dimanche 14 juin 2009

Obama, le voile, et les syndicats

Sur notre liste de discussion de militants syndicaux, il y a un certain débat au sujet du port du foulard musulman, suite aux commentaires d'Obama mais aussi suite à un cas à Toulouse de licenciement d'une chercheuse à cause de son foulard. En voici un extrait.

Un syndiqué écrit que

le port du voile (en présence ou non de public) n’est pas toujours un libre choix individuel (contrairement à la doctrine Obama, pas contredite par Sarkosy).

-Qu’il n’est pas non plus une obligation religieuse sauf à accepter sans discussion une certaine conception de l’Islam.

Pour moi le port du voile comme l’excision doit être combattu partout, non pas comme atteinte au principe de laicité (finalement le port de signes religieux, même « ostentatoires » me gêne assez peu sauf s’il s’accompagne de prosélytisme) mais comme symbole (et souvent réalité) d’oppression.

Et comme je l’ai déjà exprimé : Il ne semble pas que les femmes algériennes sous Ben Bella, tunisiennes sous Bourguiba, ou afghanes sous Babrack Karmal se soient plaintes d’en être « privées ».

J


J'ai répondu que


J'ai deux ou trois désaccords avec J

- Il me semble que seul le croyant lui-même est à même de décider quelles sont ses obligations religieuses.
- Le port du voile (un vêtement) et l'excision (une mutilation, et qui plus est en général sans l'accord de l'intéressée) sont extrêmement différents, et les mettre dans la même phrase de cette façon risque de servir d'autres objectifs.

- Faut-il combattre les *symboles* de l'oppression? Ce n'est pas ça qui manque dans notre société. Est-ce que le port d'une alliance, le fait d'aller à l'église, le port de talons aiguilles, le fait pour des africains de mettre de la crème qui éclaircit la peau, le fait pour un travailleur de voter à droite, ne constituent pas quelque part des symboles de l'oppression? Notre réponse ne doit pas être de bloquer les portes des pharmacies ou des églises, ni d'exclure de l'école des gens qui trimballent des symboles de l'oppression. Plutôt il faut politiser la question - défendre le droit de chacun de choisir - d'aller ou de ne pas aller à l'église par exemple - , mais aussi notre droit de dire pourquoi on pense qu'ils ont mal choisi. Celui ou celle qui porte un symbole de son oppression n'est pas notre adversaire.

- Dans bien des cultures (dont les nôtres) les signes sexuels secondaires font l'objet de règles précises - on les couvre souvent (les seins), ou on les décore (les lèvres) ou on les transforme (la barbe rasée). Dans le "débat" sur le foulard il est très louche de voir qu'un seul signe est ciblé, et un signe qui est associé, davantage que les autres, aux anciennes colonies de la France. Il y a de quoi faire attention.

John Mullen

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