.08 | 12h06



La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie
Pécresse, a présenté, lundi 20 octobre, un plan "de revalorisation des
carrières" des personnels universitaires. Ces mesures entreront en
vigueur à la rentrée 2009. Prévues dans la loi sur l'autonomie des
universités d'août 2007, elles visent à reconnaître l'engagement des
professeurs auprès des étudiants et à récompenser les meilleurs. La
ministre souhaite aussi harmoniser la situation des
enseignants-chercheurs et celle des chercheurs.


Des primes devraient permettre de passer, selon Mme Pécresse, "à la
reconnaissance des qualités individuelles" des uns et des autres. Le
coût du plan s'élève à 252 millions d'euros cumulés sur trois ans; 43
millions sont inscrits au budget 2009.

Pour récompenser les "meilleurs", une "prime d'excellence scientifique"
de 3 500 à 15 000 euros par an sera attribuée aux
enseignants-chercheurs et aux chercheurs. Ces derniers n'étaient
jusqu'alors pas tenus d'enseigner et seuls les enseignants-chercheurs
peuvent bénéficier de cette indemnité, plafonnée à 6 500 euros. S'ils
veulent toucher la prime, les chercheurs devront s'engager à effectuer
au moins 64 heures de travaux dirigés par an. Pour les lauréats de
distinctions scientifiques, la prime d'excellence pourra atteindre 25
000 euros.

La ministre souhaite du même coup valoriser l'enseignement au même
titre que la recherche. Une "prime de responsabilité pédagogique" pour
les enseignants-chercheurs s'échelonnera entre 3 500 et 15 000 euros
par an, contre 400 à 1 500 euros aujourd'hui. Les chercheurs seront
aussi incités à assurer une activité d'enseignement par le doublement
de la "prime de mobilité pédagogique" qui pourra atteindre près de 4
000 euros. Seuls une quinzaine de directeurs de recherche qui
s'investissent dans l'enseignement en bénéficient actuellement.

Rémunération au mérite Les organismes de recherche et les universités,
désormais autonomes, seront directement responsables de l'attribution
de ces différentes indemnités. Les établissements pourront ainsi
moduler le service des enseignants-chercheurs. Les personnels seront
aussi davantage évalués. Actuellement, l'évaluation des
enseignants-chercheurs ne se fait qu'à l'occasion d'une promotion et
elle porte essentiellement sur les activités de recherche. Le Conseil
national des universités (CNU) sera chargé d'un examen d'ensemble. Il
tiendra compte de l'appréciation des étudiants.

La rémunération au mérite va aussi concerner les personnels
administratifs, techniques et des bibliothèques. Le ministère s'engage
à augmenter de 20% l'enveloppe attribuée aux universités pour
revaloriser les primes de fonction et de résultats des employés et
cadres. Enfin, le plan prévoit des possibilités d'avancement accéléré.
Ces mesures, dans leur principe, portent un profond bouleversement pour
l'université. Mais leur réalisation est soumise aux incertitudes
budgétaires.


Catherine Rollot

Source : Le Monde

Un Projet de loi pour rendre la crise financière un peu plus vivable pour les gens ordinaires

Je propose une loi qui imposerait que, pendant une durée de cinq ans après chaque crise financière, les "experts économiques" doivent être présentés dans les médias sous une autre étiquette. Ainsi il deviendra illégal de dire "voici notre expert économique, Jean Dupont" : la loi obligera à dire plutôt "voici notre clown prétentieux, Jean Dupont." Les journalistes et chefs d'émission qui oublieraient cette injonction seraient condamnés à plonger tout habillé dans une piscine remplie de milk shake fraise installée à cet effet sur les Champs Elysées.

John Mullen 20.10.08

Non au travail du dimanche!

Rouge Article

Un article de l'hebdomadaire de la LCR, Rouge.

Vive les enseignants!

Sondage : la mobilisation de l'Education approuvée, Société - NouvelObs.com

69% des Français approuvent la mobilisation des enseignants contre la politique de Sarkozy.Seuls 16% diraient qu'elle n'est "pas du tout justifiée".

dimanche 19 octobre 2008

Journée d'étude à Nanterre sur l'après 68

Si vous êtes en région parisienne et vous voulez étudiez un peu l'histoire de la résistance contre le capitalisme... C'est universitaire, mais on apprendrait pas mal de choses je crois.

Journées d'étude :

« 68, et après ? »

Université de Bologne, Dipartimento Discipline Storiche, 10 octobre 2008.

Université de Paris X-Nanterre, Institut des Sciences Sociales du
Politique (ISP),

Ecole Doctorale des Sciences Juridiques, Administratives et Politiques.

Nanterre, 30 et 31 octobre 2008.

* * *

30 octobre 2008

Matinée

9h - 9h30 :

Allocution d'ouverture par le directeur de l'ISP, Jean-Charles Szurek.

Ouverture de la journée d'étude par les organisateurs.

Président de séance : Jean-Charles SZUREK (ISP/CNRS)

9h30 - 11h30 : 1ère Session : Reprendre le travail, s'organiser, continuer
la lutte.

Intervenants :

Fanny GALLOT, « La reprise à Renault Cléon ».

Elise ROULLAUD, « Quand mai 68 rend le « retour à la normale » impossible:
l'ébranlement politique et social du monde rural dans la région de
Blain-Redon. »

Jean-Philippe MARTIN, « Les Paysans-Travailleurs après 1968. D'un
volontarisme contestataire (immédiat après-68) à un syndicalisme
revendicatif (début des années 1980). »

Pierre SAUVETRE, « Sur le mode massiste de la séquence « Mao ». Continuer
et organiser la politique après 68. »

Discutant de la session : Bernard PUDAL (CSU/CNRS, Université de Paris
X-Nanterre)

11h30 - 11h45 : Pause

11h45 - 13h : 2ème Session : Opportunités politiques et ajustements,
mouvements sociaux et réponses institutionnelles.

