Laurent m'écrit
L’anti Robin des bois est celui qui prend l’argent aux pauvres pour le donner aux riches. C’est un grand classique qui peut prendre des formes caricaturales. La mesure annoncée par Nicolas Sarkozy d’un emprunt d’État en est un bon exemple.
Un emprunt va donc être lancé. Ceux qui peuvent y souscrire – les plus riches – auront tendance à s’y précipiter : il s’agira d’un placement sûr, à la différence des placements sur les marchés financiers, qui ont fait la preuve il y a quelques mois à peine que leur volatilité n’est pas sans risque ; or, il n’y a rien de moins risqué que de prêter à un État, dont on est certain qu’il ne sera pas inopinément placé en liquidation judiciaire par le Tribunal de commerce.
Bien sûr, un emprunt a vocation à être remboursé. L’État remboursera les sommes ainsi « placées ». Pour rembourser, il puisera dans son budget, lequel est alimenté par l’impôt. C’est à dire que le rmiste, par la TVA qu’il paye sur sa baguette de pain, contribuera à ce remboursement, en capital et en intérêt. Et cet intérêt viendra, en appauvrissant les pauvres, enrichir les riches qui auront souscrit à l’emprunt d’État. La pompe à finance aura servi à aggraver les inégalités.
Joli coup !
jeudi 25 juin 2009
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