Intervenants :

Grégory BUSQUET, « La question urbaine dans la deuxième gauche des années
1970 : mouvements sociaux urbains, jeux d'acteurs et critique
socio-politique. »

Luigi AMBROSI, « La "dispersion des tensions" : le cas de la révolte de
Reggio Calabria de 1970.»

Discutant de la session : Gius GARGIULO (CRIX, Université de Paris X -
Nanterre)

12h30 - 13h : Discussion et débat avec la salle

13h - 14h30 : Pause déjeuner

Après-midi

Présidente de séance : Annie COLLOVALD (CENS/CNRS, Université de Nantes)

14h30 - 16h : 3ème Session : Trajectoires, mémoire(s), relectures de 68

Intervenants :

Séverine GERAUD-LACALMONTIE, Victor COLLET, « Que s'est-il passé à l'usine
Citroën ? Rejouer Mai 68 : des enjeux concurrentiels aux relectures
historiques lors du 40è anniversaire du « Mai ouvrier » à Nanterre. »

Geoffroy GERAUD, « L'héritage dénoncé : les nouveaux philosophes et Mai 68. »

Erika THOMAS, « 68 et après dans le documentaire brésilien. Oppression et
résistances dans AI 5 .et Hercules 56. »

Discutant de la session : Gérard MAUGER (CSE/CNRS, EHESS)

16h - 16h15 : pause

16h15 - 17h30 : Débat et bilan de la première journée

18h : Projection en avant-première du film de Jacques WILLEMONT et débat
en présence du réalisateur :

L'autre Mai. Mai 68 à Nantes



31 octobre 2008

Président de séance :

9h30 - 10h45 : 4ème Session : Les institutions face à la crise du
consentement

Intervenants :
Yann RAISON DU CLEZIOU, « L'Ordre dominicain après 1968 : une
désinstitution instituée ».

Jean-Philippe TONNEAU, « L'après 68 des avocats, ou l'entrée du politique
au sein de la sphère judiciaire et juridique ».

10h45 - 11h Pause

11h - 12h15 :

Intervenants :

Christelle DORMOY, « Le Centre Universitaire Expérimental de Vincennes :
une tentative d'institutionnalisation d'utopies pédagogico-politiques «
soixante-huitardes ».

Eric FARGES, « Mai 68 et la politisation de la médecine au prisme des
prisons. La contestation de la médecine pénitentiaire par les
professionnels de santé au début des années soixante-dix ».

Discutant de la session : Boris GOBILLE (ENS/LSH)
12h15 - 13h : Débat et conclusions des deux journées

Ce qu'il y a de vraiment scandaleux chez Dominique Strauss Kahn

[MOUVEMENT des INDIGENES de la REPUBLIQUE] Ce qu'il y a de vraiment scandaleux chez Dominique Strauss Kahn

Cet article sur le site des Indigènes de la République donne un éclairage intéressant.

Le petit prince explique la crise financière

"On n’attrape pas la lune" Jean-Marie Harribey

L’Humanité, 18 octobre 2008

Ce texte fait suite à celui que j’avais écrit au moment de la lutte contre le CPE,
« Dessine-moi un modèle », L’Humanité, 24 mars 2006,
http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/travail/dessin-modele.pdf

– « Bonjour, dit le petit prince. »
– Bonjour, dit le grand banquier.
– Que fais-tu ? demanda le petit prince.
– Je prête de l’argent à qui en veut. Aux riches, qui m’en rendront davantage, et aux pauvres qui m’en rendront encore plus, avec des intérêts importants.
– Et où prends-tu cet argent ? questionna le petit prince en fronçant les sourcils.
– Je ne le prends nulle part puisque c’est moi qui le crée.
– Tu fais ça souvent, comme tu veux ? Tu n’as pas de limite ?
– J’ai les coudées franches parce que le banquier central ferme les yeux et j’ai convaincu le gouvernement que c’était bon pour tout le monde.
– Est-ce que les pauvres pourront te rembourser ?
– Sans problème, car j’ai pris soin de leur faire signer une hypothèque sur la valeur de leur logement qui ne cesse de monter.
Le petit prince se tut, réfléchit un instant et questionna de nouveau :
– Pourquoi le prix des habitations augmente-t-il ? On y fait des améliorations, des aménagements ?
– On n’y fait rien. Car il faudrait que les pauvres fassent un deuxième emprunt pour rénover leur maison. Non, les prix de tous nos actifs montent parce que tout le monde croit qu’ils vont monter. C’est un phénomène auto-référentiel, dit le grand banquier, en prenant un air pénétré. On inscrit tout cela dans notre bilan et les actionnaires sont aux anges.
– Sur la Terre, vous ne faites donc rien et la valeur des choses s’accroît spontanément ? Comment est-ce possible ?
– Ah, si, répondit le grand banquier. Nous produisons beaucoup de marchandises. Mais la production augmente lentement, à cause du prix du pétrole, des travailleurs qui veulent en faire toujours moins, des grèves, des charges qui pèsent sur les entreprises, et de bien d’autres contraintes. Alors, on pratique le métier de la finance. C’est plus rentable et ça va plus vite.
– La finance est-elle totalement détachée des choses matérielles ? J’ai entendu dire que vous faisiez aussi pousser des tomates hors sol, est-ce pareil pour la finance ?
– On croit que oui, mais, en réalité, non. Comme on gagne beaucoup d’argent en spéculant, ça pousse les normes de rentabilité à la hausse et ça oblige les entreprises à restreindre les coûts salariaux. Tous ceux qui ont investi du capital ont ainsi un meilleur retour. C’est le secret : la plus-value réelle d’un côté permet une plus-value boursière de l’autre.
– Et tu n’as pas peur que ça s’écroule ?
– Non, car il y a des médias spécialisés pour entretenir la confiance et nous avons un grand président qui a promis de tout garantir.
– Et comment pourra-t-il tenir cette promesse ?
– Ah, on ne t’explique donc rien sur ta planète ! Je viens de te le dire : tout marche tant que les anticipations à la hausse concomitante de la productivité et de la Bourse se poursuivent. Le président a compris qu’en travaillant, on s’enrichissait. N’est-ce point ainsi chez toi ? À ce propos, comment se porte la Bourse sur ta planète ?
– Il n’y a pas de Bourse sur mon étoile, rétorqua le petit prince. La seule magie est celle de la lumière qui nous éclaire et nous chauffe gratuitement.
À cet instant, un point rouge clignota sur l’écran de l’ordinateur du grand banquier et une courbe apparut : les cours boursiers s’effondraient les uns après les autres, au point que la cotation fut interrompue. Pris de panique, le grand banquier s’enfuit, dévala l’escalier pour rattraper le cours de son action, mais en vain, le parachute doré accroché à son dos le ralentissait. La crise était là.
Le petit prince, assez décontenancé par les évènements, reprit sa marche et rencontra le renard.
– Connaissez-vous souvent sur Terre des crises de cette nature ? lui demanda le petit prince.
– De plus en plus souvent, hélas, car les privatisations, la diminution de la sécurité sociale et la baisse des salaires ont donné l’illusion aux financiers et à tous ceux qui ont beaucoup d’argent qu’ils pouvaient éternellement planer en l’air, en pariant sur la pérennité de cette fiction.
– N’y a-t-il personne pour avertir du danger ?
– Pas beaucoup. La majorité des économistes sont payés pour vanter la magie de la Bourse, par exemple pour verser des retraites, la capacité du capital à se valoriser tout seul, sans passer par la case travail, et la vertu du marché à être la clé de l’harmonie universelle.
– Je ne comprends rien à votre manière de vivre, dit le petit prince. Toutes les crises ne vous servent donc pas de leçons ? Que faites-vous pour les éviter ? Sont-elles une maladie incurable ou bien les hommes sont-ils totalement dépourvus de logique ?
– C’est très compliqué, répondit le renard. Les hommes ne manquent pas d’esprit logique, mais la logique du capitalisme est encore plus forte. Ceux qui tiennent l’argent ont le pouvoir et ils crient sur les toits qu’il suffit de moraliser les choses, d’écarter les brebis galeuses, sans toucher au principe sacro-saint de la propriété et de la recherche du profit.
Le petit prince montrait des signes d’incompréhension de plus en plus grands :
– Dans votre système, faut-il entendre que vous bannissez la morale des relations entre les hommes ?
Le renard soupira et esquissa un geste d’impuissance :
– Le système est plongé dans « les eaux glacées du calcul égoïste » et la morale est pour lui un corps étranger. Je voulais juste te dire que la proposition de le moraliser est là pour faire diversion, tandis qu’une spéculation chasse l’autre, hier sur l’immobilier, aujourd’hui sur le blé ou le riz, demain sur les énergies renouvelables, et tandis que la croissance de l’économie épuise toutes les ressources naturelles.
– Les hommes ne s’inquiètent-ils pas de ce risque ?
– Beaucoup de voix assurent que « le progrès des connaissances compensera l’épuisement des ressources » .
Le petit prince marqua un instant d’arrêt, puis reprit, un peu hésitant :
– Votre eau devient imbuvable, mais cela vous suffit-il de le savoir, grâce à la science ? La soif de savoir étanche-t-elle votre soif d’eau fraîche ? Au cours de mes voyages, j’ai rencontré un marchand de pilules qui enlèvent la soif, et ses clients ne savaient plus quoi faire de leur temps. « Les hommes s’enfournent dans les rapides, mais ils ne savent plus ce qu’ils cherchent. Alors ils s’agitent et tournent en rond… » Vous voulez décrocher la lune « avec les dents » , grimpés sur l’échelle de la finance qui pense pouvoir atteindre le ciel. Si vous faites tomber la lune, vous n’aurez plus de marées pour rythmer vos chants et je perdrai mon réverbère sous lequel je parle aux étoiles et écoute la brise lointaine qui me parvient de la Terre.

samedi 18 octobre 2008

Conférence débat à Paris sur la Palestine

GENERATION PALESTINE



VOUS INVITE

CONFERENCE / DEBAT

SAMEDI 1er NOVEMBRE à 14h00

PALESTINE:

L'ENGAGEMENT DE TOUS

Avec

TARIQ RAMADAN

Professeur d’'islamologie à Oxford



Et de nombreux invités



A la Bellevilloise

19-21, rue Boyer - 75020 Paris

M° GAMBETTA



Participation au frais : Jeunes, précaires : 5 € /

Normal : 10 € / Soutien : 15 €

ATTENTION : Réservation obligatoire

Renseignements, réservations :

conference@generation-palestine.org



WWW.GENERATION-PALESTINE.ORG

vendredi 17 octobre 2008

Olivier Besancenot interviewé sur la crise et le NPA

Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR
Olivier Besancenot : "Avec la crise, un chapitre des possibles est en train de s'ouvrir"
LE MONDE | Mis à jour le 16.10.08 | 15h43

lors que son organisation doit lancer le Nouveau Parti anticapitaliste en janvier 2009, Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, donne son analyse de la crise et des mesures prises par le gouvernement.

Qu'est-ce que la crise révèle de nouveau ?

Elle a vu s'effondrer une illusion : celle qui présentait le capitalisme comme l'horizon indépassable de l'humanité. Depuis dix jours, on parle de crise systémique c'est-à-dire qu'on avoue que le système a failli s'effondrer de lui-même. Je ne suis pas particulièrement réjoui de voir nos pronostics confirmés parce que c'est rarement les capitalistes qui payent la facture de telles crises, c'est en général le peuple.

Mais aujourd'hui tout le monde s'accorde pour reconnaître l'importance et la profondeur de cette crise internationale, dont la LCR parle depuis la crise des subprimes à l'été 2007. Ce n'est pas l'énième soubresaut boursier mais une secousse qui, pour la première fois depuis le début des années 1980, touche non pas la périphérie mais le coeur de la bête : les Etats-Unis et le système bancaire. Le système finit par se noyer dans son propre sang.

Cette crise ne remet-elle pas en cause vos analyses d'inéluctabilité de la chute du capitalisme ? Il semble résister encore...

Une partie du mouvement ouvrier a été bercée par cette prophétie qui voulait que la roue dentée du progrès avance d'elle-même. Moi, je n'y ai jamais cru. J'appartiens à une génération qui s'est rendue compte que le capitalisme était capable de se purger lui-même au prix de crises, de catastrophes sociales et écologiques ou de guerres. Il a cherché à se débarrasser de toutes ses entraves en revenant à un marché sans limites. On a abouti à un système de capitalisme pur, un peu comme celui que Marx avait sous les yeux voici 150 ans. L'anachronisme aujourd'hui, c'est celui que célèbre Sarkozy à travers le capitalisme entrepreneurial alors que les quelques grands groupes qui font la loi combinent activités financières et industrielles.

Que pensez-vous du choix des gouvernements européens d'investir massivement pour sauver le système bancaire ?

Je suis scandalisé qu'on dilapide les deniers publics dans les entreprises privées. On privatise La Poste et on renfloue Dexia. Les pouvoirs publics sont capables de trouver en deux heures des dizaines de milliards pour les coupables de la crise, alors que depuis des mois, sous prétexte que les caisses de l'Etat sont vides, ils refusent de verser un seul centime d'euro pour les victimes de la crise. Mais surtout, ce déblocage subit d'aides aux banques ne réglera rien : le plus gros des difficultés économiques reste devant nous, en France, en Europe et aux Etats-Unis. Le budget des Etats est complètement flingué, avec toujours plus de dépenses et toujours moins de recettes et des cadeaux fiscaux qui ne s'arrêtent pas. On peut être sûr qu'on va assister à une récession majeure.

Mais les solutions de rachat des banques, n'est-ce pas une sorte de nationalisation comme vous le préconisez ?

Cela n'a rien à voir avec ce qu'on propose car ce ne sont pas des nationalisations ! Dans le plan anticrise du gouvernement, il n'est même pas envisagé que l'Etat ait le droit de vote dans les banques qu'il rachète. C'est hallucinant. Plutôt que d'investir dans des banques qui sont en train de s'écrouler dans la guerre de l'économie de marché, nous proposons de réunifier toutes les banques, publiques comme privées, dans un seul service public bancaire, placé sous le contrôle des salariés, des consommateurs et des usagers. Il faut faire irruption dans l'économie privée pour satisfaire les besoins de la majorité de la population et ôter à une minorité d'individus le pouvoir qu'elle a sur l'économie.

Cette crise semble tomber à pic pour vous...

Elle peut servir de révélateur pour comprendre qu'il est temps, nécessaire et possible de changer de société. Dans cette crise majeure, on peut ressusciter l'espoir. Il existe un petit climat social, comme on le voit avec les salariés de Sandouville ou ceux de l'automobile. A tous ceux qui subissent la crise, c'est le signe qu'un chapitre des possibles est en train de s'ouvrir. D'où l'importance de renforcer une gauche clairement anticapitaliste qui construise une unité sociale des exploités pour stopper les mesures en cours dans la fonction publique, le blocage des salaires, la remise en cause du repos dominical, les retraites... sans attendre 2012. Je propose une rencontre unitaire de toute la gauche sociale et politique pour soutenir toutes les initiatives de résistance.

Propos recueillis par Sylvia Zappi
Article paru dans l'édition du 17.10.08

Rejoignez le nouveau parti!

Ces jours-ci quand personne n'ose vraiment dire que le capitalisme marche bien, c'est le moment de rejoindre le nouveau parti anticapitaliste. Le congrès de fondation aura lieu en janvier.

Suivez ce lien pour le site national.

Parlez-en à tous vos amis, aux militants syndicaux, aux antiracistes, à tous ceux et toutes celles qui détestent l'oppression. On veut être nombreux pour pouvoir aider à emporter quelques belles victoires. Il serait temps!

mercredi 15 octobre 2008

Video of protest at Bank of England, Friday 10 October 2008|11Oct08|Socialist Worker

Video of protest at Bank of England, Friday 10 October 2008|11Oct08|Socialist Worker

Suivez ce lien pour voir un video d'un rassemblement devant la Banque d'Angleterre sur le thème "Pas de milliards pour les banquiers!"

mardi 14 octobre 2008

Appel Politis et regroupement

Extrait de l'Huma :


L’appel de Politis pour une « nouvelle force » politique (L’Humanité du 13/10/08)


Gauche . Les signataires de la pétition pour une alternative à gauche ont accouché difficilement, samedi à Gennevilliers, d’une position commune.

Les signataires de l’appel de la revue Politis pour une alternative à gauche ont affirmé, samedi, lors de leurs premières assises, « la nécessité d’une force politique nouvelle intégrant l’ensemble des forces de la gauche de transformation écologique et sociale ». Une position accouchée au terme d’un difficile compromis entre 700 participants environ, selon Politis, réunis

à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), qui ont adopté une « déclaration de principes » fondant la poursuite de leur action. Celle-ci se situe dans le prolongement de l’expérience avortée des collectifs antilibéraux, après l’échec de la désignation d’une candidature unitaire à la présidentielle de 2007.

pour une gauche digne de ce nom

Composés de militants communistes principalement membres de l’association des « communistes unitaires », de socialistes réunis dans l’association Pour la république sociale (PRS) de Jean-Luc Mélenchon et le courant Utopia, de Verts critiques, de militants du courant Unir à la LCR, de personnalités comme l’ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot, et de militants de divers courants de la gauche antilibérale (ATTAC, M’PEP, MARS, fondation Copernic, ex-soutiens de José Bové, alternatifs, partisans de la décroissance, altermondialistes, etc.), les participants à la réunion de Gennevilliers estiment qu’« il n’est plus temps à gauche de gérer précautionneusement les quelques marges que laisse le système en respectant ses règles fondamentales, mais de reprendre les choses à la racine ». Ils entendent « poursuivre l’action commune pour une gauche digne de ce nom », et ont lancé une adresse au PCF et à la LCR pour des listes unitaires aux européennes.

Mais si le consensus est à peu près total sur le contenu des « six urgences » pour un changement radical de politique énumérées par le document final (urgence économique, sociale, écologique, démocratique, européenne et de paix), il n’en va pas de même pour ce qui est du « rythme » à adopter. L’assemblée a décidé à une très large majorité de mentionner le besoin d’une nouvelle « force politique ». Certains ont cependant plaidé pour engager dès maintenant la création d’une telle force. « Après le saccage de 2006 où des forces politiques ont fait le choix d’aller contre le mouvement, nous allons continuer de leur proposer de rejoindre le cadre unitaire, mais nous devons commencer, sans attendre leur consentement », a lancé Yves Salesse, de la coordination nationale des collectifs unitaires (ex-comités antilibéraux), dans un tonnerre d’applaudissements d’une partie de la salle. Mais les militants d’Unir de la LCR ont opposé un veto, dénonçant les « effets de tribune contre le respect du consensus » et plaidant pour une « force pluraliste » avec « toutes les composantes de la gauche de transformation ». Pour Roger Martelli, des « communistes unitaires », « rien ne serait pire que la précipitation, mais rien ne serait pire non plus que l’enlisement et l’immobilité ». L’option d’en rester à un « pacte permanent » a donc finalement été retenue, pour « respecter le rythme des uns et des autres », qui passe notamment par les congrès respectifs du PS, du PCF, des Verts et de la LCR d’ici le début de 2009. Des « assises pour un vrai changement » seront alors convoquées. D’ici là, la gestion de l’appel, qui compte 15 000 signataires, a été confiée à un bureau d’animation provisoire, pour en décharger Politis à sa demande.

Sébastien Crépel

Tariq RAMADAN

Tariq RAMADAN

Dans cet entretien télévisé, Ramadan explique ses positions sur l'économie, et explique ses sympathies pour les chrétiens de gauche et les Juifs de gauche.

Ce n'est bien sûr pas du tout un révolutionnaire, c'est un réformiste. Mais face à la campagne de haine à son égard, il me semble important d'écouter ce qu'il dit. Car derrière la haine de Ramadan se cache souvent d'autres pensées moins avouables.

Réunion nationale autour de l'appel Politis

Le poireau ROUGE pour RESISTER à SARKOZY

Voici le compte rendu d'un camarade de la première réunion autour de l'appel Politis.
J'ai signé l'appel - la mouvance qu'il suscite a des défauts, mais représente des milliers de militants de notre classe. Il me semble évident que les gens du NPA doivent dialoguer avec les gens de l'appel Politis. On se retrouve dans les luttes, à chacun de présenter ses idées et on verra lesquelles correspondent mieux aux besoins de la lutte.

Que la direction du NPA ne veuille pas dialoguer avec Hollande, c'est normal - il représente une option pour soutenir le capitalisme. Mais l'appel Politis n'est pas Hollande! Ces gens sont des nôtres, pour la grande majorité d'entre eux.

une victoire aux Etats Unis : Légalisation du mariage homosexuel dans le Connecticut, Amériques - NouvelObs.com




Légalisation du mariage homosexuel dans le Connecticut, Amériques - NouvelObs.com

Malheureusement, chez nous, nous sommes encore loin de la reconnaissance de ce droit fondamental.

Des islamophobes "de gauche"

Après la confirmation en appel qu'une propriétaire de gîte n'a pas le droit de refuser la location parce qu'il s'agit d'une cliente voilée , voici le commentaire de l'organisation "Riposte Laïque"


Nous avons remarqué le grand silence des médias sur ce jugement. Certes, la crise financière prend beaucoup de place, mais nous sommes convaincus que la vraie explication n’est pas là. De nombreux journalistes (et l’exemple de ceux de l’Est Républicain est édifiant), sont idéologiquement hostiles à la laïcité, et ne veulent pas voir la gravité de l’offensive de l’islam et du voile, en France et dans toute l’Europe. Nous enverrons donc à tous nos contacts amis, en France, une proposition leur demandant d’organiser une réunion publique, avec conférence de presse, pour populariser les enjeux de la condamnation de Fanny Truchelut, et mobiliser l’opinion. Nous allons essayer, dans les jours qui suivent, de monter, sur Paris, une première conférence de presse, autour de ce verdict scandaleux.


Vous avez bien lu, ils parlent de "l'offensive de l'islam en France et dans toute l'Europe". Pourtant c'est un courant qui se prétend de gauche, s'oppose aux privatisations, soutiennent certaines grèves etc.

Il s'agit d'un courant dangéreux : je ne peux qu'encourager les gens, s'il y a une réunion publique de ce courant dans leur ville, de manifester contre.
Le racisme c'est le racisme...

lundi 13 octobre 2008

N'indemnisons pas les banques mais les pauvres!

Depuis des années on nous dit que les caisses sont vides!
RMI pour les moins de 25 ans ? Les caisses sont vides!
Augmenter les salaires des fonctionnaires? Les caisses sont vides!
Créer des postes pour les dizaines de milliers d'infirmiers, d'enseignants qui manquent? Les caisses sont vides!

Et là, les grands banquiers, ayant dépensé les profits qu'ils avaient ramassés nous prennent en ôtage et personne parmi nos dirigeants ne dit rien!

Il faut nationaliser les banques, il faut utiliser l'argent public pour des besoins publics.

Il faut se dépêcher pour renverser le capitalisme, un système qui tout simplement ne marche pas.

La HALDE soutient la discrimination

Pas de voile intégral en cours de français (Halde)
(AFP) - PARIS, 8 oct 2008
Source : http://www.la-croix.com/afp.static/pages/081008171751.2kmryhwk.htm

Il n'est pas discriminatoire de priver de cours de français une femme revêtue du voile intégral, a estimé la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), dans une délibération dont le quotidien La Croix à paraître jeudi publie la teneur.
La Halde avait été saisie du cas de ces femmes voilées par l'Agence nationale pour l'accueil des étrangers et des migrants (Anaem) qui organise les cours de français. Celle-ci relevait que l'interdiction des signes religieux ostentatoires privait ces femmes entièrement voilées de cours de français et du même coup risquait de les empêcher d'obtenir leur titre de séjour.
Le président de la Halde, Louis Schweitzer, interrogé par La Croix, souligne que "dans le cas de l'enseignement d'une langue, l'impossibilité de voir le visage ou la bouche de l'élève est un obstacle à un enseignement efficace". Face à ces situations, il faut trouver, estime-t-il, "l'approche de bon sens, l'équilibre, le compromis le plus raisonnable".


Ainsi on va "libérer" ces femmes en refusant qu'elles apprennent le français!

dimanche 12 octobre 2008

Cinq questions sur la crise financière

Portail de la Ligue communiste révolutionnaire

Et cinq réponses ...

Manifestation dans la city

"Don't bail out bankers' demonstration stops City|11Oct08|Socialist Worker

A Londres, dans la City, une manifestation de l'extrême gauche vendredi dernier contre l'utilisation de milliards de livres pour "sauver les banquiers".

Lire ce rapport (en anglais).

Nouveau parti anticapitaliste, mouvement ouvrier et révolution russe

Nous avons fait hier, au comité pour un nouveau parti anticapitaliste à Agen, une réunion de discussion sur l'histoire du mouvement ouvrier. Il y avait deux topos et deux discussions. D'abord une histoire du mouvement ouvrier de ses débuts jusqu'à la première guerre mondiale : la lente acquisition d'une indépendance politique de la classe ouvrière. C'est Julien qui a fait le topo : je l'ai enregistré et vous pouvez télécharger le fichier MP3 ici (cliquer dessus avec le bouton droit de la souris et choisir "enregsitrer la cible sous".)

En deuxième partie, j'ai fait le topo sur la Révolution russe, et pourquoi je crois qu'il faut encore en parler. Je ne voudrais pas que le NPA en tant que tel prenne position sur la question de la révolution russe - ce serait restreindre inutilement le nombre de personnes qui voudrait adhérer à notre parti. Mais il s'agit de la seule fois au cours de l'histoire que la classe ouvrière a tenu, pendant quelques années, les rênes d'un Etat, et les leçons sont multiples. Qui plus est, la campagne de diffamation contre Lénine et la Révolution russe est très efficace. Vous trouverez en cliquant ici mon topo en version MP3. Le mieux est de cliquer dessus avec le bouton droit de la souris, et de choisir "enregistrer la cible du lien sous" pour transférer le fichier sur votre disque dur. Le téléchargement peut prendre une dizaine de minutes; le topo dure 36 minutes.

Pour ceux qui préfère du texte, voici trois articles que j'ai écrits il y a quelques années :


"En défense du parti bolchevique"


"Pourquoi la défaite de la révolution russe"



"Que lire sur la Révolution russe"




Post-scriptum technique. Les fichiers étaient en AMR. Je les ai transformé en MP3. Tant mieux, mais cela fait des fichiers très lourds (69 Mo). Si quelqu'un sait comment en faire des MP3 plus léger, faites-moi signe!

samedi 11 octobre 2008

Nouveau parti anticapitaliste et écologie

Rouge Article

Le nouveau parti anticapitaliste doit s'impliquer dans des luttes sur un grand nombre de questions. Il nous semble évident que se battre contre l'énergie nucléaire, pour les transports publics bon marché et de qualité, par exemple, fait partie des tâches des anticapitalistes...

Pour certains membre du NPA il faudrait que l'écologie soit au centre de la théorie et de la pratique du NPA. Raoul Marc Jennar parle de "écosocialisme" et beaucoup d'autres sont d'accord.

Mais cela peut prêter à confusion. Pour moi il faut être clair que la cause de la destruction de la planète est le capitalisme, et pas les comportements individuels.

Il faut faire très attention à ne pas renforcer une très grande tendance des écologistes (chez les Verts ou ailleurs) de mettre l'accent sur les changements qu'ils voudraient nous faire faire dans notre style de vie. Pour beaucoup, vivre différemment est aussi important que se battre pour changer le monde. J'irais plus loin, souvent il suffit de gratter un peu pour trouver quelqu'un imbu de sa supériorité morale, qui méprisent ceux et celles qui sont moins écologiques que lui. L'élitisme moraliste est un vrai danger, et ceux qui en font ne se rendent souvent pas compte.

Un article dans le Rouge de cette semaine (voir lien ci-dessus), d'un ami, Vincent Gay, remet au centre de la question le combat contre le profit qui détruit nos vies et notre planète.

Crise financière et nous autres

Cette affiche, produite par des anticapitalistes aux Etats Unis, expliquent ce qu'on pourrait faire avec les sept cent milliards de dollars que Bush propose de donner aux propriétaires des banques.

mercredi 8 octobre 2008

Condamnation pour discrimination raciste

Le MRAP satisfait de l’arrêt de la Cour d’appel de Nancy







Le 8 octobre 2008 à 13h30, la Chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Nancy a confirmé le jugement de la Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance d’Epinal condamnant Madame TRUCHELUT, pour un refus discriminatoire de service. Les condamnations pénales ont été allégées, à une peine d’emprisonnement de deux mois avec sursis et à une amende d’un montant de 500 euros.



Il convient à cet égard de rappeler que la Chambre correctionnelle d’Epinal avait, le 9 octobre 2007, condamné Madame TRUCHELUT, pour discrimination en raison de la religion, à une peine d’emprisonnement de quatre mois avec sursis, à une amende d’un montant de 1000 euros ainsi qu’à huit cents euros de dommages et intérêts, outre la somme de 500 euros au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale pour les trois parties civiles : LDH, MRAP et LICRA.



En effet, le 11 août 2006, Madame DEMIATI, née NHARI, française, était arrivée à Julienrupt dans les Vosges afin d’occuper avec sa famille le gîte qu’elle avait réservé. La propriétaire, Madame TRUCHELUT, lui en avait refusé l’accès au motif que Madame DEMIATI et sa mère portaient le voile.



La fédération du MRAP des Vosges, informée par l’Office du tourisme de Gérardmer, avait immédiatement déposé une plainte avec constitution de partie civile pour discrimination en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nationalité ou d’une religion déterminée ainsi que refus de service dans un lieu accueillant du public.



Le MRAP exprime sa satisfaction, malgré l’allégement de peine, de cette décision de justice qui confirme le délit de discrimination. Pour le MRAP, cette affaire est significative de l’inquiétant passage à l’acte discriminatoire à l’encontre d’un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse. Cette forme de discrimination doit appeler - au nom de l’universalité du respect de la dignité humaine - une vigilance permanente et la mobilisation de tous ceux pour qui le racisme est un et indivisible.




Fait à Paris, le 8 octobre 2008

Analyse anticapitaliste de la Crise financière

Dailymotion - Crise financière 2/ I.Joshua, une vidéo de adelaideandco. crise, financière/, séminaire, stop, finance

Isaac Johsua, dans ce vidéo, remonte dans l'histoire pour expliquer la crise.

mardi 7 octobre 2008

A guide to the Wall Street meltdown | SocialistWorker.org

A guide to the Wall Street meltdown | SocialistWorker.org

En anglais, ce guide "pour débutants" à la crise financière.

lundi 6 octobre 2008

Pour un éco-socialisme du XXIe siècle | Raoul Marc Jennar

Pour un éco-socialisme du XXIe siècle | Raoul Marc Jennar

Sur le blog de Raoul Marc Jennar, altermondialiste connu et assez brillant qui a intégré le processus du Nouveau Parti Anticapitaliste (bravo), ce texte sur l'éco-socialisme.


J'ai rajouté mon petit grain de sel en commentaire :

Centralité égale de la question sociale et la question écologiste ? De peur qu'un nouveau socialisme, comme les pays qui se disaient socialistes au XXème siècle, continue à ne pas se soucier de l'air, du climat, de l'eau, de la biodiversité etc.

Pourtant, cela me semble une formulation basée sur une volonté. Mais ce n'est pas la volonté de dix mille militants à bien traiter notre planète qui définira les effets de la nouvelle société. La question est de savoir si les structures de pouvoir qu'on propose permettront ces avancées.

Moi je crois que si nous pouvons renverser le pouvoir du capital et établir un cotnrôle démocratique par ceux qui n'ont que leur travail pour vivre, ces millions de gens ne vont pas vouloir bousiller la planète.

Si les sociétés staliniennes ont bien voulu, je ne crois vraiment pas que ce soit parce qu'elles se basaient trop sur la satisfaction des besoins, mais parce qu'elles ont remis en place, sous la pression de la concurrence économique et surtout militaire, des sociétés de classe. Des sociétés où une petite minorité décidait des investissements, des priorités, et dans lesquelles la place de la majorité était de travailler davantage pour moins cher dès que leurs résistances ne leur permettait pas d'arracher un peu de confort.

Bref, c'est la nature capitaliste des sociétés staliniennes (une minorité contrôle l'accumulation des richesses, dans une nouvelle configuration politique sui conservaient le vocabulaire du socialisme) qui les empêchait de bien traiter la planète.

C'est important, parce que cela veut dire que c'est le renversement complet du pouvoir qui permettra une politique rationnelle sur l'écologie, et pas notre détermination psychologique ou morale.

Raoul-Marc Jennar a répondu :

Staline est commode : refuge de toutes les barbaries, de toutes les dérives !!!
Le capitalisme, que l’Etat soit le détenteur du capital ou que ce soit le privé, reste le capitalisme. Et par nature, le capitalisme est productiviste. C’est donc le capitalisme qu’il faut supprimer.
Mais le socialisme, c’est-à-dire l’appropriation des bénéfices du travail directement par ceux qui travaillent ne garantit pas spontanément le souci collectif pour le cadre de vie et la planète. Il ne garantit pas, par génération spontanée, une interrogation sur la production et ses finalités. Les structures de pouvoir ne conditionnent pas mécaniquement l’usage qu’on en fait.
Il faut une conscience collective qui doit survivre à la crainte de périls immédiats et qui dépend donc d’un processus éducatif.
Ecarter d’un revers de main la détermination psychologique et morale, c’est ramener les humains au rôle de robots d’un mécanisme de pouvoir donné, quel qu’il soit. C’est nier notre libre arbitre présent.


Et j'ai répondu à sa réponse :

Tu exaggères je trouve. Mais la question est importante. La nouvelle société sera créée, nous l’espérons tous les deux, par des millions d’acteurs. La raison fondamentale que l’environnement ne sera pas ignoré est que ce n’est pas dans l’intérêt de la majorité de bousiller l’environnement.

En ce qui concerne le socialisme du XXème siècle, le problème n’est pas de savoir si c’est “commode” ou pas de considérer que la dégénerescence d’une esquisse de socialisme prenne ses racines dans la décision d’une couche sociale dirigée par Staline d’abandonner l’idée du socialisme international pour le remplacer par une révolution industrielle accélérée afin de faire concurrence avec l’occident en technologie, en armements, en fin de compte en capitalisation. Le problème est de savoir si c’est vrai ou non. (d’ailleurs le “commode” sent légèrement le procès d’intention).

J’ai un problème avec le mot “productiviste” non pas par principe, mais parce que je voudrais que le terme soit défini plus clairement.

Ecole et capitalisme

Ecole et capitalisme

Darcos, notre cher ministre d'éducation, réussit à énerver tous les enseignants. Après avoir insulté les enseignants en maternelle (il devrait essayer le métier), il annonce de grands changements au lycée, peu préparés, visant surtout à économiser nos sous pour pouvoir les donner à des banquiers en faillite, et à casser les syndicats. Il faut que la réaction soit à la hauteur.

Pour alimenter le débat sur l'école en général, et puisque je suis toujours prêt à faire de la publicité pour moi même, vous trouverez derrière le lien un long article "Ecole et capitalisme" que j'ai écrit en 2005. Bonne lecture.

dimanche 5 octobre 2008

marx21.de - "Es gibt weder den Islam noch den Westen"

marx21.de - "Es gibt weder den Islam noch den Westen"

Une fois n'est pas coutûme, voici un lien vers un article en Allemand. Pour cex qui lisent l'allemand, il s'agit du site web de Marx 21, un courant marxiste à l'intérieur du parti Die Linke. Ce article traite de l'Islam et la gauche.

T'as pas mille milliards? c'est pour finir le mois

T'as pas 1000 Milliards ?
C'est pour terminer le mois ...


Pas d'argent pour le peuple ? On en trouve bien pour sauver les banques !
Mille milliards pour sauver les spéculateurs. Que penser, devant de telles sommes, du trou de la sécu (8 milliards) dont ils disent qu'il « met en péril les grands équilibres ? » Que penser des 10 Milliards jamais trouvés pour lutter contre le SIDA dans le monde. Que penser de l'abolition nécessaire de la dette du tiers monde, dette déjà payée par ailleurs du fait des taux d'intérêts scandaleux ?
Aux USA, 1 million et demi de familles ont été expulsées de leur logement qu'elles ne pouvaient plus payer. Il y en a autant en cours d'expulsion. Mais les sommes débloquées par le gouvernement US ne serviront pas à renflouer ces familles (5% de la population américaine mise à la rue !): elles sont réservées aux banques prétendument lésées. Au frais des contribuables.

Le gouvernement français a créé la franchise médicale et fait payer les malades : Bénéfice escompté 800 millions. Mais le 30 septembre au matin, il trouvait sans problème 3 milliards pour renflouer la banque Dexia en faillite.

Pour les capitalistes, la déroute bancaire ne fait pas que des malheureux : Les dettes des banques en faillite sont nationalisées et les secteurs bénéficiaires sont rachetés à prix bradé par d'autres banques. Certains font de bonnes affaires et l'Etat nationalise les pertes.

Dans ce contexte, privatiser La Poste, créer une « banque postale » privée paraît particulièrement indécent.

Les cotisations retraites versées dans des fonds de pension : Voilà le résultat !
Les travailleurs Nord Américains et Anglais ont été obligés de placer leur épargne retraite dans des fonds de pension. Beaucoup de ces fonds basés sur la spéculation sont aujourd'hui en faillite. La valeur des placements en actions est en chute libre. Qu'adviendra t-il des retraites de ces travailleurs ?

Chez nous, les patrons font du chantage pour qu'on place dans des fonds spéculatifs l'intéressement et la participation. Ceux qui ne placent pas cet argent perdent l'abondement, soit plusieurs centaines d'Euros par an. Mais Natixis, la banque qui collecte les plans d'épargne des salariés, notamment ceux de Rhodia, est au bord de la faillite. Heureusement que Natixis n'est pas chargé de payer nos retraites !
Un « Fonds de solidarité des retraites » a été constitué en France pour « prévoir le paiement des retraites après 2020 ». Les sommes, prélevés sur notre feuille de paye ont été placées en bourse et viennent de perdre 25% de leur valeur.
La seule manière sûre et juste de payer les retraites est la répartition : les prélèvements sont immédiatement reversés aux retraités, sans intermédiaire financier. C’est le principe de la Sécu.

Nous ne payerons pas leur crise !
Prendre aux pauvres pour donner aux riches fut le slogan des dernières décennies. Chômage, précarité, baisse des salaires ont permis l'accumulation de ces masses gigantesques de capital. Ce capital est aujourd'hui en perdition parce que les pauvres ne peuvent plus payer leurs dettes, parce que les travailleurs n'ont pas les moyens d'acheter ce qu'ils produisent.

Sarkozy nous promet de la sueur, du sang et des larmes. Nous devrons lui opposer nos revendications : 300 Euros pour tous, Smic à 1500 Euros net, retraite à 60 ans pour 37,5 années de cotisations, défense des services publics (école, santé, La Poste etc.), abolition du « bouclier fiscal » qui est un scandaleux cadeau fiscal aux plus riches.

Pendant sa campagne électorale, Sarkozy proposait de favoriser le recours au crédit des plus pauvres et des précaires en hypothéquant leurs biens sur le modèle américain des subprimes ( Site de l'UMP, abécédaire du candidat Nicolas Sarkozy, lettre C comme Crédit) : Il est disqualifié pour parler des excès du capitalisme.
Le capitalisme est un système dangereux. Il faudra l'abolir.
Le capitalisme conduit de manière périodique à de grandes crises. Il a toujours besoin de la misère pour accumuler des richesses.

La période que nous vivons est pleine de périls, mais elle peut être aussi l'occasion de remettre en cause ce système injuste.

Rien n'est à eux, tout est à nous, tout ce qu'ils ont ils l'ont volé.
La richesse des capitalistes, c'est du travail non payé. Ils spéculent avec notre argent pour notre malheur. Construire un nouveau parti anticapitaliste pour révolutionner la société est un enjeu vital. Rejoignez nous.

(tract du Nouveau parti anticapitaliste Rhône)

jeudi 2 octobre 2008

Réaction des anticapitalistes à la crise financière

Ainsi, François Fillon appelle à l'unité nationale.
On pourrait rêver que la crise du logement, le nombre de sans-abris pousserait le gouvernement à appeler à l'unité nationale. Et résoudre la crise du logement risquerait de coûter moins cher que de donner des milliards aux banquiers. Mais le capitalisme ne marche pas comme cela.

Vous trouverez ici un article de Socialist Worker, un journal révolutionnaire américain, sur la crise. Le titre "Pourquoi pas un plan de sauvetage pour nous autres".

Quand il vaut mieux croire en Jésus!

Cet article du Nouvel Observateur explique.